Le 7 octobre n’est plus seulement une date. Il est devenu une douleur qui nous accompagne. Et à chaque Sim’hat Torah, tout revient.
Trois ans ont passé.
Que peut-on dire qui n’ait pas déjà été dit ?
Quels mots seraient assez justes, assez forts, pour raconter l’indicible ?
J’ai cru que la douleur avait changé de couleur. Que la colère s’était apaisée. Que les images s’étaient estompées.
Mais. Tout revient. L’appel de mon mari depuis Paris. La télé allumée. L’incrédulité. Le miklat. Les volets qu’on ferme. La porte qu’on trouve trop fragile.
Ma fille en panique. Mon fils, ironique pour ne pas trembler, qui me dit : « On va tous mourir. »
Je les imaginais, moi aussi. Derrière ma fenêtre. À travers ma peur. Je les voyais tirer, brûler, détruire. Et ce jour-là, j’ai fui ma maison.
Aujourd’hui encore mes larmes ont réveillé cette peur-là. La peur panique. La peur douloureuse. La peur tragique.
Je revois leurs visages. Shiri, Kfir, Ariel. Yarden Bibas. Et la même colère me traverse. La même tristesse.
Mon histoire n’est qu’une goutte face à tous ceux qui ont attendu un dernier appel, un dernier « je t’aime », ou qui ont attendu de longs mois un retour.
J’ai réalisé ce montage vidéo Avec douleur j’ai mal. J’ai mal encore. J’ai mal toujours. Et longtemps, longtemps encore, j’aurai mal.
C’est inscrit dans notre histoire. À jamais…
Et pourtant, pour eux, nous continuerons de vivre, d’aimer et de nous souvenir.
Lékhaïm. À la vie.

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