Ce Chabat, on recommence Béréchit. Et dès le premier mot de la Torah, une très vieille question revient : de quel droit Israël réclame-t-il cette terre ? Jacquot Grunewald est allé voir ce qu’en disait Rachi. Il y a mille ans.
Ce Chabat, dans toutes les synagogues traditionnelles du monde, on recommence la lecture de la Thora par le récit du Commencement.
Le commencement de notre terre, de notre ciel, de la naissance d’Adam et d’Ève, sa très côtée compagne.
Comme ça s’est passé il y a longtemps, y en a des choses qui ont été écrites sur le big bang — et sur tous les bangs que, depuis Caïn, les hommes se sont portés entre eux.
Du côté de chez nous, rien que sur le premier mot de la Thora, « Beréchit », le Midrash connaît 93 commentaires. Si vous y rajoutez les écrits qui ont paru par la suite, ça fait beaucoup.
Vous avez du travail, vous n’avez pas le temps de tout voir et ce que vous cherchez, en vrai, c’est un commentaire d’une réelle actualité sur ce premier mot de la Thora.
Eh bien, voici ce que Rachi en dit.
Il y a mille ans, alors qu’il ne connaissait même pas M. Mélenchon, pas plus que Mme Hassan, Rachi écrivait, en référence faite à Jérémie 27,5 :
« Si les nations du monde disaient à Israël : “Vous êtes des bandits parce que vous avez conquis les terres de sept peuples”, on leur répondra : “Toute la terre appartient au Saint-béni-soit-il. Il l’a donnée à qui bon lui semble. Par un acte de sa volonté, il la leur a donnée et, par un acte de sa volonté, il la leur a reprise et nous l’a donnée.” »
Je reconnais qu’il y en a qui expliqueront autrement la présence d’Israël sur sa terre.
Mais ils ne pourront pas ne pas admettre que les Juifs n’ont jamais cessé de la réclamer, leur terre, après en avoir été chassés.
De siècle en siècle, ils proclamaient :
« L’an prochain à Jérusalem ! »
Et bien avant l’invention du sionisme, ils clamaient, urbi et orbi, que cette terre est à eux et qu’ils y retourneront.
Alors si l’explication de Rachi ne convient pas à tous, ils n’ont qu’à en chercher une autre.
C’est leur problème.
J.G.
