Le beau blond et le bûcher. Par Paul Germon

L’Espagne adore s’indigner.

Elle a troqué la croix pour le hashtag, la soutane pour le tee-shirt “Free Gaza”, mais c’est la même ferveur.

Le bûcher ne fume plus, il clique.

Vueling, ou l’Inquisition à 30 000 pieds

Des gosses juifs chantent un peu fort en hébreu dans un vol Valence-Paris.

Panique morale : on les débarque.

Les gamins pleurent, la directrice finit menottée.

Et le ministre des Transports twitte sa petite indignation de service, avant de supprimer – réflexe pavlovien du progressiste pris les doigts dans l’Histoire.

Torquemada version low-cost.

Pedro Sánchez, le beau blond

Toujours tiré à quatre épingles, brushing d’apôtre européen, mine de croisé repenti, propre sur lui .

Le beau blond adore donner des leçons.

Il parle d’Israël comme on parle d’un cousin qui a “mal tourné”.

Et pourtant, son pays s’est bâti à coups de sabre, de croix et de conversions forcées.

Reconquista, Conquista : même syllabe, même orgueil.

Mais le beau blond préfère les mots doux aux miroirs sales.

Eurovision, tribunal moral

Désormais, même la chanson est suspecte.

Une chanteuse israélienne monte sur scène et tout un pays se prend pour Amnesty International ( qui a mis 2 ans avant de reconnaitre la tentative de génocide du Hamas . Sans doute par manque d’effectif ?…)

On hue, on siffle, on annule.

À croire que l’Inquisition a pris un abonnement Spotify.

L’Espagne ne brûle plus les corps, elle efface les voix.

Est ce une maladie de ce pays de vouloir toujours chasser les juifs ?

Il est vrai que sur place il n’y en a plus depuis cinq siecles , il faut donc les trouver ailleurs.

Gaza, miroir commode

Depuis octobre, tout le monde s’est découvert expert en géopolitique et en larmes sélectives.

Les plateaux télé récitent le catéchisme du Hamas sans s’en apercevoir et sont plutôt silencieux sur les massacres de sa propre population .

C’est plus simple : Gaza, victime pure ; Israël, bourreau éternel.

On ne comprend rien, mais on se sent du bon côté.

C’est la nouvelle forme de la charité : parler fort à distance.

L’Andalousie, mémoire maquillée

Sept siècles d’Arabes et de Juifs, de poètes, de savants, de marchands.

Puis l’Espagne efface tout : rase, rebaptise, repeint.

Et cinq cents ans plus tard, les héritiers de la Reconquista jouent les professeurs de droits humains.

Si la morale avait bonne mémoire, Grenade serait arabe et Jérusalem indiscutablement juive.

Mais la mémoire, là-bas, est comme le flamenco : toujours dramatique, jamais exacte.

Le Nouveau Monde, vieux crime

Ah, le grand blanc de l’Histoire : la conquête des Amériques.

On nous vend encore Cortés et Pizarro comme des aventuriers.

En réalité, deux mercenaires avec Bible et mousquet qui ont laissé derrière eux cent millions de morts.

Des civilisations entières – Aztèques, Mayas, Incas – réduites en poussière d’or.

On a crucifié les dieux locaux, brûlé les temples, rebaptisé les villes.

On a fait travailler les survivants dans les mines jusqu’à ce qu’ils crèvent.

Et quand il n’y eut plus assez d’Indiens à exploiter, on fit venir des Africains par cargaisons entières.

Des bateaux puants d’hommes enchaînés, marqués au fer, vendus à Séville comme du bétail béni.

Les mêmes croix qu’on brandissait à Grenade servaient à justifier la traite.

L’Espagne s’est enrichie sur la chair des autres, puis a mis un crucifix au-dessus du coffre-fort.

Ce fut un vrai génocide – mais labellisé “évangélisation”.

Aujourd’hui on dit “erreurs du passé”.

On fait des musées, des excuses molles, et on retourne donner des leçons de morale à Israël.

Ainsi :

Ce n’est pas une maladie, c’est une rechute culturelle.

L’Espagne s’indigne pour se blanchir, comme d’autres se confessent.

Elle a remplacé la croix par la conscience,

le bûcher par le tweet,

et la messe par un post Instagram.

Et pendant qu’elle s’explique au monde,

le beau blond continue de parler,

sûr d’être du bon côté de l’Histoire –

celui où le feu brûle toujours,

mais sent meilleur.

© Paul Germon

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