Tout le monde se souvient de cette scène hallucinante, l’une des premières du film Borat.
Une immense marionnette, caricature grotesque d’un Juif, version Carnaval d’Alost, est promenée à travers une foule en délire qui éructe insultes et imprécations sur son passage.
La fiction n’a rien inventé. Elle s’est contentée de copier la réalité.
Mon père, enfant dans un village des Carpates, assistait à Pâques aux processions des non-Juifs. En tête du cortège, le pope, icône à la main et haine au ventre, hurlait à pleins poumons :
« Їдьте в Палестину ! » — « Juifs, partez en Palestine ! »
Nous étions dans les années trente. Bien avant la Shoah. Bien avant 1948. Bien avant Gaza.
Près d’un siècle plus tard, voilà que résonnent d’autres cortèges, avec parfois les mêmes obsessions et les mêmes injonctions.
Alors je me dis qu’il faudrait peut-être que les antisémites se mettent d’accord.
On part ? On reste ? On disparaît ?
Car enfin, depuis des générations, ils semblent hésiter sur la destination finale.
On dit que l’histoire bégaie.
Pour ma part, j’ai parfois l’impression qu’elle radote.
© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
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— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
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