
Aroutz Tov — 24 mai 2026
QUI EST EDY COHEN ?
Le Dr. Edy Cohen est historien, chercheur et journaliste israélien d’origine libanaise, né à Beyrouth en 1972 dans une famille juive. Après l’assassinat de son père en 1985, sa famille fuit le Liban pour Israël. Arabophone natif, il est docteur en histoire du Moyen-Orient de l’Université Bar-Ilan (2012), chercheur au Begin-Sadat Center for Strategic Studies, et auteur notamment de La Shoah aux yeux de Mahmoud Abbas (2017) et du Mufti et les Juifs. Commentateur régulier sur les réseaux arabophones, il est l’une des voix israéliennes les plus suivies dans le monde arabe. Il intervient ici sur la chaîne Aroutz Tov.
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a publié des images de militants pro-convoi vers Gaza, arrêtés la veille : mains liées, agenouillés, têtes baissées, certains conduits de force. La publication a déclenché une tempête internationale et nationale. Était-elle justifiée ? Le Dr. Edy Cohen répond sans détour.
(Ouverture de l’émission)
— Bonjour chers téléspectateurs. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, accompagné du commissaire de police Danny Levy et du directeur du service pénitentiaire Kobi Yacobi, s’est rendu aujourd’hui, le 20 mai 2026, au port. Il a publié des images de militants pro-convoi vers Gaza, arrêtés la veille : mains liées, agenouillés jusqu’aux genoux, têtes baissées, certains conduits de force. « Am Yisraël Haï, honte au militant arrêté » — et la publication a provoqué, comme prévu, une tempête internationale, mais aussi nationale. Était-elle justifiée ? Nous avons voulu l’examiner avec le plus grand expert en propagande de l’État d’Israël, maître de la guerre cognitive dans les pays arabes : notre cher et bien-aimé docteur Edy Cohen. Bonjour Edy.
Dr. Edy Cohen : Merci pour les compliments. Continue.
— C’est tout à fait mérité. Je me trompe ?
Dr. Edy Cohen : Non, tu as raison. Je suis effectivement un expert en propagande.
— Tu es le seul qui comprend vraiment la propagande en Israël.
Dr. Edy Cohen : C’est exact.
(Le présentateur invite l’audience à rejoindre le groupe WhatsApp et la chaîne YouTube — il demande un like)
— Alors Edy, qu’est-ce que tu dis — Ben Gvir a tout sabordé, comme tout le monde le dit, en cassant la baraque ?
Dr. Edy Cohen : Non, absolument pas. Je vais vous donner le contexte. Chaque année, parfois deux fois par an, depuis plus de quinze ans, nous avons ce convoi. Et que se passe-t-il chaque année ? Nous les interceptons, on leur offre café et sandwichs, on les met dans un avion, et — ce qui est encore plus agaçant — on leur rend leurs bateaux. On les traite avec toute la courtoisie du monde.
— C’est quoi « courtoisement » ?
Dr. Edy Cohen : Chaque année on recommence la même chose, et il n’y a aucune dissuasion. Zéro dissuasion. Je te le dis : si quelque chose ne fonctionne pas pendant un an, deux ans, trois, quatre, cinq, dix ans — tu continues à faire exactement la même chose ? Qui a dit que c’était la définition de la folie ? Einstein ? Il faut activer, d’abord la tête, et ensuite la force.
Dr. Edy Cohen : Premièrement : ne pas leur rendre leurs bateaux. Je ne comprends pas qui prend la décision absurde de les leur rendre. On n’a pas quoi faire de ces bateaux ? C’est la première chose. Deuxièmement — je te pose une question : qu’est-ce qu’aurait fait Erdogan si quelqu’un était entré illégalement en Turquie, par mer, par terre, ou par air ?
— Ils n’auraient pas revu la lumière du jour pendant un an au moins ?
Dr. Edy Cohen : Je connais les faits, l’histoire. Des Kurdes ont fui, des Syriens ont fui la Syrie, à pied — ils leur ont tiré dessus avant même qu’ils s’approchent. Des mères avec leurs enfants. Ils leur ont tiré dessus. Maintenant, on va me dire : « Edy, tu veux qu’on ressemble à la Turquie. » On va dire ça. Messieurs, nous fonctionnons selon d’autres règles. Je ne dis pas qu’il faut leur tirer dessus. Pas du tout. Mais il faut les traiter comme il se doit — comme des terroristes, des soutiens du terrorisme, ou au minimum comme des individus qui pénètrent dans notre territoire avec l’intention délibérée de nuire à la sécurité de l’État, de manière illégale.
Dr. Edy Cohen : Ne pas leur donner de sandwichs. Ne pas les chouchouter. D’abord, ils paient. Deuxièmement, on confisque les bateaux. Troisièmement, on les traite comme des criminels — parce qu’ils ont commis un acte illégal. Ce que Ben Gvir a fait — d’abord, je dois dire que je suis en colère : il aurait dû faire ça depuis longtemps. Depuis bien longtemps il aurait fallu les traiter ainsi.
Dr. Edy Cohen : Et maintenant, vous avez vu qui arrive ? Des parlementaires, des femmes — ils sentent qu’on les craint, qu’on a peur d’eux. Alors ils continuent à venir. S’il y a une dissuasion, ils vont se dire : « Les Israéliens nous ont fait ça et ça » — et ça va les dissuader. Ils vont moins venir. Parce qu’on les a traités comme il le fallait.
Dr. Edy Cohen : Et l’attaque contre Ben Gvir ? C’est tout simplement du délire. Du délire, que ça vienne du ministère des Affaires étrangères ou d’ailleurs. Du délire total. Ceux qui l’attaquent, ce ne sont que les progressistes. Ceux qui ont en eux un deep state de gauche — peu importe qui c’est.
— Mais pourquoi l’image de Ben Gvir est-elle si problématique, Edy ?
Dr. Edy Cohen : Ça vient de l’intérieur, de chez nous. Tu as vu ce que le ministre des Affaires étrangères lui a écrit ? Si le ministre des Affaires étrangères d’Israël l’attaque sur Twitter, devant tout le monde — pourquoi ? Parle-lui directement. Dis-lui pourquoi. Pourquoi cette guerre entre Juifs ? Pourquoi faire ça en public ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? C’est intelligent ? Non. C’est dommage. Et tu sais quel est le rêve de nos ennemis ? Que nous nous disputions entre nous. Et voilà — on leur offre ce vœu sur un plateau. C’est leur rêve. Pourquoi faire ça ?
Dr. Edy Cohen : Il a raison, il aurait fallu faire ça depuis longtemps. C’est dommage que le ministre des Affaires étrangères ait écrit ces mots — comme si on vivait dans… je ne sais même pas quoi te dire. Ce n’est pas bien.
— Ce que tu dis, c’est que Ben Gvir est le seul qui fait les choses correctement, dans beaucoup de domaines. Pas de manière sectorielle ou partisane — objectivement, il travaille bien.
Dr. Edy Cohen : Je suis d’accord. Il travaille bien. Même excellemment. Je suis d’accord avec toi sur ce point aussi. Ce que Ben Gvir a fait, il aurait fallu le faire depuis longtemps. Et moi, j’aurais fait encore plus — mais bon…
— Et les bateaux, tu confirmes qu’on les leur rend ?
Dr. Edy Cohen : Oui. Et j’ai compris qu’il y a un vrai problème avec ça, parce que l’entretien de ces bateaux coûte une fortune. Alors on les vend ! Si tu dois de l’argent et que l’huissier saisit tous tes biens pour les vendre aux enchères — on vend, on récupère un peu d’argent. Et tu sais quoi ? On les détruit. On les fait sauter. Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est comme dit le proverbe chrétien : quelqu’un te donne une gifle, tu lui tends l’autre joue. Et chaque année, deux fois par an, ils reviennent. Parce qu’ils ne perdent rien. Qu’est-ce qu’ils perdent, si on leur rend les bateaux ? Rien. Et ça rend fou.
— Et cette mentalité qu’on a ici — une mentalité de dhimmis. On se comporte comme des sujets soumis face à nos voisins. On peut devenir fou. Mais quand ça déborde vraiment, on va à Gaza et on rase tout. Il n’y a pas de milieu ?
Dr. Edy Cohen : Regarde — c’est le DNA du ministère des Affaires étrangères. C’est le DNA. Jusqu’il y a quelques années, ils écrivaient dans leurs documents officiels « Cisjordanie ». Ce n’est pas moi qui l’invente, ce sont des faits. Tu le sais. Sans équivoque.
— Et si on fait un sondage aujourd’hui en Israël — « Ben Gvir a-t-il raison ? » — qu’est-ce qu’on obtiendrait ?
Dr. Edy Cohen : Raison. Et comment qu’il a raison. C’est ça qu’il faut faire. Regardez où la méthode européenne a conduit les Européens. Tu as vu les parlementaires de bronze britanniques ? Voilà. Des islamistes. Tu dois protéger la dignité nationale de ton pays. Les gens qui viennent illégalement, tu n’as pas à leur sourire et à leur offrir des sandwichs. Au contraire : il faut les rabaisser. C’est ce qu’il a fait, c’est ce qu’il faut faire. Je le répète : je ne dis pas qu’il faut leur tirer dessus ou les blesser. Mais les humilier, clairement. Et faire sauter les bateaux, clairement. Ne pas les rendre du tout. Et tu verras qu’ils ne viendront plus. Ils seront dissuadés.
Dr. Edy Cohen : En ces derniers mois, en ces dernières années — les Palestiniens ne veulent plus aller en prison ici. Tu vois comment ça fonctionne ? Parce qu’avant, il y a cinq ans, tu sortais de prison avec un diplôme. Tu sortais avec une licence, une maîtrise ou un doctorat. Tu sortais gros, bien nourri. Non. La prison doit faire souffrir. Sans équivoque.
(Conclusion de l’émission)
Présentateur : Dr. Edy Cohen — plaise à Dieu qu’il y en ait beaucoup comme toi dans ce pays. Et comme Ben Gvir aussi. Pourquoi pas ? Nous avons besoin de politiciens comme Ben Gvir, comme Tali Gotliv, comme Moshe Sa’ada — forts, que personne ne peut atteindre, forts et qui savent ce qu’ils font.
Dr. Edy Cohen : Sans équivoque.
© David Germon
David Germon est agent immobilier indépendant établi en Israël depuis 1995, spécialisé dans les marchés de Jérusalem, Tel Aviv, Bat Yam et Herzliya. Contact : germonrealestate@gmail.com / WhatsApp 052-380-2860.
