Tribune Juive

MEMORAH : En un peu plus d’une année, une aventure exceptionnelle au service de la mémoire des Juifs de Tunisie. Par Silvio Ascoli

Paris, juin 2026

Une mémoire qui ne se transmet pas est une mémoire qui s’efface. Chaque document sauvé, chaque témoignage recueilli, chaque histoire retrouvée est une victoire contre l’oubli

Silvio Ascoli

Il y a un peu plus d’un an naissait MEMORAH, avec une ambition aussi simple qu’essentielle : préserver, sauvegarder et transmettre le patrimoine historique et culturel des Juifs de Tunisie. En quelques mois seulement, l’association est devenue l’un des acteurs les plus dynamiques de la préservation de cette mémoire plurimillénaire, portée par l’engagement de ses bénévoles, de ses adhérents et de ses nombreux soutiens.

Une œuvre de sauvegarde déjà considérable

Le travail accompli depuis la création de l’association est remarquable. Memorah soutient le projet de digitalisation des archives de la Communauté juive de Tunisie. À ce jour, près de 300 000 documents ont été numérisés : photographies, manuscrits, ouvrages anciens, archives communautaires, correspondances, registres et témoignages familiaux.

Ces documents, souvent uniques et parfois menacés de disparition, constituent une part irremplaçable de la mémoire des Juifs de Tunisie. Chaque archive sauvegardée représente un fragment d’histoire préservé pour les générations futures.

Une bibliothèque numérique en préparation

L’un des projets majeurs est la création d’une Bibliothèque numérique, dont la mise en ligne est prévue au dernier trimestre 2027.

Cette plateforme de référence permettra à tous – chercheurs, étudiants, familles et passionnés d’histoire – d’accéder à un fonds documentaire exceptionnel. Elle offrira également à de nombreuses familles de la diaspora la possibilité de retrouver une partie de leur histoire et de leurs racines.

Le projet « Sefardim Voices » : donner une voix à la mémoire

Parallèlement à la sauvegarde des archives écrites, MEMORAH s’est engagée dans le projet « Sefardim Voices », une initiative consacrée à la collecte et à la préservation des témoignages oraux des Juifs originaires des pays séfarades, et tout particulièrement de Tunisie.

Ces récits de vie, ces souvenirs d’enfance, ces histoires familiales, ces traditions et ces parcours d’exil constituent un patrimoine immatériel d’une valeur inestimable. En recueillant ces témoignages, « Sefardim Voices »  entend préserver non seulement des faits historiques, mais aussi des émotions, des accents, des expressions et une manière de vivre qui risqueraient autrement de disparaître avec le temps.

Parce qu’une communauté se raconte autant par ses archives que par les voix de celles et ceux qui l’ont vécue, le projet « Sefardim Voices » est appelé à devenir l’un des piliers de la transmission de cette mémoire.

Une communauté de plus en plus mobilisée

En un peu plus d’une année d’existence, MEMORAH a su rassembler autour de son projet des centaines d’adhérents, de donateurs et de sympathisants, unis par la volonté de préserver un héritage exceptionnel et de le transmettre aux générations futures.

Cette mobilisation permet aujourd’hui à l’association de développer des projets d’envergure et de faire rayonner le patrimoine des Juifs de Tunisie bien au-delà de leur propre communauté.

Le triomphe de la soirée du 24 juin aux Folies Bergère

Parmi les temps forts de cette jeune histoire figure incontestablement la soirée exceptionnelle organisée le 24 juin 2026 aux Folies Bergère autour de l’immense artiste Enrico Macias.

Dans une salle comble, plusieurs générations se sont retrouvées pour partager un moment de bonheur, de nostalgie et de fraternité. Dès les premières notes, Enrico Macias a su créer une atmosphère unique, faite de chaleur, d’émotion et de joie communicative.

Au fil de ses chansons, le public a chanté, applaudi, ri et parfois même laissé couler quelques larmes. L’artiste, fidèle à lui-même, a su transformer ce concert en une véritable célébration de la mémoire, de l’amitié et de l’attachement aux racines.

L’ambiance extraordinaire qui a régné tout au long de la soirée restera gravée dans les mémoires comme l’un de ces moments rares où la musique, les souvenirs et l’histoire d’une communauté se rejoignent pour ne faire qu’un.

Cette soirée a parfaitement incarné l’esprit de MEMORAH : rassembler, transmettre et faire vivre une mémoire commune dans la joie, le partage et l’émotion.

Une ambition pour les générations futures

Au-delà de la préservation des archives, MEMORAH porte un véritable projet de transmission. L’association souhaite permettre aux jeunes générations de mieux connaître l’histoire exceptionnelle des Juifs de Tunisie, leur culture, leurs traditions et leur contribution à l’histoire de la Méditerranée.

Comme aiment à le rappeler ses fondateurs :

« Une mémoire qui ne se transmet pas est une mémoire qui s’efface. Chaque document sauvé, chaque témoignage recueilli, chaque histoire retrouvée est une victoire contre l’oubli. »

En un peu plus d’une année d’existence, MEMORAH a déjà accompli un travail remarquable. Et ce n’est qu’un début. L’association entend poursuivre avec détermination cette œuvre de mémoire afin de faire du patrimoine des Juifs de Tunisie un héritage vivant, accessible à tous et transmis aux générations futures.

© Silvio Ascoli, Secrétaire et Co-fondateur de Memorah

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