
Une affiche placardée dans les rues de Marseille appelle à un rassemblement contre Joann Sfar, attendu à La Criée… À Grenoble, les militants locaux de LFI demandent l’annulation de la venue de Barbara Butch…
La mobilisation contre les artistes juifs devient systématique, surtout quand ils s’engagent dans la lutte contre l’antisémitisme.
Et qu’importe si Joann Sfar milite pour la paix, refusant de confondre le peuple palestinien avec les organisations terroristes qui l’ont conduit au désastre.
Nos prétendus « intersectionnels » ne sont nullement gêné de viser Barbara Butch, déjà victime d’un harcèlement d’extrême droite, misogyne et lesbophobe. Elle a commis le crime de soutenir le projet de loi contre l’antisémitisme présenté par Caroline Yadan.
Les artistes et les écrivains sont sommés de suivre, en tous points, la doxa de l’extrême-gauche. Gilles Lelouche, pour avoir incarné Jean Moulin, se voit sommé de répondre à une question sur Jean-Luc Mélenchon. Il refuse, on le traine dans la boue.
Ces campagnes de haine interviennent sur fond de malaise dans la culture. Nous voici entre les deux mâchoires d’un même piège. D’un côté les financiers dominants de l’audiovisuel et de l’édition cherchent à imposer le retour à l’ordre. De l’autre, on tire à vue sur tout artiste qui s’écarte de la ligne, on le condamne à la mort publique quand il est suspect de sionisme.
Nous sommes en 1950, entre Maccarthy et Staline. Sauf, que la scène, cette fois, se passe en France.
© Guy Konopnicki
