Si les Insoumis rejettent tout lien avec les meurtriers présumés de Quentin, lynché en marge d’une conférence de Rima Hassan, ils ne peuvent pas s’étonner que leur violence verbale et la théorisation de la violence révolutionnaire conduisent au pire, analyse la philosophe.
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A l’annonce de la mort du jeune Quentin sauvagement agressé en marge d’un meeting de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, la colère le dispute à la nausée. D’abord parce que les images du lynchage sont bouleversantes au sens propre du terme et nous retournent le ventre. Ensuite, à cause du dégoût à entendre les responsables de LFI se confondre en condoléances s’affirmant « en empathie avec les parents » comme l’a proclamé Jean-Luc Mélenchon, et se défiler aussitôt en « prenant leurs distances » avec tel ou telle des leurs aux propos ou aux agissements coupables. Ainsi, Manuel Bompard « ne se reconnaît pas » dans les propos « antiblancs » tenus par Danièle Obono, ou Éric Coquerel se désolidarisant de Raphaël Arnault (fiché S, condamné pour violences volontaires en réunion en 2022 et fondateur du groupe La Jeune Garde soupçonné d’être à l’origine de l’attaque). Et l’on se souvient de Jean-Luc Mélenchon en 2018 déjà, condamnant les propos de cet ancien candidat LFI, Stéphane Poussier, qui se félicitait de l’assassinat du gendarme Arnaud Beltrame, alors qu’il ne cesse d’affirmer que « la police tue », slogan qui peut être entendu de façon subliminale comme un appel à la vengeance contre les forces de l’ordre.
Enfin parce que oui, la violence verbale, la théorisation de la nature révolutionnaire de l’action violente en soi, et la stratégie de la tension conduisent tôt ou tard, malgré les dénégations, à l’attentat et au meurtre de l’ennemi désigné. Le double langage est en effet consubstantiel aux organisations d’extrême gauche. La France insoumise n’est d’ailleurs pas un parti politique à proprement parler mais un « mouvement », ce qui lui permet à la fois une gouvernance autoritaire, voire autocratique en interne, une plasticité idéologique, une souplesse dans l’action, une capacité d’adaptation au terrain, et une totale duplicité. Usant de méthodes variées allant de l’influence insidieuse à la violence verbale et même physique, ce mouvement, son leader et ses élus, exercent une pression constante non seulement sur leurs partenaires et compétiteurs politiques, mais également sur les médias, le monde culturel et sur la population générale en exacerbant les antagonismes.
Et il est emblématique que cette attaque meurtrière d’un jeune homme roué de coups à terre, par une bande encagoulée, se soit produite aux abords d’un meeting de l’égérie « antisioniste » Rima Hassan, volontiers provocatrice, n’hésitant pas à s’afficher aux côtés de responsables du Hamas. Car le propalestinisme, devenu le catalyseur de tous les ressentiments, est le ressort privilégié dont use et abuse LFI. Le groupe Insoumis a ainsi quasiment justifié par communiqué de presse, les massacres du Hamas du 7 octobre, au motif qu’Israël conduirait une politique de « colonisation » et « d’apartheid » et procéderait même à un « génocide » sur la population palestinienne.
Le mouvement glorifie d’ailleurs depuis longtemps la « lutte des Palestiniens contre le sionisme ». Lorsqu’en septembre 2024, le fiché S Elias d’Imzalène qui a appelé à « mener l’intifada dans Paris » est entendu dans un commissariat parisien, la députée LFI Ersilia Soudais le soutient bruyamment. Et Jean-Luc Mélenchon qui avait déjà participé en 2019 à la marche du CCIF contre « l’islamophobie » où on criait « Mort aux Juifs », s’est affiché une nouvelle fois en mai 2025, avec des militants islamistes et les activistes du mouvement du Soulèvement de la terre, au meeting de protestation contre la dissolution du groupe antisémite Urgence Palestine.
Revigorée par l’islamisme y compris dans sa dimension terroriste meurtrière, la gauche autoritaire est en effet clairement repartie à l’offensive depuis deux décennies. Depuis les attentats de 2001 d’al-Qaida contre le World Trade Center (exaltés sinon justifiés à l’époque par Jean Baudrillard et Jacques Derrida) cette tendance a repris le leadership à gauche. Le terrorisme verbal recouvre alors et légitime la terreur en acte. Car dans cette vision islamo-gauchiste, la violence est par nature révolutionnaire, qu’elle soit urbaine ou rurale, contre des policiers, des pompiers, des enseignants, des élus, qu’elle s’attaque aux personnes ou aux biens, qu’elle s’oppose à un aéroport ou aux « mégabassines » ou qu’elle brûle des voitures par milliers, des écoles et des bibliothèques de quartier. Car la stratégie de LFI est celle de « la tension » : déstabiliser les institutions, répandre le chaos, amener à la guerre civile ; sa tactique : exacerber les antagonismes, extrémiser les positionnements, user de la rumeur et des fakes, saturer l’espace médiatique de slogans agressifs et mensongers, appeler au boycott, faire augmenter le niveau de violence dans les paroles et les actions. Et cela tout en mimant le jeu démocratique, passant des alliances pour obtenir le plus grand nombre d’élus susceptibles de perturber voire de bloquer le fonctionnement parlementaire.
Les totalitarismes d’hier ont montré qu’ils étaient capables à partir d’un petit groupe ultra-minoritaire au départ professant des théories assassines, bancales, incongrues ou imbéciles, de gagner les élections en séduisant les esprits faibles mais également d’autres très instruits, et d’étendre leur brutalisation à la société tout entière. Aujourd’hui que LFI est déjà une force politique conséquente avec un nombre d’élus important, les SA des brigades « Antifas » interdisent des réunions ou des cours à l’université (comme celui de Fabrice Balanche dans son propre amphithéâtre en avril 2025), les black blocs détruisent le mobilier urbain et « cassent du flic », et les zadistes blessent des policiers en batailles rangées.
Ces agissements coupables sont par ailleurs légitimés et théorisés par un ensemble bigarré d’universitaires, partisans de la « déconstruction », de la « théorie du privilège », démasquant partout la « domination » et dénonçant tous les supposés « crimes de l’Occident ». Mais en tant qu’organisations politiques LFI et ses affidés écologistes radicaux, sont les premiers responsables moraux de ces passages à l’acte. Alors, après l’agression qui a coûté la vie à Quentin, en paraphrasant la formule de Bossuet on rit amèrement que les élus de LFI « déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »
© Renée Fregosi
* Dernier ouvrage paru : « Le Sud global à la dérive. Entre décolonialisme et antisémitisme » (Éditions Intervalles, 2025).

cette affaire est abjecte
melenchon est complice de cette
violence
c est lui le principal coupable
il veut détruire la france