Mesure pour mesure ? Même pas

Je suis consterné par ces images de saccage, ces magasins dévastés, ces scènes de pillage. Des barbares : Bernard-Henri Lévy reprend le mot, et il a raison. Voir Paris, où je suis né et où j’ai vécu trente-quatre ans, livré à ces violences me rend malade. Comme vous, Français, Parisiens, commerçants ou simples citoyens.

J’écoute une commerçante de Marseille dont le magasin a été saccagé et pillé. Elle dit que nous sommes en guerre, qu’il faut le reconnaître, changer la loi, la Constitution s’il le faut. Elle veut pouvoir travailler sans risquer de voir des années d’efforts anéanties en quelques minutes.

Elle a raison. La France est en guerre contre une partie de sa propre population, celle qui vient détruire ce que les autres ont construit. Cette femme attend de son pays qu’il la défende. Quoi de plus normal ?

Le 7 octobre 2023, des hordes terroristes sont également entrées dans nos villes, nos villages, sur les lieux de nos fêtes. Elles ont massacré, violé, mutilé, emmené des otages. Ah oui, elles ont aussi pillé et détruit.

Le jour même, certains nous demandaient déjà de cesser le feu. Nous combattions encore dans nos maisons, nous cherchions nos enfants, et il fallait déjà expliquer pourquoi nous faisions la guerre. Pourquoi nous voulions poursuivre les agresseurs et leur enlever les moyens de recommencer.

Aujourd’hui, j’entends réclamer que la France change jusqu’à sa Constitution pour venir à bout des pillards. Et je repense aux leçons reçues lorsque nous avons voulu venir à bout des assassins.

Je suis de tout cœur avec cette commerçante. Sa colère, je la comprends. J’aimerais que ceux qui l’approuvent se souviennent de ce qu’ils nous ont dit quand c’étaient nos maisons qui brûlaient.

Mesure pour mesure ? Même pas.

Par Johann Habib avocat franco-israélien

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