Tribune Juive

Liban : la France s’indigne d’Israël, mais reste muette face au Hezbollah.  Par Stéphane Goldin

Alors qu’Israël et le Liban tenaient une quatrième session de négociations sous l’égide des États-Unis, Paris jouait un autre rôle. Depuis l’Assemblée nationale, le Premier ministre français, S. Lecornu, probablement frustré de ne pas être invité autour de ces négociations, en qualifiant la présence de l’armée israélienne au sud du Liban d’”occupation illégale”, a une nouvelle fois choisi d’accuser Israël, occultant l’origine même du conflit et déformant la réalité d’une guerre qu’Israël n’a ni voulue ni déclenchée face à l’agression du Hezbollah.

Depuis plus de deux ans et demi, les habitants du nord d’Israël vivent sous la menace permanente des tirs de l’organisation chiite ou plus de 19 000 projectiles ont été tirés. 

Quel État au monde accepterait une telle situation sans réagir ?

Paris semble découvrir le droit international lorsqu’il s’agit de condamner Israël, mais l’oublie soigneusement lorsqu’il s’agit de rappeler que l’article 51 de la Charte des Nations unies garantit à tout État le droit à la légitime défense. 

Ce principe vaut-il pour tous les pays du monde, sauf pour Israël ?

L’intervention du Premier ministre a également révélé une hiérarchie des préoccupations difficilement acceptable. Il a insisté sur la sécurité des ressortissants français présents dans la région. Très bien. Mais qu’en est-il de la sécurité des citoyens israéliens ? Leur vie aurait-elle moins de valeur ? 

Leur protection serait-elle moins légitime ?

L’incohérence ou/et l’hypocrisie française atteint son paroxysme lorsque Paris affirme vouloir le désarmement du Hezbollah tout en condamnant les opérations qui visent précisément à réduire ses capacités militaires. 

Depuis des années, la France multiplie les déclarations de principe. Mais quelles mesures concrètes a-t-elle prises pour empêcher le Hezbollah de transformer le Liban en base avancée de l’Iran ? 

La réponse est simple : aucune.

La France fait beaucoup de déclarations mais concrètement ne fait rien. 

Paris parle du désarmement du Hezbollah mais n’a jamais été capable de proposer la moindre stratégie crédible pour y parvenir.

D’ailleurs les libanais sont loin d’être dupes et savent que leur salut ne passera pas par Paris. 

Les propos Mr Lecornu révèlent finalement une réalité plus profonde. 

L’effacement progressif de la France sur la scène internationale. Faute de pouvoir agir, elle commente. Faute d’influence, elle condamne. Faute de courage politique, elle préfère s’en prendre à ceux qui combattent une menace que la communauté internationale refuse d’affronter.

La France peut condamner Israël autant qu’elle le souhaite. 

Cela ne changera pas une réalité fondamentale. Le problème au Liban n’est pas Israël, il s’appelle Hezbollah. Et tant que Paris refusera de le reconnaître clairement, ses prises de position ne seront ni entendues à Jérusalem, ni respectées à Beyrouth.

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