L’accord du 26 juin est présenté comme une étape décisive vers le désarmement du Hezbollah et la sécurisation durable de la frontière nord d’Israël. Mais cette ambition repose sur une question rarement posée : le Liban dispose-t-il réellement de l’État capable de porter une telle transformation ? Fundji Benedict dépasse l’analyse militaire pour interroger les fondements mêmes de la souveraineté libanaise.
L’accord trilatéral du 26 juin ne se borne pas à demander au Liban de désarmer le Hezbollah. Il lui impose de devenir, sous tutelle, l’État qu’il n’a jamais réussi à être — au moment précis où nulle coalition libanaise n’est encore en mesure de vouloir cette métamorphose.
Il y a une question que tout le monde pose, et c’est pour cela qu’elle est mauvaise. Think tanks, chancelleries, éditorialistes : tous interrogent la même chose, avec les mêmes mots, depuis le 26 juin. Le Hezbollah déposera-t-il ses armes ? L’armée libanaise est-elle assez forte pour l’y contraindre sans rallumer la guerre civile ? La séquence — désarmement vérifié, puis retrait israélien progressif — tiendra-t-elle, ou se brisera-t-elle sur la première provocation ? Ces questions sont sérieuses, et elles sont toutes secondaires, parce qu’elles partagent un présupposé que personne n’examine : que le Liban serait un État défaillant appelé à recouvrer un monopole de la violence légitime qu’il aurait jadis possédé puis perdu. C’est faux. Le Liban n’a jamais réussi à détenir ce monopole. Le pacte qui le fonde en 1943, que Taëf prétendit corriger en 1989, n’a cessé d’en ajourner l’accomplissement. Et l’accord trilatéral signé à Washington, sous l’égide du secrétaire d’État Marco Rubio, par les représentants israélien, libanais et américain, ne pouvait, à lui seul, créer ni un peuple ni une volonté ; il ne restaure donc rien du tout. Il exige une métamorphose. Il demande au Liban de devenir un autre genre d’État que celui qu’on a bâti — et il le lui demande de l’extérieur, sur un calendrier fixé par la sécurité d’Israël et la patience de l’Amérique, à l’instant où le compte à rebours du départ de la FINUL est enclenché et où nulle coalition, dans Beyrouth, n’a encore la force de porter cette transformation.
Max Weber a légué à la science politique une définition si commode qu’on a fini par la prendre pour une loi de la nature : l’État est la communauté humaine qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime sur un territoire donné. La définition éclaire l’État issu de la matrice européenne. Appliquée au Liban sans médiation historique, elle devient trompeuse. Le Pacte national de 1943 a institué un partage. Taëf, en 1989, l’a rééquilibré, tout en affirmant en droit que les armes devaient revenir à l’État ; mais cette exigence juridique n’a jamais produit le centre politique capable de s’accomplir dans les faits. La présidence aux maronites, la primature aux sunnites, la présidence du Parlement aux chiites, la répartition arithmétique des sièges, des ministères, des grades — tout l’édifice consociatif repose sur une prémisse de non-domination. Au Liban, cette prémisse a fini par empêcher qu’un centre — fût-il étatique — concentre durablement les ressources politiques et militaires nécessaires à l’exercice effectif du monopole de la force. La faiblesse du centre n’est plus un accident du système libanais : elle est devenue son produit le plus durable. On a fabriqué un État dont la fonction première était de ne pas pouvoir écraser ses propres composantes.
Dans cette grammaire, l’arsenal du Hezbollah n’est pas une anomalie. Il en est le terme logique. Au Liban, une souveraineté pensée comme distribution a fini par admettre que l’une des parts puisse, en dernier ressort, s’armer — d’abord pour résister à l’occupation israélienne du Sud entre 1982 et 2000, ensuite pour garantir que la communauté la plus longtemps déshéritée ne se verra plus jamais reprendre sa portion. Le Hezbollah ne s’est pas tenu hors du contrat libanais : il a prospéré dans sa faille la plus profonde, là où la proclamation du monopole n’a jamais rencontré la force sociale qui l’aurait rendue réelle. C’est précisément ce que l’accord du 26 juin se révèle incapable de penser : pour réussir, il faudrait non pas réparer l’État libanais, mais réécrire le pacte qui le fonde. Faire du monopole de la force la condition même du partage, et non son envers. Or un mécanisme de vérification n’a jamais réécrit un pacte fondateur. On ne désarme pas une syntaxe avec des inspecteurs.
On répliquera que l’armée libanaise désarme pourtant, et pour de bon : qu’elle a scellé des installations au sud du Litani, entamé la collecte des armes de factions palestiniennes dans plusieurs camps, étendu sa présence là où le Parti de Dieu régnait seul. C’est vrai, et cela ne fragilise en rien la thèse. Il faut distinguer deux ordres que l’accord confond sans cesse : la capacité technique, qui est réelle et qui progresse, et la transformation constitutionnelle, qui n’est pas encore engagée à la mesure de l’enjeu, ni portée par une coalition capable de la rendre irréversible. On peut saisir mille lanceurs sans toucher à la règle qui les autorise. Le désarmement matériel reste réversible aussi longtemps que demeure la logique du partage : ramassez les fusils aujourd’hui, et le principe qui en réclamera d’autres demain reste intact. Compter les armes rendues mesure une activité, jamais une métamorphose.
C’est ici que l’approche sécuritaire — celle de l’accord, celle du Groupe de coordination militaire trilatéral — touche sa limite la plus profonde, et la moins avouée. Elle traite l’arme comme une chose : un objet à recenser, à tracer, à confisquer, à faire sauter. Cartographier les dépôts, sceller les tunnels, saisir les lanceurs. Tout cela est nécessaire, et l’armée libanaise l’a d’ailleurs entamé au sud du Litani avec une réalité que nul ne conteste. Mais l’arme du Hezbollah n’est pas d’abord un objet militaire. Elle est un fait social. Pour une part substantielle de la communauté chiite — particulièrement dans les réseaux sociaux, familiaux et militants façonnés par la marginalisation historique du Sud et de la Békaa, ces mahroumin que Moussa Sadr leva au début des années soixante-dix —, le fusil n’est pas de la contrebande. Il est une part. Il est le signe matériel d’une place enfin tenue à la table où, pendant un siècle, on servait les chiites en dernier — une place dont Amal, puis le Parti de Dieu, ont successivement capté les griefs, les attentes et une fraction de la représentation politique. Confisquer cette arme comme on saisit une marchandise prohibée, c’est se méprendre sur sa nature : on ne reprend pas un statut par la force sans menacer de reprendre, avec lui, la place qu’il garantit.
Voilà pourquoi le désarmement ne peut réussir qu’à une condition que l’accord ne nomme nulle part : substituer à la part-arme une autre garantie de part. Reconstruire le Sud par l’État, et non par les réseaux parallèles ; garantir la représentation politique chiite ; réinsérer les combattants de rang plutôt que d’organiser leur humiliation collective. Tant que l’on parle la langue de l’inspection là où le problème relève de la distribution du sacré communautaire, on récupère des roquettes et l’on manque l’essentiel.
Il y a, à Harar, aux abords de la vieille ville éthiopienne, un rite que les voyageurs croient pittoresque et qui dit pourtant une vérité politique : chaque nuit, aux portes, des hommes nourrissent à la main les hyènes tachetées venues du dehors. Crocuta crocuta reste sauvage, mais habituée à la lisière de la cité — tolérée, nourrie juste assez pour qu’on la tienne au seuil sans la faire entrer tout à fait. La ville la garde dehors et la nourrit, comme si une bête à qui l’on donne sa part devenait moins redoutable au seuil. Le Liban a laissé l’arsenal du Hezbollah occuper la place de cette hyène de seuil : l’État ne l’a pas absorbé, la cité ne l’a pas chassé, et on l’a toléré dans l’espoir qu’il protégerait ce qu’il pouvait aussi dévorer. Pendant quarante ans, on l’a entretenu pour ne pas être dévoré. L’accord du 26 juin demande d’interrompre ce nourrissage. Mais une cité qui a entretenu la bête deux générations durant ne sait plus vivre sans le rite, et la main qui suspend la pitance est la plus exposée de toutes.
Reste la question que l’on n’ose poser : pourquoi ce désarmement devient-il pensable aujourd’hui, alors qu’il fut prescrit en vain par la résolution 1559 en 2004, puis par la 1701 en 2006, deux décennies durant lesquelles le Hezbollah s’arma, s’enterra et constitua l’arsenal qui menaçait la Galilée sous le regard impuissant des Casques bleus ? La réponse ne se trouve pas à Beyrouth. Elle se trouve dans la défaite de Téhéran. Les bipeurs piégés de septembre 2024, la décapitation de l’état-major du Parti de Dieu, l’élimination de Hassan Nasrallah, l’effondrement du pont terrestre syrien avec la chute d’Assad, les frappes de l’été 2025, un Guide suprême affaibli succédant à l’ancien, le Mémorandum d’entente arraché à l’Iran en juin : voilà ce qui a rendu le Hezbollah désarmable. Une projection iranienne s’est brisée ; nulle force libanaise n’a surgi pour prendre sa place. Le Hezbollah est une fonction de la puissance iranienne ; ce que l’accord enregistre, c’est le solde institutionnel d’une défaite que le Liban n’a pas infligée.
Et c’est là le vice caché de l’opération. On demande au Liban de signer, dans la langue de sa propre souveraineté, le reçu d’une victoire remportée par d’autres. Une souveraineté qui arrive comme sous-produit de la guerre du voisin, et non comme conquête d’une volonté nationale, est une souveraineté sans sujet. Elle est offerte au Liban ; elle ne s’élève pas du Liban. Or il n’est pas de souveraineté sans quelqu’un pour la vouloir, l’autoriser, en répondre — pour en être l’auteur. L’accord du 26 juin a un garant américain, un bénéficiaire israélien, un mécanisme trilatéral de surveillance, une aide humanitaire de cent millions de dollars promise par Washington, le projet d’une mission européenne pour épauler l’armée. Il a tout, sauf le sujet capable de le porter. Qu’on ne s’y trompe pas : une volonté étatique existe. Le président Aoun y voit un « premier pas » vers la souveraineté ; l’armée avance ; une part des Libanais ne souhaite rien tant que la fin des armes parallèles. Mais cette volonté demeure divisée, minoritaire, contrainte, face à un Hezbollah qui, par la voix de Naïm Qassem, juge l’accord nul, humiliant et assimilable à un abandon de souveraineté. Ce qui manque n’est pas l’envie d’un État ; c’est une coalition nationale assez hégémonique pour consentir au coût du monopole de la force, l’imposer aux appareils armés et en assumer le prix social. La souveraineté reste sans auteur tant qu’aucune majorité ne la veut au point de la payer.
Il faut alors mesurer l’ironie cruelle de l’architecture proposée. Pour restaurer la souveraineté libanaise, l’accord l’externalise. Le Groupe de coordination militaire est facilité par Washington ; la vérification du désarmement échappe à l’État libanais seul ; l’aide à la reconstruction est subordonnée à la preuve que les fonds n’irriguent aucun acteur armé ; l’Union européenne envisage une mission de trois ans pour renforcer les capacités terrestres, frontalières et de renseignement de l’armée. L’instrument censé guérir l’État-milice est l’État sous administration. Le Liban, dont le Grand Liban fut proclamé en 1920 sous l’autorité française, avant d’être placé sous mandat de la Société des Nations, se voit offrir, un siècle plus tard, une souveraineté sous tutelle comme prix de sa sortie de la milice — laquelle milice n’était elle-même que l’enfant de l’absence de souveraineté. Du mandat à la milice, et de la milice au mandat : ce qui devait affranchir reconduit la dépendance sous un autre nom.
Je sais l’usage qu’en feront les avocats du Parti de Dieu : ils y liront la preuve que tout ceci n’est qu’imposition étrangère, occupation maquillée, « capitulation » — le mot est déjà dans la bouche de Qassem. Karim Émile Bitar, depuis Saint-Joseph, avertit déjà que les États-Unis ne sauraient être un médiateur neutre et pencheront vers Israël à chaque litige d’interprétation. L’observation est exacte ; la conclusion qu’on veut en tirer est fausse. Car la tutelle n’est pas la cause de l’impuissance libanaise. Elle en est la conséquence. On ne supervise pas de l’extérieur un État capable de se gouverner ; on le fait quand l’État, par construction, ne le peut pas. Et l’alternative à la tutelle n’est pas la souveraineté pleine : c’est l’arsenal intact. Entre une souveraineté assistée et une milice souveraine, le choix moral n’est pas douteux. Reste qu’une cure qui réinjecte la maladie sous une forme atténuée n’est jamais qu’un sursis — et il faut le dire pour ne pas vendre, comme le firent vingt ans de « communauté internationale » au Liban-Sud, une promesse qu’on n’a pas les moyens de tenir. Nommer le piège n’est pas s’y résigner ; c’est refuser qu’on le maquille en délivrance.
Qu’on ne se trompe pas, pourtant, sur l’identité du piège. Il n’est pas tendu par Jérusalem. La condition israélienne — désarmement vérifié avant retrait, zones pilotes d’abord, redéploiement ensuite, sous contrôle d’un mécanisme conjoint — n’est pas le caprice d’une puissance qui voudrait éterniser sa présence militaire. Elle est le diagnostic, en langage opérationnel, de l’incapacité libanaise elle-même. Après deux décennies où la 1701 fut invoquée sans jamais être pleinement appliquée, où la FINUL fournit un décor là où l’on attendait une force, Israël ne pouvait plus se payer de promesses. Lier son retrait à la réalité du désarmement, ce n’est pas instrumentaliser la souveraineté libanaise : c’est, pour la première fois, faire dépendre la sécurité israélienne de l’avènement d’un véritable État libanais — et donc donner à Israël un intérêt direct à ce que cet État advienne. L’accord a ce mérite paradoxal : il aligne, pour une fois, la sécurité du Nord d’Israël et la souveraineté du Liban sur le même objet.
Mais l’alignement des intérêts ne crée pas la coalition qui manque. Israël peut exiger l’État libanais ; il ne peut pas le fabriquer. Et c’est ici que sa propre stratégie rencontre sa limite : plus la présence militaire au Sud se prolonge, plus la zone-tampon s’installe dans la durée — Beaufort repris, une part considérable du Sud sous contrôle militaire, les frappes qui continuent jusque dans les faubourgs de Nabatieh —, plus Israël fournit au Hezbollah le récit dont il ne peut plus se passer : celui de la résistance à l’occupant. Le danger n’est pas qu’Israël ait tort de vouloir la vérification ; il a raison. Le danger est que la vérification sans horizon de retrait nourrisse l’ordre même qu’on prétend abolir. La sécurité immédiate, poussée trop loin, devient le carburant politique de la reconstitution. On rétorquera qu’un calendrier de retrait fixé d’avance aurait, lui, consolidé l’État libanais et désamorcé le récit de l’occupation. C’est se tromper de levier : une date ne consolide rien si la volonté nationale fait défaut ; elle ne fait qu’avancer l’heure du vide. Le Liban ne manque pas d’un calendrier israélien ; il lui manque une coalition capable de tenir ce qu’Israël lui rendrait. Israël tient le bon principe — la vérification d’abord ; il lui faut tenir aussi le bon tempo.
La fenêtre est réelle. L’Iran est aujourd’hui atteint dans sa profondeur stratégique, sa chaîne de commandement et son réseau régional comme il ne l’avait plus été depuis des décennies ; le Hezbollah, amputé de ses chefs et affaibli dans les relais qui l’unissaient à son tuteur iranien, ne paraît plus disposer des moyens d’une reconstitution rapide ; l’armée libanaise a montré, au sud du Litani, qu’elle pouvait avancer. Jamais depuis la fin de la guerre civile la concentration de la force dans les mains de l’État n’a paru aussi possible. Mais cette fenêtre est une fenêtre d’opportunité externe, non de volonté interne — et c’est toute la différence. Elle s’ouvre parce que les ennemis du Hezbollah l’ont affaibli, non parce que les Libanais ont décidé d’en finir avec la part-arme. Or le calendrier, lui, ne consultera pas la volonté libanaise : la FINUL cessera ses opérations le 31 décembre 2026 et se retirera sur l’année suivante, emportant avec elle la maigre architecture de surveillance, de désescalade et de documentation des violations qui subsistait au Sud. On supprime l’échafaudage avant que le mur ait pris. Soit l’armée libanaise n’a pas la capacité de tenir le vide, et le Hezbollah y retrouve l’espace pour se refaire ; soit Israël juge ce vide intenable et pérennise sa présence, ce qui ranime le récit qui sauve la milice. Dans les deux cas, c’est la grammaire ancienne — celle du partage, jamais abolie, seulement suspendue — qui revient. Car une syntaxe ne meurt pas d’un accord signé par des ambassadeurs. Elle attend, dans la langue, que l’attention se détourne.
La question juste n’est donc pas « le Hezbollah déposera-t-il ses armes ? », ni même « l’armée libanaise en aura-t-elle la force ? ». La question juste est celle-ci : un peuple peut-il changer la grammaire de son propre État — passer de la distribution au monopole — au moment précis où nulle coalition, en lui, n’est encore assez forte pour vouloir ce changement et en payer le prix, où il lui est demandé du dehors, sur l’horloge d’un voisin et la patience d’un parrain ? L’histoire connaît des États qui se sont refondés sous contrainte extérieure et qui ont fini par vouloir, après coup, ce qu’on leur avait imposé. Elle en connaît aussi qui ont rendu, dès que la pression s’est relâchée, la souveraineté qu’on leur avait prêtée — parce qu’une souveraineté prêtée n’a jamais d’auteur pour la défendre.
Sécurité israélienne et souveraineté libanaise sont, on l’a dit, la même exigence vue de deux rives. C’est exact, et c’est insuffisant. Car cette exigence commune attend encore, sur la rive libanaise, quelqu’un pour la porter. Israël peut sécuriser son Nord en obtenant le désarmement ; mais il ne sera durablement sécurisé que si, en face, un État veut être un État — pas seulement le subir. Le 26 juin n’a pas restauré une souveraineté perdue ni désarmé une milice. Il a posé, en lettres diplomatiques, une question que les armes des autres ont rendue possible et que seul un sujet libanais pourrait résoudre. Il faudra bien, un jour, que ce sujet se lève. Faute de quoi le Liban restera ce qu’il est depuis un siècle : un État au futur conditionnel, une souveraineté qui se conjugue toujours à la voix de quelqu’un d’autre.
@ 2026 Fundji Benedict
Dr. Fundji Benedict, Founder and President of the Liberty Values & Strategy Foundation, specializes in political science, anthropology, international law, and African studies. Her triple identity — Afrikaner, Franco-Ethiopian, and Jewish — gives her a unique perspective on geopolitical dynamics and contemporary identity issues.
A polyglot, she held executive positions in international companies in the United States and Canada before establishing her foundation. Her research focuses on identity conflicts, minority rights, decolonization, and the rule of law, with particular emphasis on the Middle East and the Horn of Africa.
She regularly speaks on antisemitism, terrorism, and the complex geopolitical realities shaping our era. Her approach combines academic rigor with hands-on engagement alongside the communities concerned.
