Souccot : la fête des cabanes, par Noga Bar Noye

A peine le jeûne terminé que tout le pays se dépêche d’acheter tout le nécessaire pour construire la Soucca pour la fête de Souccot. Les jardins et balcons prennent alors une autre allure grâce aux décorations (guirlandes, dessins). Toute cette agitation ressemble à un jeu d’enfants qui construisent une cabane, alors que tout est fait très minutieusement et dans les règles de l’art par des adultes.

Pendant sept jours, c’est comme si nous déménagions pour aller vivre dans une cabane, certes les gens n’y dorment plus, mais tous les repas y sont pris. Ce changement occasionné nous permet aussi de réfléchir à ce qui est durable et ce qui est éphémère. En effet, par nature l’homme recherche la stabilité et le confort dans tous les domaines mais également la nouveauté, l’aventure, le changement.

La fête de Souccot nous ainsi permet de continuer notre examen de conscience commencé à Rosh Hashana et de réfléchir aux valeurs qui sont importantes dans notre vie, celles qui comptent pour nous et si elles en valent vraiment la peine.

En effet, nous sommes souvent tiraillés entre une quête de stabilité, de sécurité et un désir de changement, de mobilité, d’insouciance, de liberté. Notre présence ici-bas est temporaire, et aujourd’hui, en dépit des progrès technologiques et scientifiques, et des cultures d’appel au travail sur soi et à l’épanouissement personnel, plus rien n’est sûr, il règne une incertitude absolue dans tous les domaines, tout est devenu éphémère, sans valeur et donc pas respecté.

Il semblerait que notre vie nous échappe, alors quoi de mieux que de construire une cabane de ses propres mains en utilisant des matériaux simples voire méprisés car issus de déchets, pour apprécier et redécouvrir les valeurs d’hospitalité, de respect, d’amitié et de convivialité.

Le fait de s’installer pendant sept jours dans une cabane va ainsi nous permettre de relativiser les choses et de leur donner une nouvelle dimension, c’est peut-être également pourquoi nous lisons le livre de L’Ecclésiaste qui nous rappelle que tout est vanité, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et qu’il y a un temps pour tout.

Cette nouvelle dimension serait de commencer par comprendre que le seul moyen d’être heureux est en changeant notre nature en aimant notre prochain comme nous-même et de passer d’un amour égoïste à un amour altruiste, et cela commence précisément par ce qui nous semble sans valeur et tout notre travail consiste précisément en cela.

Bonne fête !

Noga Bar Noye

 

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