Tito
Tout d’un coup,
On replonge cinquante ans en arrière.
Presque autant que
dans ce film fabuleux, Good Bye, Lenin!.
Sauf qu’ici, nul besoin de mise en scène,
de faux journaux télévisés
ou de locaux ressuscités.
Tout est authentique.
Et cela se passe ce matin même,
dans un pays balkanique
qui vante avec talent
son « sea, sun and mountains ».
Mon épouse et moi y sommes venus
pour quelques jours de repos bien mérités.
Mais l’homme propose et Dieu dispose.
Nous voilà donc à l’hôpital régional,
le grand, pas le dispensaire du coin.
Rassurez-vous, pour un problème heureusement mineur.
Et là, mes amis,
dans ce pays qui sait si bien attirer les touristes,
Le vieil adage selon lequel
il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade
prend soudain une saveur toute particulière.
La voisine de chambre
nous assure que rien n’a changé.
Les draps troués.
Les murs défraîchis.
La pancarte en carton sur la porte,
Avec l’inscription « Isolacija »,
vestige d’une fonction ancienne,
du moins je l’espère.
Le parquet usé, raviné par des décennies de passages,
comme si toutes les écuries du Mans
y avaient laissé leurs traces.
Alors côté des humains
Cela ne vaut pas mieux
N’étant pas versés dans le locution locale, on y discerne presque
l’aboiement d’un berger allemand.
Voilà pour l’accueil.
Des infirmières peu prodigues en sourires.
Des médecins un tantinet agressifs.
Bref, il ne manque plus que
le portrait de Tito au-dessus de la porte.
Et puis, cerise sur le gâteau,
La voisine de chambrée nous confie,
sans l’ombre d’une hésitation,
que sous Tito, la vie était bien plus belle.
À cet instant, on ne sait plus très bien
si l’on se trouve dans un hôpital,
dans un musée
ou dans une machine à remonter le temps.
Cela laisse pantois.
© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
Pour aller plus loin:
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— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
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