
Hezi Nehama : « On a placé la norme juridique au-dessus de la survie du soldat »
« La priorité va aux civils ennemis »
Sur le plateau d’Arutz Tov, le lieutenant-colonel de réserve Hezi Nehama ne détourne pas le regard.
Il affirme avoir entendu ces mots de la bouche d’Avichai Mandelblit, ancien Procureur militaire général de Tsahal.
« Il parlait devant des dizaines d’officiers supérieurs. Ce n’était pas une conversation privée. Pour lui, c’était une évidence. »
Puis il précise :
« Il a expliqué qu’en situation de guerre, les acteurs sont nos soldats et les terroristes. Les civils — y compris les civils ennemis — doivent être sortis de l’équation. Et s’il faut choisir ? La priorité va aux civils ennemis. »
⚖ « Ce n’est pas théorique. Ça se voit dans les procédures »
Hezi Nehama insiste :
« Ce n’est pas une théorie. Regardez les procédures qui ont été introduites. »
Le « Hakshah Bagag »
Maison identifiée.
Dépôt d’armes.
« On téléphone. On prévient. On tire un missile faible. Puis on frappe. »
Il ajoute :
« Le terroriste est déjà parti. Nous avons signalé notre présence. Nous avons pris un risque supplémentaire pour protéger des civils ennemis. »
Le « Nohal Shakhen »
Il rappelle :
« Avant, on pouvait envoyer un voisin appeler le suspect à sortir. »
Interdit par Bagatz.
« Maintenant, on doit entrer nous-mêmes. Et s’il est là, il tire sur nos soldats. »
🌑 2003 – « Cette question me poursuit »
Il ralentit.
« 2003. Camp d’Al-Bureij. J’étais jeune commandant de compagnie. »
Entrée nocturne.
Mur en plâtre.
Rafale.
« Six blessés. Avihu Kenan est tombé. »
Le lendemain, face au père.
« Il m’a regardé et m’a dit : si vous saviez qu’il était là, pourquoi ne pas avoir tiré un missile ? »
Silence.
« Cette question me poursuit encore aujourd’hui. »
Puis il tranche :
« Le juriste raisonne. Le commandant enterre. »
🔥 Bibas
Il évoque la famille Bibas.
« On nous a expliqué que l’élimination des ravisseurs n’était pas autorisée juridiquement parce qu’ils n’avaient pas carte officielle du Hamas. »
Il ajoute :
« Le terrain voit des ravisseurs. Le système voit un statut juridique. »
🌾 « Le terrorisme pousse dans son environnement »
« Tant qu’on agit chirurgicalement sans toucher au tissu qui protège le terrorisme, on ne peut pas l’éradiquer. »
Il insiste :
« Le terrorisme ne flotte pas dans l’air. Il vit dans un environnement. »
🧨 Barel – « On s’est réveillés trop tard »
Il détaille.
« Un périmètre de 300 mètres avait été fixé. »
Recours devant Bagatz.
Arguments agricoles.
« On a réduit. Puis encore réduit. »
Les marches du retour arrivent.
« Femmes. Enfants. Manifestants. Ils s’approchent. »
Il dit :
« On ne tirait pas. »
Ils atteignent la barrière.
Des tirs partent.
« On s’est réveillés trop tard. »
Puis il ajoute :
« Ce n’est pas un accident. C’est une chaîne de décisions. »
🏛 Juristes dans les brigades
« Sous Mandelblit, on a placé un juriste dans chaque brigade territoriale. »
Exemple :
« Route où des pierres sont lancées. Je veux bloquer. On me dit : ça gêne un agriculteur arabe. »
Il frappe la table :
« Je perds ma capacité de jugement opérationnel. »
⚔ « 99 % n’ont jamais vu l’ennemi »
« 99 % du système juridique militaire n’ont jamais vu l’ennemi dans le blanc des yeux. »
Il insiste :
« Ils n’ont jamais annoncé à des parents que leur fils ne reviendrait pas. »
📜 « Le droit n’est pas une science exacte »
Il cite Yitzhak Amit, la conseillère juridique, la procureure militaire.
« On peut souvent prédire les décisions selon les juges. Ce n’est pas neutre. »
🎖 « On a retiré le mot victoire »
Il évoque le code éthique.
« On a retiré le mot victoire. »
Il demande :
« Sommes-nous là pour gagner ou pour nous justifier ? »
🌍 L’international
« On se plie à des standards que d’autres ne respectent pas. »
🔚 Dernière phrase
Il termine :
« Nous sommes ici debout pour notre vie. Littéralement. »
Puis, plus calme :
« Le problème n’est pas le soldat. Le problème est en haut. »
© David Germon


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