« L’affaire de la diaspora juive sera reportée »
La Présidente du Tribunal de Lisieux dans l’Affaire d’injures publiques à Deauville, le 8 juillet 2026
Dans une salle d’audience les mots, l’attitude des magistrats a un poids particulier. Après avoir plaidé une affaire il est d’usage que les confrères ou les parties en cause demande à l’avocat plaidant son sentiment d’audience.
Au Tribunal de Caen le 8 juillet, pour un simple report nous avons déjà un sentiment d’audience.
La formule employée par la Présidente : « L’affaire de la diaspora juive sera reportée » laisse avant même les débats un goût amer.
En effet cette formule ne désigne ni les plaignants ni les associations qui se constituent partie civiles. Elle ne désigne pas des citoyens qui exercent leurs droits fondamentaux. Elle désigne une communauté, une religion.
Dans une période ou l’antisémitisme resurgit avec une violence inquiétante, la justice se doit d’être un lieu de rigueur, de précision, et de respect.
A défaut de quoi, les propos haineux qui sont soumis à l’appréciation du juge ne sont plus au centre des débats: à leur place les victimes ou les associations qui les dénoncent deviennent l’objet du débat.
« Je vous laisse parler seul »
L’historien Patrick Boucheron répond à Guillaume Erner sur France Culture
L’inversion des rôles devient une habitude inquiétante qui envahit les prétoires et rappelle le mépris contenu dans la formule désormais célèbre : « Je vous laisse parler seul ».
