Vincent Lambert : Qui fait la loi en France en matière éthique ? Jean-Pierre Sakoun.

Depuis dix ans, le cas de Vincent Lambert, devenu « l’affaire Vincent Lambert » détruit une famille et interpelle les Français sur la question de la fin de vie.

Cette affaire fait apparaître en pratique les dysfonctionnements d’une société laïque qui laisse les groupes de pression religieux interférer dans les décisions collectives.

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On y repère l’acharnement d’intégristes qui font passer leur idéologie avant la raison et l’humanité, au point de triompher lorsqu’ils arrivent à entraver le cours de la justice, au nom d’un dieu qui les guide et leur apparaît plus important que la justice des hommes. Il n’y a pas dans cette affaire de vainqueur d’un match entre dieu et les Hommes, mais une victime, ballotée, privée de sa dignité, mise à nu par la diffusion d’images insupportables voire obscènes…

On y constate les limites de la loi Leonetti et la nécessité affirmée par un groupe de parlementaires courageux, de l’améliorer, de l’étendre, de la simplifier, dans le sens de la liberté de conscience.

On y voit enfin un problème juridique grave qui démontre les méfaits de la « soft law » qui s’impose progressivement aux peuples et à leur souveraineté.

En effet, cette affaire a parcouru toute l’échelle des juridictions auxquelles sont soumis les Français. Elle a été jugée par l’une des deux juridictions supranationales que respecte le droit français, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, jugeant en dernière instance sur les questions qui la concerne, pour les 47 pays du Conseil de l’Europe signataires de la Convention européenne des droits de l’homme.

Or, la Cour d’appel de Paris a choisi de renverser la décision de cette juridiction ultime au nom de la demande non exécutoire d’un comité consultatif de l’ONU.

La Cour d’appel s’appuie sur le fait que la France, qui se veut bonne élève de l’ONU, a signé la convention dont ce comité est chargé de contrôler l’application… Songeons à celui, pas plus légitime, qui demandait il y a quelques mois l’annulation de la décision favorable à la crèche Baby-Loup et de la loi de 2010 sur l’interdiction de cacher son visage, ou au récent accord de Marrakech dont le gouvernement a assuré urbi et orbi qu’il n’engendrait aucune obligation pour notre pays…

Ce faisant, la Cour d’appel met en danger la souveraineté juridique de la France. elle met le pays dans un mauvais cas en permettant à ces comités dont la composition est hasardeuse (on se souvient de la nomination de l’Arabie saoudite au Comité sur les droits des femmes…) de venir dire la loi dans notre pays, en général au nom de leurs obsessions religieuses…

Cette situation est de plus en plus périlleuse quand les groupes de pression religieux en France-même, trouvent des relais dans l’appareil judiciaire, pour s’emparer de ces préconisations sans valeur exécutoire et en faire du droit positif… C’est une première. Et une première dangereuse quand on sait, donc, la teneur des avis que prononcent ces comités de l’ONU. Espérons que la Cour de cassation aura à se prononcer sur la forme pour rejeter le fait qu’un avis d’un quelconque comité de L’ONU prévaut sur une décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme…

Si ce n’est pas le cas, nous verrons très rapidement s’engouffrer dans cette brèche tous les intégristes de toutes chapelles, qui viendront sonner l’halali de la laïcité avec l’aide des lobbies religieux qui infestent ces comités de l’ONU

Jean-Pierre Sakoun                                                                                         Président du COMITÉ LAÏCITÉ RÉPUBLIQUE

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Publié dans société
4 commentaires pour “Vincent Lambert : Qui fait la loi en France en matière éthique ? Jean-Pierre Sakoun.
  1. David Dellarosa dit :

    L élément religieux est fondamentalement et profondément Humain : son élimination est le prélude de l élimination de l homme. C est exactement ce que le Nazisme et le Communisme ont réalisé ! !c est en suivant l idéologie eugénique, qu on est en train d éliminer le malheureux Vincent Lambert!!

  2. Jean-Victor dit :

    Il n’y a pas d »affaire » Vincent Lambert.
    Institutions , presse, public, tout le monde, sauf les intéressés directs, y voit, y veut, une question de problématique de fin de vie, de « droit à mourir », voire de métaphysique de la vie et la mort.
    Pourtant, tout repose sur une unique question : Qui, de l’épouse ou des parents, a légitimité à parler en son nom ?
    Il n’y a pas d’autre question, et « l’affaire » Vincent Lambert n’est rien d’autre qu’une guerre idéologique dont il est le grand absent.
    Cette G est menée avec, grâce à, ou par l’instrumentalidation d’une partie de sa famille, étroitement liée à l’intégrisme chrétien. Comme tout intégrisme, -ici la Fraternité Saint Pie X- il recourt au détournement des institutions et des lois de de la république laïque dans sa pugnacité à les combattre.

  3. Noam dit :

    Par curiosité, il était intéressant d’aller voir ce que pouvait en penser un représentant de la royauté. Pour Mgr le duc d’Anjou : « Il n’est pas imaginable dans une société civilisée que soit mis un terme à l’hydratation et l’alimentation. »

    Comme on l’a déjà écrit ici, il y a deux conceptions, celle d’avant 1789, puis celle d’après.

    Les rois suivaient théoriquement les lois naturelles car de Dieu. Mais à la Révolution, fomentée avec l’aide de la franc-maçonnerie anglaise, on a suivi ce que déjà reprochait le Christ aux pharisiens (les juifs dominants de son époque) :
    Matthieu 15:9 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » (voir aussi Marc 7:6)

    Le communisme, dont de nombreux cadres étaient aussi juifs, clarifia idéologiquement cette forme de pensée que le député Jean Pierre Michel rappela à l’Assemblée lors de l’affaire du mariage pour tous : « Ce qui est juste, c’est ce que dit la loi. Voilà, c’est tout. Et la loi ne se réfère pas à un ordre naturel. Elle se réfère à un rapport de force à un moment donné. Et point final. C’est le point de vue marxiste de la loi. »
    https://www.dailymotion.com/video/xxk0ss

    L’époque antichristique actuelle se caractérise justement par cette inversion des lois naturelles dans tous les domaines : avortement (souvent parce qu’on ne veut pas d’une fille), euthanasie (cas Lambert), déviances de toutes sortes qui n’existent pas dans la nature si elle n’est pas contrainte (comme les animaux dans les zoos, les vaches dans les prés qui n’ont jamais vu un taureau), fin de la famille , vente d’enfants (mères porteuses)….

    Ce renversement se fait d’autant plus facilement que l’Education Nationale s’est acharnée à justement éluder ces lois naturelles. Le petit de l’homme arrivé adulte, n’a plus aucun des repères que l’on enseignait à ses grand-parents. Il a été façonné pour n’être qu’un consommateur dénué de toute spiritualité. Jean-Pierre Sakoun semble faire partie de ceux qui pensent comme le député Jean Pierre Michel : la loi ne se réfère pas à un ordre naturel. Elle se réfère à un rapport de force à un moment donné. Honte à lui !

  4. AG dit :

    J’ai rarement vu un article aussi idiot : je ne félicite pas Jean-Pierre Sakoun qui n’a pas bien étudié le dossier  »Vincent LAMBERT » et qui au lieu d’aller à la source de l’information, se permet de faire des jugements de valeur !

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