Tribune Juive

Monsieur le Président des Etats-Unis, Donald Trump, Shalom, shalom. Par Meïr Ben Hayoun

Un immense merci pour votre partenariat stratégique et pour avoir desserré l’étau diplomatique de votre prédécesseur sur Israël. Nous vous en sommes reconnaissants et ne l’oublierons jamais. Vous êtes le plus philosémite et le plus grand ami d’Israël à la Maison Blanche de toute l’Histoire des Etats-Unis. Vous avez amplement gagné ce titre honorifique.

Vous venez de conclure un accord avec l’Iran ? Qu’il en soit ainsi. Ça vous regarde.

Désormais, on fera le travail tout seul comme on l’a toujours fait dans notre histoire et on s’est toujours très bien débrouillé en telles circonstances depuis Abraham, la Sortie d’Egypte, Josué, Mordehay et Esther, les Maccabim. Certains diront que c’est de l’Histoire ancienne, voire de la mythologie. Or dans notre récente histoire, cette solitude d’Israel face à ses multiples et plus puissants ennemis,  c’est une réalité irréfutable et qui a bouleversé le monde entier : la Guerre d’Indépendance en 1948, la Guerre des Six Jours en 1967 et la Guerre de Kippour en 1973.

Déjà en 1948, le Président Truman déclara l’embargo sur les livraisons d’armes à destination d’Israel. L’Etat juif à peine né était attaqué de toute part par sept armées arabes. Les quelques centaines de milliers de militaires juifs américains tout fraichement démobilisés de la Seconde Guerre disposant d’une riche d’expérience du combat sur les fronts du Pacifique et d’Europe, Truman émit un décret présentiel leur interdisant de se joindre aux forces juives en Eretz Israel. Seuls quelques-uns comme le Colonel David Marcus de l’US Army immortalisé au cinéma par Kirk Douglas dans le magnifique film « l’Ombre d’un géant » ont bravé ce décret présidentiel pour porter main forte à la Résurrection de la souveraineté juive sur la terre d’Israël.

En 1956, après la Campagne du Sinai, le Président Dwight Eisenhower imposa un ultimatum au Premier ministre Ben Gourion de retirer les forces juives du Sinai et de la Bande de Gaza. En contrepartie, une garantie fut octroyée par une lettre d’engagement signée par le Secrétaire d’Etat Dean Rusk: les Etats-Unis interviendraient si les forces égyptiennes venaient à prendre des mesures offensives dans le futur.

En 1967, lorsque l’Egypte de Nasser ferma le Détroit de Tyran, fit sortir les forces de l’ONU du Sinai et y déploya ses troupes de façon menaçante, le ministre israélien des Affaires étrangères Abba Eban se précipita à Washington pour demander à ce que l’engagement pris par le Secrétaire Dean Rusk en 1956 soit honoré. Il lui fut répondu qu’on avait fouillé dans tous les tiroirs du Département d’Etat et qu’on ne trouvait pas ladite lettre. Authentique (?!) Et Israël seul dut prendre les devants.

En 1973, le Secrétaire d’Etat Henri Kissinger retarda le train aérien de livraisons d’armes afin de diluer la contre-attaque israélienne trop éclatante et pressa Israel à un cessez-le-feu sauvant ainsi de la liquidation totale le reste des armées égyptiennes et syriennes. Ceci en dépit des accords de coopération militaire entre les deux pays.

En 1982, l’Administration Reagan par le truchement de l’envoyé spécial Philip Habib imposa à Israël de ne pas en finir avec les forces terroristes de l’OLP et leur aménagea une porte de sortie vers la Tunisie. En outre, après les massacres de Sabra et Chatila par les phalanges chrétiennes libanaises, fut imposé à Israël de sortir de Beyrouth. Des troupes américaines et françaises se déployèrent dans la capitale libanaise.  Ce sont quelques 200 Marines américains et 58 parachutistes français qui périrent lors de l’attentat du Drakkar planifié par Imad Mournieh dans la ville de Beyrouth évacuée par Israël quelques mois auparavant.

Nous le peuple d’Israël avons l’Allié ultime : le Dieu d’Israël qui a créé le Ciel et la Terre et qui nous a ramenés vers la terre d’Israël déjà depuis Moise. Vous en savez quelque chose d’ailleurs depuis que votre défunt père, Fred Trump, était un ami intime du Rabbin Israel Wagner à Gravesend dans le comté de Brooklyn juste après la Seconde guerre mondiale. Si vous vous en souvenez, votre père, un grand homme d’affaires et mécène qui vous a grandement inspiré, parlait du Rabbin Wagner avec énormément de respect et de déférence en le désignant par « mon Rabbin ». Peut-être que sachant que le Dieu d’Israël est l’acteur principal derrière les coulisses, Monsieur le Président des Etats-Unis, vous vous seriez dit que poursuivre votre intervention n’était pas nécessaire pour Israël ? Que nous pouvions nous débrouiller très bien seuls ?

Nous ne sommes pas ces centaines de millions d’Européens dont les Français qui ont eu besoin que vous combattiez à leur place et sur leur sol avec le sang de centaines de milliers de GI’s pour les libérer du joug allemand. Nous ne sommes pas ces Européens que vous avez protégé de l’URSS avec vos troupes et votre rideau de missiles nucléaires déployés sur leur sol, et ce jusqu’à présent où vous constituez toujours 90% de la puissance de l’OTAN.

Effectivement l’appareil militaire américain n’est pas intervenu dans nos guerres, sauf contre l’Iran depuis l’an dernier par votre initiative que nous ne pouvons que louer et vous en rendre hommage. Pas seulement nous en Israël, mais l’Humanité toute entière dans cette guerre globale contre le djihad épouvantable avec lequel vous venez de décider de contracter un accord. On achèvera le travail tout seul.

Avec toutes nos considérations et amitiés pour vous Monsieur le Président, pour votre amicale famille et pour le peuple américain.

וְגַם נֵצַח יִשְׂרָאֵל, לֹא יְשַׁקֵּר וְלֹא יִנָּחֵם

Et l’Eternité d’Israël n’est ni trompeuse, ni versatile (Samuel I, 15, 29)

Meir Ben Hayoun, Jérusalem 

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