Wauquiez, le guerrier du ralliement. Par Paul Germon

Une seule constance chez Wauquiez : n’en avoir aucune.

Battu par Retailleau à la présidence des LR. Battu, mais jamais résigné. La défaite, il ne l’a pas digérée. Il l’a mise en scène. Deux ans durant.

Deux ans d’escarmouches par médias interposés. Lui dit noir. L’autre dit blanc. Chorégraphie bien rodée.

Et l’épilogue, prévisible comme un mauvais vaudeville. Mercredi, dans Le Figaro : sommation à Retailleau de « savoir se retirer ». En dessous de 10%, dehors. Dans le même souffle, la porte grande ouverte à Philippe. L’ordre. Le sérieux. Rien que ça.

L’ordre et le sérieux. De la part de qui, déjà ? De l’homme qui boude les meetings de son propre camp, par calcul, jamais par principe. De l’homme qui a passé deux ans à torpiller un rival pour mieux le poignarder à l’heure choisie. Le sérieux, vraiment.

Et Philippe. L’ancien Premier ministre du macronisme triomphant. Le zèle fait homme. Les gilets jaunes s’en souviennent. La concertation en trompe-l’œil aussi. Voilà le nouveau parrain de l’ordre. On croit rêver.

Ne cherchez pas de conviction là-dedans. Il n’y en a pas. Il y a un repositionnement. Wauquiez ne rejoint pas une ligne. Il rejoint un vainqueur probable. Provisoirement probable. Ça peut changer la semaine prochaine.

L’habillage, lui, ne change jamais. Le renoncement drapé en éthique. « Un candidat du rassemblement », dit-il. Sauf qu’un arbitre ne charge pas en pleine partie. Ça, ce n’est pas du rassemblement. C’est du dépeçage.

Le dépeçage d’un parti qu’il n’a jamais accepté de perdre. Au bénéfice d’une carrière, la sienne, qui continue.

Wauquiez, hyper-intelligent, dit-on. C’est ce qu’on répète depuis vingt ans, dans les salons où l’on confond agilité de langage et profondeur de vue. Alors il faut choisir. Ou bien c’est lui qui a tout compris aux aspirations du peuple, et le peuple n’est qu’un instrument à manier au bon moment. Ou bien c’est moi qui n’y comprends rien, faute d’être un homme politique professionnel. Faute de savoir que la trahison, chez ces gens-là, se nomme stratégie, et le reniement, positionnement.

Je préfère mon inintelligence à la leur.

Le peuple regarde ce ballet d’egos. Il n’y voit ni droite ni gauche. Ni cap, ni projet. Des hommes qui se jaugent, se trahissent, se recomposent au gré des courbes de sondage.

Pendant ce temps, Mélenchon engraisse du dégoût qu’ils sèment eux-mêmes.

La médiocrité, ce n’est pas d’avoir des ambitions. C’est de n’avoir plus que ça.

Paul Germon

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