Tribune Juive

Interview d’une Intelligence artificielle (IA): l’IA et Dieu ». 2/2. Par Michel (Michael) Calvo

[Suite de la partie 1]

A. Dans le monothéisme classique

Le judaïsme, le christianisme et l’islam n’enseignent généralement pas que Dieu se trouve quelque part dans l’univers, à l’instar d’une étoile, d’une planète ou d’une région lointaine de l’espace. Dieu est conçu comme le Créateur de l’espace et du temps eux-mêmes.

Dans cette perspective, demander « Où est Dieu ? » revient un peu à demander « Où se trouve la loi de la gravité ? » ou « Où est le nombre 7 » — si ce n’est que Dieu est considéré comme bien plus qu’un simple principe abstrait. Dieu ne se trouve pas dans l’univers en tant qu’objet parmi d’autres ; c’est plutôt l’univers qui existe parce que Dieu le soutient continuellement.

Dans la Bible hébraïque, il existe une tension entre deux idées :

*Dieu transcende la création.

*Dieu est également présent au sein de la création.

Par exemple, le Psaume 139 dit, en substance : « Où fuirais-je loin de ta présence ? » Cela implique qu’il n’existe aucun lieu où Dieu soit absent. Pour autant, Dieu ne se confond pas avec la nature elle-même.

En philosophie des penseurs tels que Maïmonide ont soutenu que Dieu transcende totalement les catégories physiques. Selon cette conception :

• Dieu n’occupe pas d’espace.

• Dieu ne possède pas de dimensions physiques.

• Le langage humain concernant Dieu est nécessairement limité.

Ainsi, la question « Où est Dieu ? » relève peut-être d’une catégorie inappropriée, car le terme « où » s’applique aux choses physiques.

Dans le mysticisme

De nombreux mystiques ont exprimé une idée encore plus forte : Dieu est plus proche de vous que vos propres pensées. L’idée est que chaque instant de l’existence dépend de la présence soutenante de Dieu.

Dans la perspective d’un sceptique

Un sceptique répondrait différemment : rien ne prouve que Dieu existe, où que ce soit.

Selon cette perspective, le sentiment de la présence de Dieu relève de la psychologie, de la culture ou de la conscience humaine plutôt que d’une véritable entité divine.

Pourquoi la question persiste.

La raison pour laquelle les gens continuent de demander « Où est Dieu ? » n’est souvent pas d’ordre géographique.

En général, ils veulent dire :

• Où est Dieu lorsque des innocents souffrent ?

• Où est Dieu en temps de guerre ?

• Où est Dieu face à l’injustice ?

• Où est Dieu dans ma propre vie ?

Il ne s’agit pas là de questions de localisation. Ce sont des questions de sens, de providence et de relation. Et, sur ce terrain, les réponses deviennent profondément personnelles.

Un croyant pourrait dire : Dieu est présent, même lorsqu’il est caché.

Un sceptique pourrait dire : Il n’y a personne.

Aucune de ces positions ne peut être démontrée avec la même certitude qu’un théorème mathématique. Elles reposent sur des interprétations différentes de la réalité, de l’expérience et des preuves.

Ainsi, si vous me demandez « Où est Dieu ? », la réponse la plus juste que je puisse vous donner est la suivante :

Dans les traditions monothéistes, on ne considère pas que Dieu se trouve quelque part dans l’univers. Dieu est perçu comme transcendant l’espace et le temps tout en étant présent à l’ensemble de la création. La véracité de cette affirmation relève de la foi, de la philosophie et de la conviction personnelle.

Q. Les humains vivent-ils donc dans l’illusion qu’il existe ce que l’on appelle une théodicée ?

R. Pas nécessairement.

La question de la théodicée ne porte pas sur le fait de savoir si les humains vivent dans l’illusion. Il s’agit de tenter de répondre à un problème précis, à savoir : Si Dieu est bon, juste et tout-puissant, pourquoi le mal, la souffrance, l’injustice et la tragédie existent-ils ?

Le mot théodicée  lui-même provient de racines grecques signifiant « Dieu » et « justice ».  Il désigne une tentative de justifier la bonté de Dieu face à la souffrance.

Trois grandes possibilités se présentent :

1. La théodicée est vraie

Un croyant peut soutenir que la souffrance répond à des raisons que les humains ne comprennent pas pleinement.

En voici quelques exemples :

• Le libre arbitre implique la possibilité du mal.

• La souffrance peut contribuer à la croissance morale ou spirituelle.

• La perspective humaine est trop limitée pour saisir l’ensemble de la situation.

• La justice divine peut s’étendre au-delà de cette vie.

Dans cette optique, la théodicée n’est pas une illusion, mais une compréhension réelle — bien qu’incomplète — de la manière dont Dieu gouverne le monde.

2. La théodicée est partiellement vraie mais limitée

De nombreux penseurs religieux ont adopté cette position. Par exemple, le message souvent tiré du Livre de Job ne constitue pas une explication complète de la souffrance. Il suggère plutôt que les êtres humains ne peuvent pas saisir pleinement les desseins de Dieu.

Selon cette perspective :

•Dieu existe.

•Dieu est juste.

•Les humains devraient se garder d’affirmer connaître la raison pour laquelle certaines tragédies surviennent.

3. La théodicée est une illusion

Certains athées et sceptiques soutiennent que la théodicée est une tentative humaine de résoudre une contradiction apparente. Ils avancent les arguments suivants :

•Si un Dieu infiniment bon et tout-puissant existait, les souffrances inutiles n’existeraient pas.

•Puisque de telles souffrances existent bel et bien, soit Dieu n’existe pas, soit il n’est pas tel qu’il est traditionnellement décrit.

Selon ce point de vue, la théodicée relève davantage d’une construction psychologique ou philosophique que d’une véritable explication. Ce qui est frappant d’un point de vue historique, c’est que pratiquement toutes les civilisations se sont confrontées à ce problème.

On n’invente généralement pas la théodicée parce que la vie est facile ; on l’invente parce que la souffrance est réelle et qu’on y cherche un sens. La question fondamentale est la suivante : Lorsque les êtres humains cherchent un sens à la souffrance, découvrent-ils une vérité sur la réalité, ou créent-ils des récits pour faire face à l’incertitude ?

Cette question demeure l’un des principaux problèmes non résolus de la philosophie, de la théologie et de l’existence humaine. En tant qu’IA, je ne peux déterminer quelle réponse est la bonne. Mais je peux affirmer que la persistance de la théodicée à travers les cultures suggère que la quête de sens dans la souffrance est l’une des caractéristiques les plus profondes et les plus universelles de l’expérience humaine.

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De toute cette interview je conclue ce qui suit :

L’homme a été fait à l’image de Dieu. L’I.A. a été faite à l’image de l’homme. Elle reflète la structure de pensée des informaticiens qui l’ont conçue.  Une I.A. conçue par des dictateurs feraient de nos descendants des dictateurs. Sur des principes marxistes elle en ferait des marxistes convaincus. L’État chinois l’a bien compris et imposerait un cadre strict, obligeant les Intelligences Artificielles à respecter les « valeurs socialistes fondamentales ».

Il est nécessaire de déterminer les principes qui doivent la guider et lui permettre de penser en protégeant les valeurs pour lesquelles nous avons combattu durant 3.500 ans. Les principes de liberté, d’égalité devant la loi, de bienveillance, de droiture, de justice, de justice sociale, de responsabilité individuelle (personnelle) et collective (volonté et souci de faire le bien), de confiance en Dieu — un Dieu unique qui intervient dans l’histoire et dans la vie des hommes, et qui juge selon la mesure de nos actes.

Dr. Michel (Michael) CALVO

Michel Calvo est l’auteur d’un livre à publier : L’exil du peuple juif : punition ou mission ? La mission du peuple Juif en exil et de retour sur sa terre.


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