
Donc le Nobel de Physique récompense aujourd’hui le Belge Francis Halzen, père de l’observatoire IceCube, le piège à neutrinos.
Le neutrino ? La particule la plus insaisissable de l’Univers (on l’appelle la particule fantôme) : sans charge électrique, quasiment sans masse, elle traverse tout, planètes comprises, sans s’arrêter. Son intérêt : contrairement à la lumière, absorbée ou déviée en chemin, il file en ligne droite depuis les phénomènes les plus violents du cosmos, comme les trous noirs géants. Le messager idéal… mais presque impossible à attraper.
D’où l’idée d’Halzen : transformer la glace de l’Antarctique, ultra pure, en détecteur géant. IceCube, achevé en 2010 au pôle Sud, c’est 1 km³ de glace truffé de plus de 5 000 capteurs, enfouis jusqu’à 2 450 mètres de profondeur. Quand un neutrino percute, ce qui est très rare, un atome de glace, il émet un minuscule flash bleuté. Les capteurs en déduisent son énergie, sa direction et donc son origine.
Le résultat ? En 2013, IceCube capte les premiers neutrinos venus de bien au-delà du Soleil. En 2018, il remonte la trajectoire de l’un d’eux jusqu’à sa source : un trou noir géant à 4 milliards d’années-lumière. Pas c*n, le glaçon.
Choper un neutrino, c’est rare comment ? 100 000 milliards de neutrinos nous traversent chaque seconde. Sur toute notre vie, un seul en moyenne percutera un atome de notre corps (et sera donc repérable).
TTSO