Tribune Juive

Pierre Haski doit répondre

Libération vient de révéler que plusieurs dizaines de personnes recensées comme des journalistes tués à Gaza apparaissent également dans les sources du Hamas ou du Jihad islamique comme des membres de leurs organisations armées.

Pour certains, il ne s’agit pas simplement d’une appartenance politique. Des fonctions militaires et même des responsabilités de commandement sont mentionnées.

Cette information concerne directement le décompte de Reporters sans frontières.

Depuis le début de la guerre, RSF recense les journalistes tués à Gaza et diffuse ces chiffres dans le monde entier. Ils sont régulièrement utilisés pour dénoncer le nombre de journalistes tués par Israël.

RSF a déjà reconnu qu’un de ses noms posait problème. Mohammad Jarghoun figurait dans sa liste avant d’en être retiré après vérification de son appartenance au Hamas.

Mais l’enquête de Libération porte sur plusieurs dizaines de cas.

Nous demandons donc à RSF de répondre précisément.

Quels sont les noms concernés par l’enquête de Libération ?

Parmi ces personnes, lesquelles RSF maintient-elle dans sa liste des journalistes tués ?

Pour chacune d’elles, quels éléments permettent à RSF de confirmer qu’il s’agissait bien d’un journaliste et non d’un combattant également actif au sein du Hamas ou du Jihad islamique ?

RSF compte-t-elle vérifier l’ensemble de ces cas et publier le résultat de cette vérification ?

Et, surtout, le chiffre actuellement communiqué par RSF sera-t-il corrigé si certains de ces noms correspondent effectivement à des combattants ?

Nous demandons également à Pierre Haski, président de RSF, de répondre personnellement à ces questions.

Il ne s’agit pas de contester que des journalistes aient été tués à Gaza.

Il s’agit de savoir si le chiffre communiqué par RSF correspond réellement au nombre de journalistes tués dans l’exercice de leur métier.

Si les informations publiées par Libération sont fausses, RSF doit les réfuter cas par cas.

Si elles sont exactes, RSF doit corriger sa liste et son décompte.

Dans les deux cas, nous voulons des noms, des vérifications et des chiffres corrigés.

Pas du silence.

Paul Germon

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