Tribune Juive

Un quinzième de la bombe atomique d’Hiroshima

Hier (jeudi), à 21h08 heure locale au Liban et en Israël, une énorme explosion a secoué le petit village de Metula que vous connaissez bien. 

 

Je sais qu’à force de superlatifs, toutes les explosions que nous relatons ont l’air énormes. Mais d’abord, la plupart de celles que nous avons expérimentées ces dernières années, y compris celles qui ont fait des dégâts et des victimes l’étaient. Ensuite, celle d’hier était disproportionnée, elle a été causée par plus de 1 100 tonnes d’explosifs, de quoi éradiquer une dizaine de fois l’entièreté de Metula.

 

Une déflagration si violente, qu’elle a provoqué une secousse sismique de magnitude 4,1 sur l’échelle de Richter, selon l’Institut d’Etudes Géologiques des Etats-Unis (USGS), ressentie dans tout le sud du Liban et dans le nord de la Galilée. 

 

Par souci de comparaison, la détonation qui avait détruit les entrailles de la montagne de la forteresse de Beaufort, dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet dernier, avait été causée par une charge de 700 tonnes, et c’était déjà, et de loin, la plus forte à laquelle nous avions assisté.

 

Celle d’hier équivalait à plus d’un quinzième de la bombe atomique d’Hiroshima !

 

L’Armée israélienne a utilisé ces explosifs pour détruire un important réseau de tunnels et un centre de commandement souterrain du Hezbollah, situé sous la colline stratégique d’Ali al Taher qui domine Nabatié, à 12 km de notre rédaction.

 

Féérie d’apocalypse

 

Une vidéo à ne pas manquer tournée par Tsahal :

https://videoidf.azureedge.net/2a3c339e-ccd1-41b2-be24-899176ab2001

 

A l’intérieur des deux galeries, qui s’étendaient sur plus de deux kilomètres de long, les soldats ont mis à jour « un très grand nombre de roquettes, de missiles antichars et de drones de fabrication iranienne, ainsi que des armes automatiques et des centaines de mines et autres explosifs », selon les informations communiquées par l’Armée.

 

Le réseau souterrain comprenait également « des centres de commandement, des magasins d’armes, des salles de générateurs, des quartiers d’habitation, des douches et une cuisine », ce qui, toujours d’après Tsahal, « permettait aux miliciens du Hezbollah de mener des combats et d’y demeurer pendant des périodes prolongées ».

 

 

Regarder la vidéo montrant deux miliciens du Hezb éliminés après avoir tiré sur des militaires israéliens depuis une meurtrière savamment camouflée (source Tsahal) :

 

https://videoidf.azureedge.net/090e2dca-745a-4eaa-a23f-e44529ed51bc 

 

La prise d’Ali al Taher représente une victoire cardinale dans la guerre contre la milice chiite libanaise et ses mentors iraniens, mais elle aura coûté la vie à cinq de nos combattants et en aura blessé trente autres, dont certains grièvement. 

 

Les pertes en face sont sans commune mesure avec les nôtres – plus de 50 morts et des centaines de blessés -, mais cela ne vaut pas, à nos yeux, l’existence d’un seul de nos soldats. 

 

L’Iran a officiellement averti les Etats-Unis qu’il riposterait à toute offensive israélienne contre l’installation du Hezbollah située au pied de la colline, selon un rapport de Reuters publié la semaine dernière, bien que cet avertissement soit intervenu après que Tsahal eut déjà capturé et sécurisé le site. 

 

Un responsable militaire israélien a déclaré après la destruction des tunnels que « Tsahal s’est préparée à divers scénarios, y compris des scénarios à plusieurs niveaux contre la Théocratie persane ». 

 

Cela dit, Téhéran est certainement tenté par des actions désespérées, étranglé qu’il est par les mesures économiques américaines dans le détroit d’Ormuz, qui l’euthanasient à petit feu.

 

Mais sur l’autre pan de la balance, on remarque plutôt, ces derniers temps, les efforts soutenus de la dictature cléricale chiite afin de ne pas nous provoquer, même par erreur, ce qui démontre que son armée préfère ne pas renouveler la confrontation avec nous.

 

Nous avons également remarqué que l’Armée libanaise s’est déployée dans la ville de Nabatié et alentours, en remplacement des miliciens en fuite. 

Il ne fait aucun doute que cette manœuvre est coordonnée avec Tsahal, et ce sera une étape importante vers la normalisation si elle est localement accompagnée du désarmement du Hezb. 

 

Nous avons aussi noté avec intérêt que les habitants et les édiles des villes du Sud libanais, même les chiites, ont demandé à l’Armée nationale de prendre position dans leur région, comprenant qu’ils ne pourraient pas y vivre tranquillement si la milice revenait.

 

On sent distinctement qu’une page est en train de se tourner, et que la prise de la maudite colline par l’Armée israélienne y est pour quelque chose. Comme si un acte irréversible était intervenu. Si un couperet était tombé. 

 

Nos amis proches de l’administration américaine nous informent que les délégations libanaise et israélienne vont sans doute se rencontrer à Rome en milieu de semaine prochaine. 

 

Au menu de la discussion, sans circonvolutions, le désarmement de la milice par les forces libanaises, et – mais c’est lié au premier sujet –l’accroissement des localités-test qui pourraient passer du contrôle israélien au contrôle libanais.

 

Pour le moment il en existe trois à notre connaissance, mais nous ne disposons d’aucune information fiable indiquant que les soldats de Beyrouth ont récupéré les armes de l’organisation terroriste.

 

Signe des temps, à Nabatié, des habitants ont accueilli l’Armée libanaise avec des roses

 

Ce que nous savons, en revanche, est que les media libanais sont remplis de réactions de personnes qui réclament la disparition du Hezbollah, et qui se réjouissent de la destruction de son P.C au Sud-Liban, qui était enterré à Ali al Taher. 

 

Nous vous avons choisi un commentaire de lecteur représentatif dans l’Orient-le-Jour pour illustrer notre propos. Près des deux tiers de nos voisins septentrionaux partagent cet avis, ce qui renforce l’idée qu’une fenêtre d’opportunité est actuellement ouverte pour faire la paix, et assurer la sécurité aux habitants des deux côtés de la frontière.

 

« Beau bilan pour la milice. Quelques roquettes sur le puissant voisin et en riposte, ce dernier provoque des tremblements de terre chez nous !

 

Le Hezbollah iranien est d’abord l’ennemi du Liban.

 

Ses guerres divines il les a gagnées contre les civils en Syrie, et contre les Libanais sans armes. Mais celui contre lequel il est sensé « résister », il se fait honteusement piétiner… chaque fois.

 

Et plus on le ménage et plus il hausse la voix, et plus notre pays reçoit des coups.

 

A force de nous menacer de guerre civile, certains vont finir par l’inviter à la faire !

 

Milice de malheur.

 

Quitter la version mobile