Dans le cimetière juif profané, le chef de l’État promet de punir les coupables

BOULEVERSANT son agenda, Emmanuel Macron s’est rendu mardi après-midi, en compagnie de Christophe Castaner, dans le cimetière juif de Quatzenheim, à l’ouest de Strasbourg. Dans la nuit de lundi à mardi, 96 tombes, sur les 285 qu’il compte, y ont été profanées : des croix gammées ont notamment été tracées à la peinture jaune ou bleue.

Des croix gammées en jaune, mais aussi en bleu. Vincent Kessler/REUTERS

En se rendant dans ce petit cimetière fondé en 1795 et aujourd’hui entouré d’habitations, le chef de l’État souhaitait « poser un acte fort ». « Comment se fait-il qu’on n’ait pas réussi à arrêter cela ? C’est notre échec », a admis Emmanuel Macron avant de déplorer « l’absurde bêtise » d’un « groupe d’individus haineux ». « Ceux qui ont fait ça ne sont pas dignes de la République, elle les punira », a-t-il assuré.

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« Lutte sans merci »

Le président de la République a cheminé dans l’allée, écoutant les familles, venues la plupart de Strasbourg, raconter l’histoire de leurs proches enterrés dans ces tombes. Il ne reste plus que deux personnes de confession juive à Quatzenheim. « Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens », explique Marcel Mandel, dont les parents adoptifs sont inhumés là. « J’ai été arraché de mes parents à Drancy, avant leur départ pour Auschwitz. J’ai survécu grâce à des Justes… Jamais je n’aurais imaginé ces relents d’antisémitisme soixante-quinze ans après », avoue-t-il. En Alsace, les actes antisémites ont augmenté de 27 % au dernier trimestre 2018, selon le ministère de l’Intérieur. La semaine passée, rappelant la profanation du cimetière de Sarre-Union, il y a quatre ans, mais aussi celle de Herrlisheim, la veille de l’attentat islamiste de Strasbourg du 11 décembre, le Consistoire israélite a lancé le Cri de Strasbourg. Pour autant, « la France n’est pas antijuive, ni raciste », affirment les signataires en réclamant « une lutte sans merci pour faire appliquer la loi ». Membre du bureau consistorial, Thierry Roos a rappelé hier que « Strasbourg est la seule communauté de France en augmentation ». « On prendra des actes, on prendra des lois, il faut frapper les consciences », a répondu Emmanuel Macron. S’adressant aux enfants serrés autour de lui, il a appelé à la fermeté. « Ils veulent que nous ayons peur, nous n’aurons pas peur. Il faut qu’on soit plus forts qu’eux. La peur et la honte doivent changer de camp », a-t-il promis.

Arrivé avec lui, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui avait dit la prière des morts, a encore lu le psaume de David « Ah qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble » en présence de Mgr Jean-Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, et d’Anne Dehestru, vice-présidente de l’Église réformée d’Alsace-Lorraine. En serrant la main d’Emmanuel Macron, Marcel Mandel, très ému, lui a dit : « Vous êtes un mensch (un homme bien, NDLR). C’est le plus beau compliment que je puisse vous faire… » Un peu surpris, le président assure avoir compris ce mot judéo-alsacien. « Je serai toujours là », promet-il, avant de repartir. Mardi, dans la soirée, près de 1 700 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées à Strasbourg pour dire aux actes antisémites : « Ça suffit. »

Source  :

Le Figaro ,Stephane Kovacs, Yolande Baldeweck

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Publié dans antisémitisme
2 commentaires pour “Dans le cimetière juif profané, le chef de l’État promet de punir les coupables
  1. Disraeli dit :

    Quelle naïveté…

  2. OLIVIER COMTE dit :

    Pour une fois, le président Macron fait son travail présidentiel de garant d’unité de la Nation; sa présence était juste et nécessaire, on ne peut lui reprocher un geste qui n’est pas politicien.
    Evidemment, il ne peut s’empêcher de parler, de parler de nouvelles lois répressives et de caresser tout ce qui lui tombe sous la main, comme un instituteur bienveillant. J’espère que le GRF a échappé à sa fureur de communication physique.
    Les profanations de cimetières, particulièrement dans un but de haine raciale, sont évidemment punissables.

    Le Consistoire parle justement de « faire appliquer la loi ».
    Il faut rappeler que TRIBUNE JUIVE, de 1924 à 1939, succédant aux publications LE JUIF et LA TRIBUNE JUIVE, est un fier héritage qui porta le sionisme, peu soutenu ailleurs, en Alsace et Moselle.
    L’Alsace fut toujours un foyer particulièrement actif de la culture et de la presse juives, et cet acte criminel est une provocation particulièrement grave.

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