Tribune Juive

NAZA : Le cinéma au service de la propagande

Nous avons assisté à une projection de NAZA. Un film toxique. On le croirait sorti du ministère de la Propagande du Hamas. Mensonges, cadrages orientés, jeux de caméra : tout concourt à fabriquer chez le spectateur une conviction écrite d’avance.

Le Juif Süss était sans doute plus subtil.

Ce film n’a rien d’un documentaire. C’est un réquisitoire, qu’on croirait rédigé par le bien honnête Hamas.

C’est d’ailleurs étrange qu’un documentaire dont la finalité est de conclure qu’Israel se livre à un génocide à Gaza porte ce titre, NAZA veut dire dommages collatéraux !

Le parti pris éclate dès les premières images. Tout est agencé pour une seule conclusion : Israël commet un génocide à Gaza. Tous les moyens sont bons pour qu’au générique de fin, le spectateur non averti en soit persuadé.

Or aucune juridiction internationale n’a, à ce jour, jugé qu’Israël avait commis un génocide à Gaza. La Cour internationale de Justice a ordonné des mesures conservatoires dans une affaire où l’accusation est examinée. Ce n’est pas une condamnation. Le droit tient tout entier dans cette différence.

Le poison est d’autant plus actif que le film est signé de deux cinéastes israéliens. Leurs orientations politiques ne sont pas données au spectateur, et leurs travaux antérieurs non plus, ni dans le film ni dans sa présentation. Ce n’est pas un détail. Quand un film prétend livrer la vérité sur une guerre, le regard de celui qui filme compte.

Imagine-t-on, en 1943, un documentaire sur la Résistance confié à Jacques Doriot et Marcel Déat, sans que le public sache qui ils étaient ni d’où ils parlaient ?

Reste une énigme : ce que le réseau MK2 est allé faire dans cette galère.

Il s’honorerait à faire suivre ses projections d’un décryptage contradictoire. Ce décryptage a eu lieu hier au salon Hoche, à l’invitation de la Diaspora Defense Forces (DDF), animée par Frank Tapiro. Plusieurs experts et cinéastes de renom y ont participé, parmi lesquels Mickaël Prazan, Claude Moniquet, Michel Fayad, Stéphane Simon, Pierre Martinet et Maître Sarah Scialom, avocate spécialisée en droit pénal international, en droit international humanitaire et en droit des conflits armés.

Autre option : projeter le contre-documentaire réalisé par trois cinéastes israéliens. Le public pourrait alors confronter les récits, les images et les arguments.

La liberté de création n’oblige pas le spectateur à se contenter d’une seule version des faits. Si MK2 défend la liberté de création et l’esprit critique, qu’il donne au public les moyens de juger.

Le cinéma éclaire. Il manipule aussi. Encore faut-il laisser le spectateur trancher.

Paul Germon

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