Tribune Juive

Mosaïque: Le Voyage organisé par Antoine Mercier et Daniel Hervouët- Voir Israël avec ses contradictions réelles, loin du récit automatique

Israël, au-delà des clichés

Le voyage touche à sa fin.
Et c’est peut-être maintenant seulement qu’il devient intéressant d’en parler.

Car Israël est sans doute l’un des pays les plus commentés au monde — et l’un des moins regardés réellement.

Pendant plusieurs jours, Antoine Mercier et Daniel Hervouët ont emmené un groupe de Français à travers un Israël que les écrans montrent mal : non pas un pays abstrait, idéologique ou fantasmé, mais un pays concret, traversé de tensions, de mémoire, de puissance technologique, de traumatismes et de vitalité.

Depuis des mois, Israël est devenu un objet de passions mondiales: objet d’adoration pour les uns, de haine obsessionnelle pour les autres, le pays semble désormais réduit à quelques slogans mécaniques, répétés à l’infini sur les plateaux, dans les manifestations ou sur les réseaux sociaux.

Mais que voit-on réellement lorsqu’on traverse Israël aujourd’hui ?

C’est à cette question qu’a tenté de répondre le voyage organisé par Antoine Mercier, fondateur de la chaîne Mosaïque, et Daniel Hervouët, ancien contrôleur général des armées et ancien officier du renseignement.

Plusieurs jours durant, conférences, rencontres de terrain, visites stratégiques et témoignages ont dessiné un autre paysage : celui d’un pays meurtri mais vivant, fracturé mais debout, inquiet mais extraordinairement mobile. Du site du festival Nova aux laboratoires du Weizmann Institute, du désert du Néguev aux ruelles de Jérusalem, une même impression revient : Israël ne ressemble jamais complètement à ce que l’on croit savoir de lui.

Et peut-être est-ce précisément cela, aujourd’hui, qu’il faut raconter.

Le plus frappant, dans les récits rapportés, n’est d’ailleurs pas seulement ce qui a été vu: c’est l’écart entre le réel observé et l’image figée qui domine souvent en Europe: Israël n’apparaît ni comme le paradis simpliste décrit par certains de ses soutiens, ni comme la caricature démoniaque présentée par ses adversaires les plus obsessionnels. Le pays semble plutôt vivre dans un état de tension permanente entre normalité et exception historique.

À Sdérot, dans le désert du Néguev, au mémorial du festival Nova, dans les centres de recherche ou les rues de Jérusalem, revient toujours cette même sensation : ici, l’Histoire n’est jamais complètement terminée.

Et peut-être est-ce précisément ce que beaucoup d’Européens peinent aujourd’hui à comprendre.


Le ciel d’Israël dans lequel nous pénétrons ce matin après une courte nuit de sommeil est partiellement et très provisoirement nuageux. À l’initiative d’Antoine Mercier, l’animateur talentueux de la web TV Mosaïque, démarre aujourd’hui un voyage sur le thème des mutations que connaît le pays depuis le 7 octobre.
Sur le tarmac, les signes d’un pays en guerre.
Une trentaine de personnes ont souhaité partager cette expérience pour tenter de saisir le sens des événements qui secouent le Moyen-Orient depuis presque trois ans. Un large spectre de sujets va être traité. Un compte rendu quotidien vous en livrera l’essentiel.


Georges Bensoussan est venu nous parler dans la chapelle de l’hôpital tenu au xIXème par les sœurs de saint Joseph de l’Annonciation. Le sujet retenu était le sionisme. Bien entendu son approche était parfaitement documentée et il a remis les faits dans leur sillon authentique.
Forme moderne du complot mondial pour les antisémites , solution territoriale obligatoire selon Pinsker.
Pour parcourir les méandres pertinent de sa pensée, je vous conseille de lire son livre récent sur le sujet.


L’après midi est consacré à l’institut Weizman des sciences. Un incubateur de recherche de très haut niveau qui s’attaque à des problématiques complexes dans des domaines variés biologie, physique quantique, génétique etc . Un petit doctorant en ébullition sur le quantique nous pose la problématique en nous laissant ko debout. Gros calibre !
Nous nous remettons en admirant le parc du campus où vivent les chercheurs en mode kibboutz. Un paradis qui pense avec une haute qualité humaine.


8 juin 2026
Le missile tiré depuis le Yémen à été intercepté. Y a-t-il vraiment une possibilité de négociation avec les nazis pasdarans. Israēl ne peut pas vivre éternellement aux abris.
Dans un miklat avec Antoine Mercier !


8 juin 2026
Nouvelle alerte à Tel Aviv. Les gens sont calmes comme de vieux soldats. Pas de pleurnicheries. Ça va passer. Derniers soubresauts d’une dictature qui veut distribuer d’ultimes coups de griffes! Am Israël Haï !


8 juin 2026
Kfar Kassem : l’objectif, ce matin est de prendre la mesure de la coexistence des Juifs et des Arabes israéliens. Un musée rappelle un passé douloureux de 1948. Un dialogue un peu dans l’impasse souligne un certain ressentiment contre les Juifs. Citation : « Vous pouvez être fiers d’être Juifs et Français, nous ne pouvons pas être fiers d’être arabe et Israéliens ! ». Je préférerais être un citoyen arabe normal dans une dictature arabe »
Kfar Kassem est prospère, les Juifs viennent y faire leurs courses. Pour le reste la question palestinienne reste source de ressentiment.


8 juin 2026
Ariel
Ville nouvelle de Samarie construite en 1982, Ariel est accessible depuis Kfar Kassem par une route 4 voies sécurisée. Cela offre une opportunité d’installation pour de nouveaux groupes d’olims (gens qui font leur alyah). Belle ville moderne comme un certain nombre d’autres qui font monter la population juive en Judée-Samarie à 500 000 alors qu’elle s’élèvait à zéro en 1967. Ce territoire, berceau du judaïsme où chaque nom de lieu figure dans la Bible, offre d’importantes opportunités d’installation et de construction non loin de Tel-Aviv et de Jérusalem.


8 JUIN 2026
Eli, Samarie au paysage semé de hautes collines au sommet desquelles sont perchés d es villages.
le Yichouv de Eli est la cadre dans lequel s’épanouit le sionisme religieux.
Lali Deray, la courageuse mère de Saadia Yaacov Derai Z’l, tombé au combat pour Israël, nous accueille. Elle évoque sur un ton particulièrement juste le poids de cette disparition et le soutien que lui apporte une vision ouverte, constructive et profonde du judaïsme.
C’est une femme rayonnante entièrement consacrée à la mission commune que s’assignent les sionistes religieux. Le yichouv qui partage ce goût du service dédié à la protection d’Israel et de la mission qu’il porte est d’ailleurs un de ceux qui ont connu un des plus lourd bilans de combattants tombés au feu.
Tandis qu’elle nous révèle les sources de son inspiration spirituelle, et qu’elle répond à nos questions, une apostrophe attendue remet sur le tapis la question des jeunes des collines.
La réponse vient toute seule, dans notre dos, sous la forme , précisément de jeunes des collines qui viennent déposer des bancs pour que nous puissions nous asseoir.
Lali Deray répond, de manière ajustée et ramène le sujet qui embrase les médias occidentaux à ce qu’il est et préfère rappeler qu’elle souhaite ardemment que les orthodoxes soient soumis aux obligations militaires comme tous les autres israéliens.
J’en profite pour rendre visite à la famille qui a fait preuve de tant d’attentions et immortaliser une magnifique famille qui donne le ton de ce qu’est le sionisme religieux.


9 juin

Nous avons rendu visite à la mehina tzavaït d’Eli. Concept très original difficile à concevoir pour des Français. C’est une espèce de système préparatoire au service militaire où les jeunes vont étudier pendant un ou deux ans les fondements du judaïsme et les textes pour en tirer les forces morales et éthiques nécessaires pour afffonter l’ennemi. C’est un mélange de préparation à la relation de commandement et de recherche de sources religieuses pertinentes.
Une mehina peut être vouée au travail social ou à d’autres secteurs d’activité. Celle-ci est à vocation militaire. De très nombreux officiers de Tsahal en sont issus et la salle d’honneur expose les portraits de ceux qui sont tombés au combat.
Les jeunes sont plutôt issus du milieu sioniste religieux. Ils font preuve d’une maturité rare et d’une dévotion profonde à l’intérêt collectif israélien.
Pour rentrer à Tel Aviv, nous quittons la Samarie via un Check point. Son but est d’éviter les entrées non justifiées. Le contrôle de la composition de la population est sécuritaire et vitale en Israël.


9 juin 2026
Objectif kibboutz Kilssoufim qui fait partie des 51 kibboutzim qui bordent la bande de Gaza. Le 7 octobre, il a été attaqué et a perdu 19 des siens. Une quarantaine de soldats ont contribué à limiter l’action des terroristes.
Les dégâts matériels ont néanmoins été importants. L’administration israélienne en charge de la reconstruction fait le nécessaire pour que la plus grande partie de la population puisse revenir s’installer. On y élève des vaches pour le lait et des poulets.
Pour ceux qui souhaitent aider les kibboutznik, je joins la carte du contact


9 juin 2026
Nous rejoignons l’emplacement de Nova lieu du massacre de 250 festivaliers.
Le colonel Eytan. nous attend, fusil d’assaut au coté. Il a le visage buriné, le regard voilé par trente trois ans de service sur tous les champs de bataille sur lesquels Israël doit défendre son existence. Mais ce sont surtout le 7 octobre 2023 et les 16 semaines qui ont suivi qui l’ont fait descendre en enfer. Son témoignage réveille de vieilles blessures et l’indicible de ces jours de folie.
Nous frôlons des portraits de martyrs. Une insulte ineffaçable à l’humanité.


9 juin 2026 Neguev
Ashalim Power Station .
Elle se situe près du village communautaire d’Ashalim, au sud de Beer Sheva (environ 35 km au sud de la ville)
C’est l’une des plus importantes installations solaires thermiques (CSP) d’Israël, avec une tour solaire emblématique, des miroirs (héliostats) et des technologies à concentration. Il y a aussi des parcs photovoltaïques (PV) à proximité dans la même zone d’Ashalim.
D’autres projets solaires existent dans le Néguev (comme près de Dimona).
Cette vision éblouissante en plein désert produit un effet magique.
Chaque unité thermo-solaire (CSP) principale (tour ou trough) : environ 121 MW.
Il y en a deux (Negev Energy + Megalim), soit 242 MW en thermo-solaire.
Avec les installations photovoltaïques (PV) sur place cela fait plus de 300 MW au total pour l’ensemble du complexe d’Ashalim.
À titre de comparaison, une centrale nucléaire à un seul réacteur produit 1 000 MW.
Encore une fois, Israël mobilise la technologie au service de sa croissance et de son rayonnement.


9 juin 2026
Sur Le promontoire de Sderot nommé Kobi Hill (ou Givat Kobi / Colline de Kobi en hébreu).
C’est le point le plus élevé de la ville de Sderot, transformé en belvédère.
Il offre une vue directe sur la bande de Gaza (notamment Beit Hanoun et le nord de Gaza), à seulement environ 1 km de la frontière.
Briefing sur les terribles failles qui ont pu être constatées le matin du 7 octobre lorsqu’une horde de terroristes a envahi la périphérie de Gaza pour aller massacrer la population civile des kibboutzim voisin.
Paradoxe criant, la population y était très favorable au partage avec celle de gaza et s’occupait souvent d’enfants ou d’adultes nécessitant des soins complexes qu’ils accompagnaient dans les hôpitaux israéliens. Ils employaient également souvent des gazaouis avec lesquels ils entretenaient les meilleures relations. Les même qui les avaient fichés afin de les inclure dans le plan de massacre élaboré par le Hamas.

Photo Dominique Lanzmann

10 juin 2026
Nous rejoignons à pied, depuis l’Hôtel, la maison de Ben Gourion à Sde Boker. Avant de visiter sa maison, Stéphane Amar, journaliste franco-Israélien nous rappelle le passé du grand homme depuis sa Pologne natale, jusqu’à Tel Aviv où il a proclamé la renaissance de l’État d’Israël.
Ce qu’il en ressort, c’est le poids de la volonté et de la combativité dans la réalisation de grands projets.
La bibliothèque seule révèle de la richesse dont la seule nature est intellectuelle. BG disposait dans cette maison de 5000 ouvrages qu’il lisait dans la langue originale par souci de fidélité à l’auteur.
Par ailleurs, en dépit de son âge, au moment où il a décidé de s’installer à Sde Boker, il participait aux travaux agricoles du kibboutz.
Un exemple d’humilité à faire pâlir les dirigeants occidentaux.
Nous achevons cette visite en parcourant ce chemin sinueux, gardé par des bouquetins en liberté, qui mène vers la tombe de Ben Gourion et de sa femme posées dans un écrin de nature.


10 juin 2026
Pour aborder un aspect original de l’économie du désert, nous nous rendons dans le domaine viticole Pinto, dans le désert du Néguev, implanté à Yehouram.
Il s’agit d’un petit domaine familial relativement récent (fondé vers 2020) spécialisé dans les vins de désert de grande qualité issus du terroir unique du Néguev. La famille Pinto, impliquée de longue date dans l’éducation, le tourisme et le développement des régions périphériques d’Israël, a lancé ce projet afin de démontrer que l’agriculture en zone désertique peut produire des produits haut de gamme.
La principale source de raisins est le vignoble familial de Yeruham (Kram Yeruham), situé à la périphérie de la ville, sur les rives du Wadi Shualim Les plantations ont débuté en 2018. Le vignoble s’étend aujourd’hui sur environ 100 à 120 dunams (10 hectares) et cultive des cépages adaptés au désert, tels que le Grenache, le Malbec, la Syrah, le Petit Syrah, le Chenin Blanc, le Chardonnay, le Viognier, et bien d’autres. L’aridité du sol, le climat extrême (journées chaudes, nuits fraîches) et les anciennes terrasses contribuent à l’élaboration de vins de qualité testés par le groupe. Le couple Pinto en est le propriétaire et dispose d’une infrastructure de qualité. L’exportation porte sur 180 000 flacons vers le continent américains et quelques pays européens.


Pendant notre voyage sur le thème des mutations d’Israël suite au 7 octobre 2023 organisé par Mosaïque, Antoine mercier, l’initiateur de ce voyage, a souhaité savoir pourquoi je défends Israël. Voilà ma réponse !
https://lnkd.in/eHjp-PZZ


11 juin 2026
La Knesset centre de la démocratie Israélienne.
La présentation commence par un commentaire sur les tapisseries de la salle Chagall qui résume l’histoire du peuple Juif.
Après un test des connaissances bibliques du groupe, nous laissons un essaim de petits enfants investir la place, tandis qu’une vague de jeunes militaires complète le tableau. La démocratie israélienne montre qu’elle est en fait le miroir des enseignements du judaïsme. L’omniprésence des enfants et des militaires en souligne la vigueur. Notre guide évoque avec émotion les combats de libération de Jérusalem et de reconquête du Kotel depuis le bunker de Levi Eshkol et Menahem Bégin dissimulé dans la Knesset.
Le lieu est grandiose dans le symbole et humble dans la forme. Caractéristiques souhaitée par les constructeurs qui ont voulu en faire la maison du peuple.


Emmanuel Navon, futur ambassadeur d’Israël au Japon rejoint notre groupe pour un point à chaud sur la diplomatie Israélienne. Prestation tout particulièrement appréciée.
https://lnkd.in/e3r6wjvH


La dernière journée du voyage en Israël du groupe mené par Antoine Mercier, animateur du groupe Mosaïque (web Tv) s’achève sur une visite rapide des quartiers chrétiens, musulmans et juif de la vieille ville de Jérusalem, un moment de recueillement au Kotel et une visite des fouilles de la cité De David avec Talia Cohen, une guide formidable.
La clôture est assurée par le Rav Cherky qui nous précise ce qu’Israël a à dire à l’humanité.
Au bilan : félicitations à l’équipe mosaïque.

Texte de Daniel Hervouët

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