Fils de journalistes, le docteur Jean-Jacques Erbstein a toujours aimé écrire. L’homme fatigué est son premier roman qui lui a valu de remporter le prix Littré. Trois événements sont le fil rouge de l’histoire de son héros reporter : la rafle du Vel’d’Hiv, la guerre de six jours et l’insurrection de Budapest en 1956.

« Eviter de tomber dans le pathos »

« Mon arrière-grand-mère hongroise est décédée dans un des camps de la mort, raconte l’auteur. Ma grand-mère et mon père s’en sont sortis. Ce n’est pas un livre sur la Shoah. Il raconte des événements de la vie d’Israël avec beaucoup de pudeur et en évitant de tomber dans le pathos. »

Pour son roman, Jean-Jacques Erbstein s’est basé sur l’expérience familiale et ce que sa famille a pu vivre. Pour autant, le personnage principal n’est pas son père. « Je me suis inspiré d’anecdotes journalistiques que mes parents me racontaient. Il ne s’agit pas de la biographie de mes parents, même s’ils apparaissent un peu partout ». Certains personnages sont inspirés de ses patients. « À un moment, le héros rencontre Simone. Il se trouve que c’est une de mes patientes à Bambiderstroff. Dans le livre, elle reçoit une lettre qui annonce que son fils a été tué. Et il s’avère qu’elle a vraiment une lettre, tachée de larmes, où il est fait mention d’un garçon mort au combat », raconte-t-il.

Ce roman regroupe les choses que l’auteur aime comme la musique baroque, le cinéma, la médecine. Ainsi, le héros rencontre la chanteuse Barbara, Rachmaninov, Jean Cocteau, la Dame d’Izieu.

Deuxième roman en préparation

Ce livre sorti, Jean-Jacques Erbstein travaille déjà sur d’autres romans : « Le 2e sur la médecine est terminé. C’est l’histoire d’un médecin à qui on trouve un cancer, qui se retrouve donc de l’autre côté, à devoir se faire soigner. J’avais envie d’écrire aussi sur la Première Guerre mondiale, sur ces gamins dans les tranchées qui attendent d’aller se faire massacrer, ça sera mon 3e roman. »

Reconnaissance

Le prix Littré est une récompense décernée par le groupement des médecins écrivains. « Je ne m’attendais pas du tout à recevoir ce prix, confie Jean-Jacques Erbstein. Je suis super-fier parce qu’il y avait plus de trente romans en compétition. Puis au-delà de la fierté, c’est une reconnaissance des professionnels de la littérature. L’homme fatigué est en lice désormais pour d’autres concours ».

L’homme fatigué est le premier roman de Jean-Jacques Erbstein. Médécin généraliste à Créhange, il est passionné par l’écriture. Particulièrement touché par la rafle du Vel’d’Hiv, la guerre de six jours et l’insurrection de Budapest en 1956, ces événements sont le fil rouge du roman.

Marion MELLINGER.