Donc, dites à Monsieur IFOP ce que vous mangez, il vous dira ce que vous votez : c’est un des enseignements qu’on peut tirer de l’analyse très fine des résultats des municipales à Paris que l’institut de sondage a réalisée pour la fondation Jean Jaurès. D’où il ressort que les bobos sont bio, ce qui n’étonnera personne, et que l’électeur de Sarah Knafo mange casher ! Ce qui peut-être n’étonnera personne non plus.
On se demandait, à Tribune juive, si l’électorat juif, d’abord, existait, et ensuite, si oui, s’il était en train, ou non, de migrer, comme le reste de l’électorat français, à droite, voire au-delà ? Autrement dit, si le mur juif anti-RN tient toujours, en mémoire du FN et du passé que ce seul nom évoquait, ou bien s’il est en train de se fissurer ? Ce n’est pas que la réponse ait une importance cardinale pour les futures batailles électorales : quelle que soit son orientation, le vote juif – car il existe forcément puisqu’il existe des Juifs – pèse hélas peanut. Hélas, car s’il pesait lourd, il serait courtisé au lieu d’être (au mieux) ignoré. Combien de divisions ? Un demi-million maxi, en comptant les bébés et en comptant toutes – mais vraiment toutes – les définitions possibles et imaginables de l’être juif : la religieuse, l’agnostique, la déclarative, l’intermittente (une fois par an, à Kippour), la sioniste, l’antisioniste, la honteuse, la pas honteuse, etc. Rien en comparaison des sept ou huit millions de musulmans en général fiers de l’être et en état de voter en France, aujourd’hui ou demain. On comprend que Mélenchon, comme Staline à qui on attribue la réplique à propos du Vatican, ait vite fait son choix.
La réponse n’a donc aucune importance, sauf pour nous : nous voulions savoir. Savoir pour savoir, rien de plus. On s’est donc adressé à M. IFOP, en l’occurrence l’excellent directeur des études François Kraus, qui nous a répondu en substance : trop petits mes amis ! Pour fabriquer un bon échantillon réputé représentatif, il faut un vaste bassin de population. Comme les musulmans, par exemple. Ou alors on pourrait, mais ce serait très cher. Et nous nous étions résignés à ne pas savoir.
Jusqu’à cette petite fenêtre ouverte grâce aux magasins casher de la capitale. L’étude nous apprend en effet que : « à l’instar de ce que l’on avait observé pour Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022, parallèlement à ce déterminant sociologique nourrissant un vote important dans les beaux quartiers, la candidate a manifestement actionné un autre ressort de nature plus communautaire. Dans le XVIe arrondissement par exemple, on constate en effet un survote en faveur de Sarah Knafo dans les quartiers où la densité de commerces casher est la plus forte et qui se situent dans le quadrilatère Arc de Triomphe/Trocadéro/La Muette/Porte Dauphine, comme le montre la carte ci-dessous. » Moyennant ce « survote » casher, autour de 20%, la candidate Reconquête ! a réussi le tour de force d’accéder au second tour, avant de se retirer volontairement : donc, il existe bien un vote casher. À droite. Preuve que ça bouge.
Qui l’eut cru ?
© Julien Brünn
Journaliste. Ancien correspondant de TF1 en Israël
Dernier ouvrage paru :
L’origine démocratique des génocides. Peuples génocidaires, élites suicidaires. L’harmattan. 2024
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