Paris le 14 juin 2026
21:10 Yoyo bim bam flop
A l’heure qu’il est je sais que le président américain est en fait l’homme que j’observe depuis 2016. Il agit en lui-même, selon sa logique, par ses moyens, pour des objectifs clairement visibles. Son extérieur est le reflet de son intérieur. La parole formulée dans son cerveau sort de sa bouche. Il est, comme n’importe quel être humain, connaissable. Il n’y a pas de règles uniques qui expliqueraient que Donald Trump n’est pas l’homme que tu vois. S’il faut chercher à savoir comment il a fait pour usurper la présidence d’une grande démocratie je dirais que c’est surtout en se cachant derrière un écran de fumée. Un écran à mille feuilles. Que certains fidèle me jettent à la figure quand je dis ce que je vois.
De tout cela on pourrait parler un jour. Quoique, j’en ai déjà parlé et si on prenait le temps de me relire on verrait que j’ai la suite dans les idées.
Mon propos ce soir est de dire ce qui vient de se passer. Je ne reviendrais pas faire des retouches. Demain, après-demain, je poursuivrai ce texte à tête reposée. Mais ce soir je dépose une parole claire et nette.
J’avais écrit : c’est le double cross d’Israël. J’avais écrit : il ne comprend pas la différence entre changement de régime et changement de personnel à l’intérieur du même régime. En fait il ne veut pas le comprendre. J’avais écrit : il ne peut pas guider la nation dans cette guerre juste, de légitime défense, parce qu’il ne comprend pas l’enjeu. Il ne veut pas le comprendre. J’ai transmis des informations fiables sur les liaisons malsaines du président américain avec le Qatar, sans oublier le duo de vaudeville Witkoff & Kushner, eux aussi au lit avec le Qatar qui, lui, couche avec le Hamas, le Hezbollah et, ça se voit se soir, avec l’Iran. J’avais demandé pourquoi les négociations se déroulent dans des pays arabo-musulmans.
Je m’applique, jour après jour, je lis des analyses, j’écoute des commentateurs, je suis des débats avec des spécialistes invités à réfléchir sur les éventuelles provisions d’un éventuel accord avec l’Iran (= la République islamique jihadiste meurtrière, génocidaire). Le yoyo s’accélère. Un papier rédigé le jour où la redoutable machine militaire américaine frappe est publié au lendemain d’une reculade caractérisée. Ça y est, Trump a compris, on ne peut pas négocier avec les Pasdaran, il ira jusqu’au bout, ouf, je l’avais bien dit, il a compris, il ira. Paf ! Un coup de yoyo sur la gueule.
Moi-même, après avoir posé le titre « Pop-up war » en haut d’une page blanche virtuelle, j’ai suivi je ne sais combien de tours du yoyo avant de rédiger, ce soir, à la hâte- et à la fin d’une journée occupée agréablement à distance du marasme géopolitique- cette parole que je ne reprendrai point.
C’est un joker, ce Donald Trump. Et ce n’est pas amusant. Mauvais coucheur, il s’est retiré avant de conclure la guerre. Il ne va pas seulement signer un « accord » avec les forces du jihad, il va leur donner des sommes d’argent faramineuses. Comme Obama a fait. Comme Biden a fait. Et mes amis MAGA ont hurlé au scandale. Aujourd’hui c’est leur Trump qui paie le jizya, baisse la tête, se laisse humilier et jette Israël sur la place des supplices.
Un homme d’Etat agit avec droiture et transmet à son peuple le sens de l’action et les valeurs à défendre. Donald Trump entraîne les populations dans sa chute. Notre chute. J’ai une patience quasiment illimitée quand il s’agit de m’informer sur une question existentielle, mais ce soir je n’en pouvais plus d’entendre dire que Netanyahou a mal agi en lançant une missile (peut-être une drone, une bombe ?) sur quelques pièces d’un immeuble dans la banlieue sud de Beyrouth/Hezbollah. Le mal élevé ! Il casse des briques sans aucune justification, le jour de l’anniversaire de son allié américain ! Le jour où il devait fournir enfin cet accord de paix ou de quelque chose avec quelqu’un ou peut-être personne du régime iranien et enfin la paix. Certes, rien n’est accordé. Mais c’est un début. La fin de la guerre le début de la paix.
Ce premier ministre de cet Etat juif s’est mal comporté. Tout le monde veut la paix, même les pasdaran, ceux qui ont massacré quelque 40 000 civils désarmés en janvier , ceux qui promettent la destruction totale d’Israël, ceux qui déclarent qu’ils ne céderaient jamais le droit d’enrichir l’uranium à 20%, 60%, 100% et plus si possible. Pas de limites sur le programme de missiles balistiques. Pas question d’abandonner les « proxies », c’est-à-dire les bataillons étrangers. Le détroit d‘Ormuz sera à tout jamais la propriété privée du régime. Et les avoirs gelés seront libérés illico presto car sans argent pas de pourparlers.
Bref, on va passer 60 jours ou 6 mois à peaufiner l’accord, mais au moins il y aura la paix.
Disent les spécialistes. Parce que, disent-ils, le régime est aux abois. En panne sèche. Fauché comme un poète maudit. Ils doivent négocier parce qu’ils n’ont que dalle, ne peuvent pas financer leurs proxies, ne peuvent pas payer leurs fonctionnaires. Les puits vomissent du pétrole qu’ils ne peuvent pas vendre. Tu comprends, disent les experts, ils ont besoin de l’argent tout de suite. D’ailleurs, les Emirates ont déjà mis quelques millions dans le panier de quête. Voyant que le clown de la Maison Blanchâtre va bientôt plier bagage et déguerpir, ils paient la protection comme n’importe quelle entreprise face aux mafiosi.
Ce soir, les spécialistes ont expliqué que la guerre n’a servi à rien, les bombardements n’ont rien détruit de bon, on n’aurait pas dû commencer et il ne faut certainement pas poursuivre une guerre pour rien qu’on ne peut absolument pas gagner. Il n’y a que ce malpropre de Netanyahou qui veut à tout prix martyriser ce pauvre Liban. Pas content d’avoir entrainé le président puissant de la grande puissance américaine dans une guerre perdue à l’avance, il a osé saloper Beyrouth alors que Trump lui a dit de ne pas le faire. Le jour de son anniversaire. Le spectacle de MMA, l’arche en canettes de bière recyclées, le summum de vulgarité in your face, la fête d’anniversaire, du jamais vu, gâché par cet Hébreu insolent .
Non, je ne peux plus écouter, zapper n’est pas une solution.
Le mal ce n’est pas la guerre. C’est le cessez-le-feu, c’est se retirer au lieu d’aller jusqu’au bout.
Le régime islamiste n’a plus d’argent. Alors ? Cognez, idiot ! Cognez encore un peu et un peu plus et continuer jusqu’à ce qu’il crève de faim.
Mais non. Il veut faire la paix et donner des milliards aux monstres (avec peut-être un pourboire pour lui-même).
Celui qui a inventé l’ultimatum sans date boutoir est allé plus loin : il a inventé l’accord signé par un seul parti. C’est ce qu’il promet de faire aujourd’hui.
C’est la logique que j’expose année après année. Je suis spécialiste de rien. Ce n’est pas un cas de « j’ai raison ». C’est la réalité qui a raison.
23:30 – je vais voir ce qui s’est passé depuis 21:10. Je ne changerai rien de ce que j’avance ici. J’en corrigerai les maladresses, c’est tout. Trump a déjà préparé le terrain pour mettre le blâme sur le Juif si jamais l’absence de signature de l’autre parti devient trop évidente pour le cacher. Au cas, peu probable, que l’Iran riposte à la frappe dans le Dahiyeh, il dira que c’est normal. A la guerre comme à la guerre !
Donald J. Trump annonce sur son réseau Truth Social qu’il a le plaisir d’annoncer un Peace Deal entre les États Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran. Les deux partis déclarent l’arrêt immédiat et définitif des opérations militaires sur tous les fronts y compris le Liban.
L’accord officiel sera signé vendredi en Suisse.
J’avais écrit: Hang down your head and cry.
© Nidra Poller
