Donc, M. Biessy, ci-devant directeur du théâtre privé de la Scala-Paris, s’est excusé. Il a diffusé une lettre aux élèves, aux professeurs et aux parents, qui se termine ainsi : « Avec mes excuses sincères. » Mouais : sont-elles vraiment sincères, ces excuses ? On est en droit d’en douter. Car qu’a fait ce directeur de théâtre travaillant, si on a bien compris, régulièrement avec des Lycées de la Région Ile-de-France ? Il a débité, dans son discours introductif aux spectacles de fin d’année des lycéens, tous les poncifs concernant le Proche-Orient dont son cerveau spongieux est visiblement imbibé. Regrette-t-on vraiment d’avoir prononcé des propos si répandus ?
Ces poncifs reposent, systématiquement, comme d’habitude, sur l’inversion accusatoire. Silence, bien sûr, sur le sauvage pogrom inaugural du 7 octobre 2023. Mais pas silence sur les « vrais » méchants qu’il ne faut surtout pas rater : après les massacres de manifestants en Iran, a expliqué M. Biessy aux lycéens, « cet abruti de Trump a mis la terre à feu et à sang, aidé en cela par le grand dingue de Poutine (vraiment ? Que vient-il faire là ? Sans doute là pour faire bonne mesure) et adjuré (??) par le non moins taré Netanyahu (nous y voilà, c’est ce nom l’essentiel, les autres ne sont là que pour faire illusion), et tout ça, a doctement poursuivi le directeur, a eu pour conséquence directement en France en tout cas mais partout dans le monde, une suppression ou en tout cas une scission (???) de la parole libre. »
Juifs, donc sionistes. Donc à dégager
Sans doute croit-il que c’est sa parole qui est libre : car, voyez-vous, tout ce beau discours contre les « méchants » (en fait « LE » méchant, l’unique par qui tout le mal arrive : Netanyahu, métaphore du « sionisme », donc du Juif) était fait pour défendre la « liberté d’expression ». Une bien noble cause. Oubliant bien entendu, c’est le principe de l’inversion, les innombrables atteintes à la liberté d’expression commises par ses semblables, dont deux toutes récentes, à Marseille : contre Joann Sfar à l’occasion d’un festival littéraire, et contre le réalisateur Nadav Lapid pourtant de gauche, « cancellé » d’un festival de cinéma. Juifs, donc sionistes. Donc à dégager.
Et c’est exactement ce qui s’est passé dans le théâtre de M. Biessy.
Les élèves juifs présents ont été cancellés, c’est-à-dire chassés du théâtre par d’autres élèves hurleurs dont les esprits, tout aussi spongieux que celui du directeur, avaient été préparés, pour ne pas dire chauffés à blanc, par le discours de celui-ci. A ce propos, sa lettre contient une perle : « J’ai appris, s’excuse-t-il, qu’après mon départ de la salle, des invectives à caractère antisémite avaient été échangées entre les élèves. » Vous voyez d’ici la scène, ou plutôt « l’échange » dont s’excuse M. Biessy : « sale juif », dit par exemple l’un ; « sale juif toi-même », a sans doute répondu l’autre… « Échange d’insultes à caractère antisémite » : c’est le même glissement de langage destiné à partager les responsabilités au lieu de les désigner clairement lorsque les médias, s’agissant d’une agression pure et simple, parlent d’une « rixe ».
Heureusement pour lui, M. Biessy n’est pas seul.
Prenez par exemple M. Barrot, ci-devant ministre des Affaires étrangères. Le 29 mai dernier, histoire sans doute de désengorger les tribunaux, il a annoncé « avoir saisi la justice française pour les mauvais traitements infligés aux membres français de la flottille pour Gaza lors de leur détention provisoire en Israël. » (Le Monde). On ne va s’étendre sur le caractère fallacieux et provocateur de ladite flottille. Tous ses membres cherchaient les coups (et malheureusement un ministre israélien a exaucé, au moins en paroles, leurs vœux). Il ne leur est du reste rien arrivé de grave, mais le ministre français, en leur prêtant main-forte judiciaire, apporte de l’eau au moulin, une justification, une authentification aux hurleurs de « Free Palestine », comme ces lycéens du théâtre Scala-Paris.
Free Palestine : même plus la peine de préciser « from the river to the sea ». Le sous-entendu génocidaire du slogan va désormais de soi. « On va vous génocider », a crié dans le théâtre un élève à ses « camarades » juifs. Avec la bénédiction, quoi qu’ils en aient, quoi qu’ils s’excusent, de tous les pousse-au-crime à la sauce Biessy ou Barrot.
© Julien Brünn
Journaliste. Ancien correspondant de TF1 en Israël
Dernier ouvrage paru :

L’origine démocratique des génocides. Peuples génocidaires, élites suicidaires. L’harmattan. 2024

que dire du CRIF qui s’est satisfait des excuses de M.Biessy ?
Évidemment, les excuses de cet étrange directeur ne sont pas sincères. Il y était obligé après l’indignation plus que justifiée a la vue des vidéos de cet incident. Mais comment est-ce possible de tenir de tels propos devant des enfants venus pour assister à un spectacle si j’ai bien compris. Comment est-ce possible qu’aucun adulte accompagnant les élèves n’est intervenu pour mettre fin aux insultes antisémites? D’où venaient les enfants qui avaient l’antisémitisme si facile ?
Les termes que vous utilisez, le récit entaché de pseudo vérités, des lacunes nombreuses reduisent fortement la crédibilité que je souhaiterais vous accorder.
Vous ne pouvez que crisper les uns et les autres et rien ne laisse transparaître une quelconque adhésion au judaïsme dans sa dimension humaniste.
Le vrai combat c’est celui qui mène à la paix.
Pourquoi voulez vous être hai ?
Pour quelles raisons cherchez vous systématiquement chez les non juifs des manifestations de rejets ?
לא תעיד עדות שקר ולא תשקר.
Ah bon ? Nous voulons être haïs ? C’est donc une illusion qui vient de nous. Par conséquent, c’est le Juif qui crée l’antisémitisme. Ceci est un argument que l’on croise souvent sur les réseaux sociaux de la part d’antisémites.
on revit les années trente… Seule solution: monter en Israel
Tout le monde ne peut pas le faire, pour des raisons de famille ou de travail.
Je l’ai dit précédemment dans un autre commentaire. Quand vous voyez que Javier Bardem pour recevoir son oscar devant un milliard de téléspectateurs, dit » free Palestine « . Alors c’est désespérant . Pas un mot sur le 7 octobre 23. Pas un mot sur le fait qu’Israël n’attaque jamais mais riposte toujours ( guerre des 6 jours, guerre du kipper, bordure protectrice etc.. Et le public gobe ce que dit ce faux rebelle, ce révolutionnaire de salon. Il n’y en a comme ça hélas une vingtaine à La France Insoumise