Condamnée et candidate? Marine Le Pen prendra la parole lors du JT de 20Heures de TF1 ce soir
La cour d’appel de Paris a rendu son arrêt : Marine Le Pen est condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis. L’année de prison ferme sera exécutée sous bracelet électronique. Elle est également condamnée à quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sursis.
Mais l’essentiel est ailleurs.
La cour considère que les quinze mois d’inéligibilité ferme ont déjà été purgés. Cette précision change profondément la portée politique de la décision.
En première instance, l’hypothèse d’une impossibilité pour Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle avait immédiatement alimenté les scénarios d’une candidature de Jordan Bardella. Avec cet arrêt d’appel, cette perspective est bouleversée : l’obstacle juridique qui paraissait le plus sérieux semble désormais levé.
La condamnation demeure. La culpabilité est confirmée. Les faits retenus contre la présidente du groupe Rassemblement national n’ont pas disparu. Mais la sanction est aménagée au point de ne plus faire obstacle, en l’état, à une éventuelle candidature présidentielle.
Un pourvoi en cassation reste toujours possible. Il ne reviendrait toutefois pas sur les faits, mais uniquement sur l’application du droit par la cour d’appel.
Cette décision marque donc un tournant. Sur le plan judiciaire, elle confirme la responsabilité pénale de Marine Le Pen. Sur le plan politique, elle remet en mouvement un scénario que beaucoup considéraient compromis.
Marine Le Pen avait déjà indiqué dans de récentes interviews qu’elle ne serait pas « candidate sous bracelet électronique ». Mais elle peut désormais changer d’avis et se présenter si elle le souhaite, et composer avec cette condamnation entravante de mener campagne sous bracelet électronique, avec assignation à résidence, une contrainte considérable.
La campagne présidentielle de 2027 retrouve ainsi l’une de ses principales inconnues : Marine Le Pen sera-t-elle, une nouvelle fois, en mesure de solliciter les suffrages des Français ?
Au-delà du sort personnel de la dirigeante du Rassemblement national, cet arrêt rappelle une évidence : une décision de justice peut modifier, en quelques lignes, l’équilibre d’une vie politique tout entière.
Tribune juive
Réaction de Rodolphe Bosselut, l’avocat de Marine Le Pen
La liberté pour les électeurs d’avoir un candidat
Rodolphe Bosselut, l’avocat de Marine Le Pen, a déclaré à la sortie de la salle d’audience que la décision de la cour était « un bon début » et « partiellement » satisfaisant: « Nous avons pris acte de la décision du jour, nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment celle d’inéligibilité qui pour nous est un point extrêmement important d’autant qu’il a été accompagné de mentions de la présidente sur la liberté pour les électeurs d’avoir un candidat ».
Le soutien affiché de Marion Maréchal
« Chère Marine, À quelques heures du jugement, dans cette veillée d’armes, je tenais à t’écrire ces quelques mots. « La peur est un sentiment qui m’est étranger », disais-tu il y a quelques jours, alors qu’on t’interrogeait sur le jugement à venir. Tu témoignais ainsi de la ténacité qui te vaut le respect de tes soutiens, l’acharnement de nos adversaires, mais aussi la confiance de millions de Français. Ceux qui espèrent t’éliminer du champ politique, ceux qui imaginent qu’une condamnation t’empêcherait de continuer à te battre pour les Français, font un mauvais calcul. J’ai été l’un des témoins privilégiés de ta solidité dans les épreuves, qu’elles soient politiques ou personnelles. Je sais, quelle que soit la décision des juges, que rien ne s’arrêtera pour toi demain, tout simplement parce que nous aurons besoin de toi dans les années difficiles qui nous attendent. Sans doute ont-ils oublié que notre famille et notre combat se sont forgés dans des décennies d’âpres luttes. Non, les Le Pen n’ont jamais eu besoin d’un mandat parlementaire pour défendre notre pays et notre peuple. Nous sommes toutes les deux des militantes, nous avons toutes les deux nos convictions, et nos têtes dures de Bretonnes ont connu leurs désaccords et même leurs chocs. Qui mieux que moi, alors, pour reconnaître que tu as su faire du Front national des heures héroïques le Rassemblement national, qui s’est imposé comme la première force politique du pays ? Oui, aujourd’hui, le camp national est tout près de la victoire et – surtout – prêt à l’assumer. Tu as su nous rassembler, élargir et tendre la main, sortant le parti du piège du « seul contre tous ». Tu as su préparer et former d’autres à reprendre le flambeau, Jordan en tout premier lieu.
@MLP_officiel, quelle que soit l’issue de ce jugement, je sais qu’il faudra compter sur toi dans les années à venir comme acteur incontournable du combat politique. Je sais que c’est tous ensemble que nous irons chercher la victoire. Et que, quoi qu’il soit décidé demain, cette victoire prochaine sera aussi la tienne ». Marion
