Tribune Juive

La jonction des névroses. Par Meïr Ben-Hayoun

Sur sa chaine youtube « Mosaïque« , Antoine Mercier nous a habitués à des débats et interviews approfondis ces deux dernières années. Avec d’autres chaines comme « Perditions idéologiques » ou « Tandem TV« , le choix des sujets et des intervenants a comblé un vide dans l’univers médiatique judéo-francophone. On ne peut que rendre hommage à leurs initiateurs dont Antoine.

Alors que le dernier débat de Mosaïque sur le thème « Israel/Diaspora, vers la rupture ? » était censé opposer Alain Finkielkraut et Sarah Fainberg, il s’est avéré que ces deux intervenants ont énormément en commun outre leurs études à l’Ecole Normale supérieure.

Au préalable, si Antoine Mercier nous permet une critique qui se veut constructive, pourquoi avoir sollicité Alain Finkielkraut qui ne souffre pas de sous-exposition médiatique et dont on sait d’avance les diatribes qu’il allait nous rabâcher. Après l’édifiant débat entre lui et Pierre Lurçat, quel intérêt ?

On savait au mot près ce que Fink allait sortir notamment à l’encontre du Gouvernement d’Israel et de ses ministres. On s’attendait à ce que Sarah Fainberg lui oppose une vision plus sereine, plus unificatrice, partagée par la majorité en Israel, or cette dernière lui a emboité le pas et a fait de la surenchère.  Elle a poussé encore plus loin que Fink l’obsession pathologique à l’encontre de la personne du ministre Itamar Ben Gvir, comme si cela était le thème du débat. Sarah Fainberg reléguant un des partis de la coalition à un « fascisme juif », « suprémacisme », « histrionisme pré-électoral », « dysfonctionnement du système électoral israélien » comme si les élections ne reflétaient pas le spectre des opinions en Israel.

Elle a relégué Ben Gvir à un « clown politique ». Là, on a eu droit à la totale : une caricature de débat qui part en vrille.

Ou alors: « Ben Gvir altère l’âme d’Israël ». On se demande bien comment quelqu’un pourrait « altérer l’âme d’Israel ». C’est plutôt l’âme de Sarah Fainberg qui s’est auto-altérée en prononçant cette formule pompeuse destinée à embrouiller les esprits autant que le sien.

Elle nous a évoqué en pleine extase la « mission universelle d’Israel ». Effectivement, se confiner dans la médisance pathologique à l’encontre d’un des membres du cabinet restreint de la défense en temps de guerre, cela participe au « message moral universel d’Israel ». D’autant plus qu’Itamar Ben Gvir est le seul ministre du Gouvernement à avoir eu la vigilance d’appeler à reprendre les éliminations ciblées contre les chefs du Hamas déjà en mai 2023, donc bien avant le 07/10. Ceci alors que tous les experts militaires le qualifiaient « d’irresponsable ». On a vu qui était irresponsable. Presque trois ans après, cela échappe toujours à bien des « experts militaires » dont Sarah Fainberg et qui, a posteriori nous font de grandiloquents exposés sur la défense nationale alors qu’en temps réel, ils étaient aveuglés par leur arrogance.

On ne peut pas citer toutes les formules injurieuses et méprisantes lancées en rafales par Sarah Fainberg. Elle est partie en vrille la Sarah et on ne pouvait plus l’arrêter. Si bien qu’après avoir affirmé « Ben Gvir est un histrion, une scorie du tableau israélien [….] », à peu près à 22 minutes et 30 secondes, on constate que la vidéo a été coupée et qu’Antoine Mercier tente de recadrer le débat. Il a dû retirer le torrent de paroles probablement encore plus « élogieuses » pour notre famille politique.  

Fink écoutait Sarah Fainberg en buvant du petit lait. Pour étayer ses propos, Sarah a cité Eva Illouz (de surcroit dans un entretien avec Delphine Horvilleur).  Oui la Eva Illouz, la « grande intellectuelle » qui en 2021 lors des émeutes arabes à Lod et dans le secteur arabe avait participé au dépôt d’une plainte au CPI pour « d’éventuels crimes de guerre commis par Israel.« 

La coïncidence grondante est que ce débat a été diffusé juste pour la semaine du Shabbat de la parasha « Shelah » relatant la faute suprême de toute la Torah, celle des explorateurs envoyés par Moshé et qui reviennent en diffamant la terre d’Israel.  Faute si grave pour laquelle il n’y a pas d’expiation tel que nous mettent en garde tous les Sages d’Israel. Dans une telle concomitance, Alain Finkielkraut brocarde avec mépris ceux pour qui « la Bible est un cadastre ». Alors qu’elle se prévaut de la Tradition d’Israel, Sarah la pieuse entérine sans vergogne cette mise au ban des « messianistes » et confirme: « le texte biblique n’est pas un cadastre ».

Pire falsification, faut le faire ! Ne mentionnons que le pacte d’Abraham, ברית בן הבתרים, qui porte justement sur la Promesse des frontières d’Eretz Israel, Genèse, Chapitre XV:  » Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Abram un pacte, en disant : « J’ai octroyé à ta race ce territoire, depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate :  le Kénéen, le Kenizzéen, le Kadmonéen; le Héthéen, le Phérézéen, les Rephaim; l’Amorréen, le Cananéen, le Ghirgachéen et le Jébuséeen. » Si Sarah se prétend « hébreue », elle a de commun avec les Explorateurs de l’épisode biblique susmentionné d’avoir diffamé la terre d’Israel et ceux qui luttent pour elle en se rangeant sur la formule du cadastre de Fink.

Ne voulant donner sa part au chien, Fink s’est agité en voulant assigner Israel à un strict laïcisme. Et la Sarah dans une posture exaltée proclamant, qu’elle parle « pour les soldats d’Israel ». Quelle humilité ?! Même des anciens combattants de Tsahal, d’anciens officiers supérieurs et des historiens militaires de renom qui ont combattu lors des guerres d’Israel n’ont pas cette prétention de « parler au nom des soldats d’Israel ». Le comble, Sarah est chercheuse à l’INSS (Institute for National Security Studies) à l’université de Tel Aviv, le fief de la fameuse concepsia qui a aveuglé ceux qui étaient censés analyser et prévenir la catastrophe (???!!!!). Quel sens de l’humour !

On a assisté ici à la jonction de deux névroses, de deux narcissismes et de deux mégalomanies. On a constaté que Sarah a les mêmes obsessions que Fink, la même approche, les mêmes postures nombrilistes, et surtout la même structure mentale.  

Miséricorde pour Antoine Mercier pourtant si effacé et si discret qui laisse ses invités s’exprimer sans les interrompre. Si on fait bien attention à ses expressions de visage, Antoine semblait désappointé par la tournure de ce débat qui a dégénéré.

© Meir Ben-Hayoun, Jérusalem

Représentant francophone du Parti Otzma yehoudit

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