Louis 17 ans: à force de prénoms, une tragédie nationale

Louis. Quentin. Philippine. Victorine. Lola. Maïlys. Émile. Lyhanna.

Des prénoms. D’abord des prénoms.

Puis des visages. Des chambres d’adolescents. Des cartables. Des anniversaires qui n’auront plus lieu. Des parents condamnés à compter les années autrement : avant et après.

Et chaque fois le même rituel.

L’émotion.
Les bougies.
Les promesses.
Les « Plus jamais ça ».

Puis le pays passe au suivant.

Ce qui frappe dans le drame de Louis, c’est peut-être moins encore la barbarie du lynchage que l’impression de déjà-vu: un garçon de 17 ans laissé inconscient sur une chaussée après avoir été passé à tabac par plusieurs agresseurs. Quelques jours d’espoir. Puis l’annonce que personne ne voulait entendre.

Alors revient cette question simple, presque enfantine, mais devenue impossible à faire taire : Ça s’arrête quand ? À partir de combien de prénoms une société accepte-t-elle de regarder ce qui lui arrive ? À partir de combien d’enfants morts cesse-t-on de parler de « faits divers » pour parler d’un problème collectif ?

Il ne s’agit ni de récupérer une tragédie, ni de transformer chaque victime en drapeau: il s’agit seulement de refuser l’accoutumance.

Refuser qu’un adolescent de 17 ans assassiné devienne une information parmi d’autres.

Refuser que la France apprenne à vivre avec l’idée que certains parents enterrent désormais leurs enfants là où l’ordre naturel des choses voulait l’inverse.

Dans la maison France, chez « Nous », il y a une famille qui ne reverra plus jamais Louis franchir la porte de la maison. Et cela devrait suffire à nous empêcher de détourner le regard.

Tribune juive s’adresse aux proches de Louis, à ses amis, à tous ceux qui l’aimaient: Que sa mémoire soit une bénédiction pour les siens.

Tribune juive

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