Tribune Juive

« Le procès en appel du RN fait partie de l’éviction de la démocratie », déclare Michel Onfray

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La saga judiciaire des assistants parlementaires du RN s’apprête à connaître son épilogue. Ce mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris rendra son arrêt, onze ans après le premier signalement du Parlement européen. Ledit arrêt, rendu dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national (devenu Rassemblement national), scellera le sort politique de la chef de file de l’extrême droite française pour 2027.

Les propos tenus ce samedi par Michel Onfray ne surgissent pas dans le vide: ils font écho à l’un des nombreux griefs qu’une partie croissante des Français adresse désormais à sa justice.

Jusqu’où une démocratie peut-elle accepter que le pouvoir judiciaire et le calendrier électoral s’entrecroisent, sans que la confiance des citoyens dans les institutions s’en trouve fragilisée ? La phrase de Michel Onfray, forte à dessein, s’inscrit dans un débat qui dépasse le seul cas du Rassemblement national : celui de la judiciarisation de la vie politique et de ses effets sur le fonctionnement démocratique. Lorsqu’une décision judiciaire est susceptible d’empêcher un candidat majeur de se présenter à une élection avant que toutes les voies de recours aient été épuisées, cela peut être perçu comme une altération du débat démocratique: une critique qui ne consiste pas à contester la culpabilité ou l’innocence des personnes poursuivies, mais à tous nous interroger sur le calendrier et les conséquences politiques de la procédure.

D’aucuns répondront qu’au contraire une démocratie repose aussi sur l’indépendance de la justice et que les responsables politiques ne sauraient bénéficier d’un régime d’exception au motif qu’ils se présentent devant les électeurs.

Une démocratie est-elle mieux protégée lorsque la justice intervient sans considération du calendrier politique, ou lorsqu’elle veille à ne pas modifier, par ses décisions, l’offre électorale avant que les recours soient définitivement jugés ?

C’est une interrogation institutionnelle, pas seulement partisane.

© Sarah Cattan

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