Cannes 2018 mi-parcours : Monstres et natation synchro masculine…

Qui a dit que Cannes n’était que glamour, paillettes et superflu ?! Entre hier et aujourd’hui, la Compétition Officielle comme la Caméra d’Or (sélection ‘’Un certain regard’’) n’hésite pas à aborder des thèmes graves, douloureux voire horrifiques. ‘’Les filles du soleil’’ d’Eva Husson nous ont déjà fait partager de manière brute, sèche et sans emphase, la résistance héroïque et la lutte armée de combattantes kurdes bien décidées à libérer leur territoire des monstres de Daesh. De monstres il fut aussi question dans le film argentin d’Alejandro Fadel co-produit par Julie Gayet : ‘’Meurs, monstre, meurs’’ qui aborde les thèmes de la culpabilité et du monstre qui sommeillerait (?) en chacun de nous, via une fable-parabole sensationnaliste – autour d’un serial killer sévissant dans les montagnes des Andes -, gore et terriblement éprouvante à l’écran, avec scènes de mutilation, têtes et bras coupés, démembrements, giclées de sang… Bref il fallait avoir le cœur bien accroché ! Et pourtant, on se prend tout de même à admettre que le cinéaste possède un vrai regard et un point de vue assumé. C’est dire la magie perverse du 7ème art.

Du coup, quel bonheur de retrouver l’équipe de Gilles Lellouche pour le 3ème film français en sélection officielle mais hors-compétition : « Le Grand Bain”… Quelle pêche !! Quelle énergie, quelle généreuse humanité. Une idée originale et excentrique comme peu en imaginent : des messieurs décidés à vaincre leur dépression chronique ou leur solitude pesante via des cours de nation synchronisée masculine. Un casting 5 étoiles parmi lesquels, Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira (mention particulière à Philippe Katerine et Leila Bekhti). Des situations et dialogues mitonnés qui vous arrachent de francs fous rires, voire de petites larmes. Une émotion particulière où se mêlent tendresse, camaraderie, pugnacité, place au rêve et pieds sur terre -et sans vulgarité ! Bref, un « feel good movie » très réussi et magnifiquement mis en scène, comme une rencontre idéale entre Guillaume Galliene et le duo Tolédano-Nakache. Un rythme et des enchaînements d’une rare fluidité, parsemée de références musicales au top (Ah, ce fameux hit d’Olivia Newton-Jones qu’on avait oublié…). Un final qui rappelle celui du concours Eurovision et la pêche que vous procure ce film vaut tous les antidépresseurs du marché ! Il vous faudra certes patienter pour sa sortie en salles (octobre prochain), mais je vous certifie que « Le Grand Bain » est le style de film qu’on rêverait de revoir comme si c’était la 1ere fois…

Ce soir, on enchaine avec – en compétition pour la Palme d’Or, ‘’BLACK KLANSMAN’’ de Spike Lee qui relate l’histoire d’un officier de police afro-américain ayant réussi à infiltrer le Ku Klux Klan.

Et ‘’LES CHATOUILLES’’ d’Andréa Bescond et Eric Metayer (en lice pour la Caméra d’Or) sur les douloureuses blessures de l’enfance abusée et de ses traumatismes aux conséquences diverses. Avec un casting de premier choix : Karin Viard, Pierre Deladonchamps, Ariane Ascaride… Gageons que le jury ne sera pas insensible à ce manifeste.

Laurent Gahnassia

 

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Publié dans cinéma

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