Tribune Juive

Alerte: quand le boycott remplace l’État de droit. Par Pierre Saba

Ce ne sont plus seulement des artistes qui sont empêchés de se produire. C’est l’État de droit lui-même qui recule lorsque des groupes militants s’arrogent le pouvoir d’interdire, de boycotter et de désigner des cibles sans que la loi soit appliquée. C’est cette dérive que dénonce Pierre Saba.

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Depuis plusieurs années, la France subi chaque jour ou presque des infractions antisémites, racistes et des ségrégations de toutes sortes.

C’est dans cette atmosphère nauséabonde qui se cristallise autour d’Israël et des Juifs que des artistes sont « interdits » de présentation, en raison de leur nationalité israélienne, de leurs solidarités avec l’existence de l’Etat d’Israël, ou sans raison apparente sinon celle d’être de confession juive!

LE BOYCOTT EST PUNI PAR LA LOI

Ces « interdictions » sont décidées en toute illégitimité et illégalité.

Elles s’exercent au moyen de la force, de la violence et au mépris des droits de la personne humaine.

Elles sont en réalité des boycotts, prohibés par la loi et punis par le code pénal, ciblant des personnes de confession juive et / ou attachées à la défense d’Israël et des droits humains.

Tant que ces boycotts étaient interrompus par interventions de polices, administratives, ou judiciaires, le problème pouvait être considéré comme circonscrit.

IMPUNITÉ DU BOYCOTT

Ces infractions se sont multipliées et sont menées à leurs termes alors que les réactions civiles, pénales et administratives sont quasiment inexistantes, partielles ou partiales.

En l’état, la loi n’est en France et en ce domaine ni invoquée, ni sollicitée ni appliquée sauf à l’être à un niveau si bas et sans suivi qu’il est inopérant.

Il faut par conséquent déplorer que le champ soit libre aux délinquants du boycott qui profitent du délitement de l’application de la loi pénale correspondant.

GRAVE CONSÉQUENCE

La conséquence cardinale de ces anomalies est la « punition  » extrajudiciaire et illégale que les délinquants proclament, revendiquent sans vergogne dans un cadre dénué de toute application de la loi.

Qu’on ne s’y trompe pas, le silence face au délit ne conduit nullement à la résolution de la difficulté.

Au contraire, l’absence réactive, excite et encourage les délinquants qui n’attendent que cela et qui s’expriment désormais comme les parangons de la morale publique et les détenteurs de la vérité juridique!

ALERTE

Sur ce sujet comme sur d’autres, l’abandon des instruments juridiques par ceux-là même qui ont la charge de les appliquer ou de les faire appliquer constitue un feu vert aux délinquants et à leurs arrogances.

Il convient et dans l’urgence aux responsables communautaires juifs et autres, aux autorités préfectorales et aux parlementaires de saisir les parquets et le gouvernement en exigeant l’application de la loi assortie d’un échéancier.

Il est stupéfiant d’avoir à le rappeler comme à rappeler le danger que courent les publics et les personnes concernées par ces agressions hostiles aux libertés publiques et privées.

Avoir à rappeler chacun à ses responsabilités est un signe très inquiétant de glissement progressif de la force au détriment du Droit.

Sans élimination juridique et de police de ces interdictions punitives, illégales et illégitimes, c’est un régime d’ordre nouveau et antidémocratique qui commence à s’installer un peu partout en France.

Pierre Saba

19 juillet 2026

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