Comme je vous l’ai dit, monsieur Trump n’a pas calculé l’essentiel, à savoir l’unité du monde arabo-musulman qu’il a lui-même contribué à provoquer, une unité à peine croyable entre les monarchies du Golfe et l’Iran qui les bombarde ; mais c’est ainsi, grâce à un concours de circonstances, incluant la ruse du détroit d’Ormuz (que Trump n’a pas non plus calculée) qui met plus de 2 000 navires en détresse et qui tape dans les porte-monnaie occidentaux. Trump s’est laissé envelopper par cette union islamique menée par les radicaux iraniens et qataris. Puis il s’est fait ficeler, embobiner par une diplomatie maligne, celle du « on va s’entendre, il faut juste qu’on parle encore ».
Et c’est ainsi que la montagne Trump a accouché d’une souris.
Mais d’une souris radioactive et venimeuse, relayée en Europe, par une poussée islamique évidente, portée par la couardise des gouvernants qui méprisent autant leur peuple que les musulmans, des musulmans dont je peux vous assurer qu’ils sont des millions à être déçus et mortifiés. Une couardise qu’exprime très bien une récente déclaration disant que la France va assurer l’ouverture du détroit d’Ormuz ; bah oui, s’il est ouvert, cette assurance est vitale.
C’est par enflure narcissique que Trump n’a pas pris soin de mieux connaître l’adversaire. Israël aussi a manqué de cette connaissance, le 7 octobre l’a montré de manière humiliante.
Israël se retrouve seul après trois ans ou presque d’une guerre coûteuse et harassante qu’il a menée courageusement, mais avec des directives peu stratégiques.
Ma critique envers Israël n’est pas de dire qu’il y a des Smotrich et des Ben Gvir ; qu’il y a des malotrus, etc. Comme si, pour soutenir un pays qui, qu’on le veuille ou non, porte la cause du peuple juif, il fallait qu’il présente une équipe dirigeante impeccable.
Ma critique est que, s’agissant de la défense du pays, il n’y a pas une pensée suffisante, il y a une armée qui fonctionne mais qui est lourde, il y a une option sur les bombardements qui n’est pas évidente : après tout, si on combat des gens qui jouissent de perdre la vie, ils peuvent jouir aussi bien de perdre leur maison, ils ne s’en portent pas plus mal. Il y a surtout une ignorance totale du tiers qui regarde, c’est-à-dire de toutes les télévisions plus ou moins neutres ou malveillantes.
J’ai entendu un chroniqueur israélien dire qu’Israël avait un plan solide pour venir à bout de l’Iran au bout d’un an. Et vous imaginiez que le monde arabo-musulman allait vous laisser cogner sur l’Iran pendant un an ? C’est bien cette image de l’Iran livré seul aux frappes aériennes qui a précipité l’unité islamique et lui a fait organiser la pression sur Trump,
Dans ma critique, je pointe aussi un manque total de vigilance sur l’accusation de génocide ; il faut faire rendre gorge à ce sale type Karim Khan, de la cour pénale internationale, dont il vient d’être chassé, qui a glissé le mot sans dire qu’il y avait génocide, mais en disant qu’il y avait risque ; il savait qu’en mettant le mot, il mettait un poison que beaucoup voudraient commercialiser partout. Il faut traîner cet homme devant la Cour pénale internationale, pour qu’il fasse des excuses et reconnaisse son geste pervers, et qu’il déclare trois fois qu’il ne pense pas que c’était un génocide ; il faut obtenir que la cour où il siégeait fasse cette mise au point, étant donné les dégâts produits par son acte pervers.
Quand il m’est arrivé de parler aux Israéliens des dimensions symboliques à préserver, ils me disaient : « Ah oui, vous voulez dire la guerre psychologique ? » Non, ce n’est pas la guerre psychologique, c’est la prise en compte des dimensions symboliques, notamment celle du tiers planétaire qui est pris à témoin.
Israël n’a pas pris la mesure de la propension du peuple juif à être calomnié. Pourtant, on avait l’exemple de l’Église, ou plutôt des fondateurs du christianisme qui, en nous mettant sur le dos le meurtre d’un homme, nous collaient l’accusation de meurtre de Dieu, alors que le Dieu, c’est nous qui l’avions apporté, lui et ses porte-parole prophétiques ; et aujourd’hui, en 2024, une autorité judiciaire internationale habilitée à se prononcer sur le génocide l’a fait de la manière la plus perverse pour le même résultat : l’accusation de génocide portée sur le peuple juif tout entier.
Je me suis souvent demandé pourquoi les juifs, pendant presque 2 000 ans, n’ont pas fait de cette réfutation du déicide une priorité ; pourquoi ils l’ont totalement ignorée pour la subir de fait continûment.
De même aujourd’hui, pourquoi l’autorité juive la plus forte, c’est-à-dire l’État d’Israël, n’a pas fait de la lutte contre cette calomnie une priorité ?
J’ajoute que l’Église des tout premiers temps était surtout animée par des juifs qui en voulaient au peuple juif, lequel, il faut le reconnaître, n’est pas parfait. L’accusation de déicide leur convenait bien ; aujourd’hui, celle de génocide convient très bien à certains juifs, mais je doute qu’ils puissent fonder là-dessus une nouvelle obédience, voire une petite Église.
L’accusation de génocide chez était déjà lancée et porte la signature de la propagande islamiste, puisque le 8 octobre, il n’y eu que des cortèges islamistes, de Londres à Jakarta en passant par le Maghreb
Des islamistes actifs, partout présents en Europe et aux États-Unis ont réussi à transférer ce bravo islamiste du 8 octobre en cortèges accusant Israel de génocide ; et Israel n’a pas pu empêcher ce transfert, parce qu’il n’en a pas la notion, la compréhension. Parce qu’il ne comprend pas le programme antijuif de l’islam.
Israel était tout entier à sa stratégie de dissuasion ; peut-être même y reste-t-il ? Or celle-ci ne marche pas quand on a en face des combattants de la guerre sainte, motivés par le sacré. Le sacré échappe à la dissuasion puisqu’il n’a pas peur des coups même de plus en plus fort. Il faut trouver autre chose.
© Daniel Sibony
*Dernier ouvrage paru : « La Torah, une lecture laïque ». Éditions Odile Jacob. février 2026

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Auteur de Les non-dits d’un conflit, le Proche-Orient, après le 7 octobre

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Si le monde occidental chretien s est engouffrė avec gourmandise dans les mensonges islamistes , il faut faire le parallele avec l accueil tres souvent » bienveillant » que certains peuples chretiens ont reservė aux theses et aux troupes hitleriennes .