Tribune Juive

Bardella : faut-il « une clarification ? »

François Mitterrand a été décoré en 1943 de la Francisque des mains du Maréchal Pétain ( matricule 2202). C’est une distinction qu’il fallait demander.

La même année le Maréchal Joukov encercle les troupes allemandes devant Stalingrad et le Général allemand Paulus capitule et se rend avec son armée.

Mitterrand comprend que Hitler va perdre la guerre et il change de camp et devient résistant sous le nom de Morland.

Bardella a-t-il écrit les textes antisémites que Mediapart déclare avoir vus et vérifiés mais qui n’en apporte aucune preuve : il se contente d’affirmer qu’il est en mesure de le faire et de produire des attestations visées par huissier. Mediapart préfère que les boules puantes soient réservées aux jours de scrutins.

Le Président Macron souhaite « une clarification « ce qui veut dire habilement que « c’est flou et qu’il y a un loup « .

Les écrits, s’ils existent réellement, d’un jeune homme de 17 ans intoxiqué par l’antisémitisme diffus mais profond du pays et de son personnel politique, doivent ils barrer la route du pouvoir au représentant d’un parti quasi majoritaire ?

Un ministre israélien, Avichai Chikli, a manifesté son soutien et sa sympathie à Bardella qui a été reçu à Jérusalem et qui a participé à la marche contre l’antisémitisme.

Celui qui s’en est abstenu demande aujourd’hui une « clarification « à celui qui aurait écrit dans son jeune âge des phrases répugnantes mais d’une grande banalité.

Alors que faut il penser ?

Même si Mediapart dévoile ses sources et si le jeune homme a bien écrit deux phrases sur les « banques juives », preuve de son ignorance et de sa naïveté, en faire un motif suffisant pour blackbouler son parti, revient tomber dans le piège des vrais ennemis des juifs et d’Israël.

André Simon Mamou

Ce qui pose problème dans l’affaire Bardella, ce sont bien sûr les propos qui lui sont attribués. Encore faut-il qu’ils soient établis et que ceux qui les dénoncent puissent en apporter la preuve.

Mais le problème tient aussi, et peut-être surtout, à la personnalité de ceux qui les dénoncent : un parti qu’il convient de qualifier de néonazi, et des personnalités politiques ou autres dont la plupart ne se privent pas de tenir, presque tous les jours, des propos immondes contre les juifs.

Et puis il y a le président de la République qui, non content d’avoir refusé de marcher contre l’antisémitisme, apparaît de plus en plus comme l’allié des ennemis des juifs. Ses belles phrases contre l’antisémitisme ne dupent désormais plus que les naïfs.

Cela ne préjuge évidemment pas de la réalité des propos reprochés à Bardella. Ceux-ci doivent être établis par des faits et des preuves. Mais cela pose une question essentielle : quelle crédibilité accorder à ceux qui se présentent aujourd’hui en procureurs de l’antisémitisme alors que la plupart d’entre eux ont eux-mêmes multiplié, presque quotidiennement, les déclarations immondes contre les juifs ?

Paul Germon 

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