Tribune Juive

Les visages contre l’oubli

Depuis le 7 octobre, le peintre David Braka dessine les portraits des soldats israéliens tombés au combat. Avec son projet « Panim », il transforme chaque portrait en acte de mémoire et chaque visage en une histoire à préserver.

Il y a les noms. Il y a les chiffres. Et puis il y a les visages. Ceux que les familles connaissent par cœur, ceux que les amis reconnaissent entre mille, ceux que l’on voudrait continuer à voir même lorsque la vie les a emportés.

C’est à ces visages que David Braka a décidé de consacrer son pinceau.

Artiste peintre, mais aussi ancien combattant de Tsahal, David Braka a été personnellement confronté à la réalité de la guerre à Gaza. Il y a perdu un frère d’armes. À son retour, il a éprouvé le besoin de dessiner son portrait. Un geste intime, presque instinctif. Puis d’autres visages sont venus.

Ainsi est né « Panim » — « Visages » en hébreu, un projet artistique et mémoriel consacré aux soldats israéliens tombés depuis le 7 octobre 2023.

Peindre pour ne pas réduire une vie à un nom

David Braka ne veut pas simplement reproduire des photographies. Il cherche à retrouver l’homme derrière l’uniforme.

Pour réaliser ses portraits, il échange avec les familles, s’intéresse aux parcours des soldats, à leurs personnalités, à ce qu’ils étaient avant la guerre. Car derrière chaque uniforme, il y avait un fils, un frère, un mari, un père, un ami. Un jeune homme qui avait des rêves, des habitudes, des passions et un avenir.

« Panim » porte ainsi une conviction simple : on ne peut pas laisser une génération entière devenir une succession de statistiques.

Le portrait devient alors un lien entre ceux qui restent et ceux qui sont partis.

Pour les familles, le tableau est bien davantage qu’une œuvre d’art. C’est une présence. Une manière de faire entrer à nouveau un visage dans la maison, de transmettre une mémoire aux enfants, aux petits-enfants, aux générations futures.

L’artiste face à la guerre

Le parcours de David Braka donne à son travail une résonance particulière. Né à Nice en 1993, il se forme aux Beaux-Arts de Versailles avant de partir en Israël. Son itinéraire mêle art, spiritualité et engagement militaire.

Cette double expérience nourrit aujourd’hui son regard.

Il connaît le soldat de l’intérieur. Il connaît aussi la puissance du geste artistique. Entre les deux, il y a le portrait : quelques traits, une expression, un regard qui fait soudain surgir une personne derrière le destin tragique.

David Braka ne peint pas la guerre 

Soutenir Panim, pour que les visages ne disparaissent pas

L’exposition parisienne de David Braka a dû être annulée faute de moyens financiers. Pourtant, le projet Panim mérite de voir le jour : derrière chaque portrait, il y a une vie, une famille, une histoire et une mémoire à transmettre.

Aujourd’hui, chacun peut contribuer à faire aboutir ce projet et permettre à ces visages de rencontrer leur public. Soutenir Panim, c’est aider David Braka à achever son travail et à lui donner la visibilité qu’il mérite. C’est aussi refuser que le souvenir de ces soldats s’efface.

Parce que la mémoire ne doit pas manquer de moyens, chacun peut apporter sa contribution.

Pour soutenir David Braka et participer à la réalisation de ce projet, faites un don sur Allodons :

https://www.allodons.fr/panim/categories/968-visages

Un don, quel qu’il soit, peut contribuer à faire vivre ces portraits et à rendre possible leur exposition. Pour que ces visages continuent de nous regarder, et que nous continuions à nous souvenir.

« Ne pas oublier » est une expression que l’on entend souvent. David Braka lui donne une forme : celle d’un visage.

Sylvie Bensaid
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