Le Ramadan en Israël : fête ou front sécuritaire?  Par Stéphane Goldin

Pour les musulmans, le Ramadan va commencer  aujourd’hui mardi 17 février 2026 et se terminer vers le mercredi 18 mars au soir, Cette fete la plus sacré du calendrier musulman symbolise pour les musulmans du monde entire la purification, le renouveau et un nouveau départ. Elle vise à rappeler à chacun ses limites et sa responsabilité morale, à réduire le matériel et à enrichir le spirituel.

En Israël, le Ramadan, outre sa dimension religieuse et communautaire, prend une autre dimension : la sécurité.

Des semaines avant son début, des réunions d’évaluation de la situation se tiennent au quartier général de la police israélienne ; des renforts sont déployés à Jérusalem et sur les axes routiers ; des unités spéciales sont mises en alerte. Tsahal renforce ses effectifs en Judée-Samarie et le Shin Bet intensifie ses activités de renseignement. Le Mont du Temple, la porte de Naplouse, les lignes de fracture – tout devient un point névralgique.

Et c’est là que la question se pose : lorsqu’un pays entier est préparé à l’avance en termes de forces, de risques et d’alertes, s’agit-il d’une fête religieuse ou de la préparation d’une campagne militaire ou de police pour éviter toute violence et tout attentat ? La liberté de culte d’une communauté justifie-t-elle de placer tout un pays, pendant un mois, en état d’alerte quasi militaire ?

Certes, l’État d’Israël est fermement attaché à la liberté de culte. C’est un principe fondamental de sa démocratie, et l’État a le devoir de protéger chaque citoyen et chaque fidèle. Mais il ne s’agit pas ici de religion. Il s’agit d’une anomalie qui est devenue au fil du temps une normalité.

Dans quel autre pays du monde monde une fête spirituelle exige-t-elle le déploiement de milliers de soldats, des barrages routiers, des alertes de renseignement et des briefings opérationnels quotidiens pour assurer la tranquillité de ses citoyens?   Malheureusement, en Israël, c’est  devenu une routine. Nous avons normalisé l’anomalie.

La véritable question n’est pas de savoir combien de policiers nous allons déployer cette année, mais comment nous en sommes arrivés à une situation où une fête religieuse nécessite des préparatifs dignes d’une campagne militaire.

Tant que le Ramadan en Israël sera synonyme de sirènes, de barrages, d’alertes permanentes et nécessitera une mobilisation sécuritaire digne d’un état de guerre, il ne pourra être considéré comme une simple fête religieuse face à des acteurs qui instrumentalisent le sacré à des fins de violence terroriste. 

Tant que cette réalité sera acceptée comme normale, c’est toute la société qui continuera de vivre sous la menace, prisonnière d’une anomalie devenue système. Le vrai combat n’est pas seulement contre le terrorisme, mais contre la résignation.‌‌

© Stéphane Goldin

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