Photo by Yonatan Sindel/Flash90
L’ancien ministre et proche conseiller de Binyamin Netanyahou livre son analyse des derniers développements sur la question iranienne.
Ron Dermer, ancien ministre et conseiller stratégique du Premier ministre Binyamin Netanyahou, s’est exprimé cette nuit (lundi à mardi) lors d’un gala de l’organisation Ichoud Hatzala à New York, où il a reçu le prix « Héros d’Israël ».
Évoquant l’évolution de la menace iranienne depuis le 7 octobre 2023, il a affirmé que « la capacité nucléaire militaire de l’Iran a été détruite ». Selon lui, Israël a frappé les sites de production de centrifugeuses, les installations d’enrichissement et de conversion, ainsi que des scientifiques impliqués dans le programme d’armement. Il a précisé que la capacité balistique iranienne a été repoussée « de plusieurs années », et que la dernière opération a dégradé la production de missiles « de peut-être quatre ou cinq ans », un délai qui permettrait à Israël d’améliorer ses systèmes de défense, dont un futur « Dôme de fer 2.0 ».
Sur les trois piliers de puissance de l’Iran qu’il a identifiés, à savoir son programme nucléaire, sa capacité balistique et ses proxys régionaux (Hezbollah, Hamas, Houthis), Dermer a estimé que l’ensemble a été significativement affaibli depuis le 7 octobre 2023.
Sur le mémorandum d’entente américano-iranien, Dermer a tenu à recadrer ce que le document représente réellement selon lui : « Ce n’est pas un accord nucléaire. C’est un accord pour lever les pressions économiques, ouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin au blocus. C’est tout ce qu’il fait. »
Il a indiqué que l’équipe de Trump estime que dans « deux, trois semaines » il sera plus facile d’évaluer si un véritable accord nucléaire est atteignable. Mais il a affiché un scepticisme explicite : « Comptez-moi parmi les sceptiques quant à leur capacité à conclure un accord nucléaire, car je ne vois pas l’Iran faire ces concessions. Ils ne les ont pas faites sous la pression, et je ne pense pas qu’ils les feront sous moins de pression. »
Pour Dermer, un bon accord inclurait la sortie de tout le matériel enrichi d’Iran, le démantèlement des installations d’enrichissement et l’élimination du programme pour « toute une génération ». Avant de conclure sur ce point : « Je doute que cela arrive. Respirez profondément. C’est un couloir qui pourrait mener à autre chose dans le futur. En attendant, l’Iran est bien plus faible qu’il ne l’était. »
Sur les relations israélo-américaines dont il est spécialiste, Dermer a soutenu qu’Israël sera « l’allié le plus important des États-Unis au XXIe siècle », en matière de sécurité et de technologie. Il a qualifié d’« absurde » l’idée qu’Israël ne servirait pas les intérêts américains. Dans le contexte de la compétition stratégique avec la Chine, il a avancé que les avantages d’Israël dans les domaines du cyber, de l’intelligence artificielle et des véhicules autonomes en font un partenaire stratégique de premier plan. « Les nations sont liées en fin de compte par des intérêts », a-t-il conclu. « Israël est importante pour la sécurité nationale américaine et pour la prospérité nationale américaine. »
Par Guitel Benishay
