
Hier, Ben Gvir, Itamar de son prénom, ministre de l’Intérieur israélien m’a fait rougir de plaisir.
Hier donc, une croisière de 435 passagers faisaient route vers les plages de Gaza connues du monde touristique pour leur calme, les soins apportés à l’environnement, l’amabilité des commerçants, le zèle des vigiles veillant à la tranquillité des baigneurs, mais s’est vue interdire l’accès du lieu.
Pour quelle raison, quelle aberration des sens? Je vous le donne en mille!
Les gardiens très efficaces des bonnes moeurs ont remarqué que les tenues de bain n’étaient pas conformes à la morale. Certains portaient des gilets pare balles, d’autres de longues robes noires, genre abayya qui pouvaient cacher des objets dangereux pour leurs porteurs, et qui, après, seraient responsables en cas d’accidents ? Ceux qui les auraient laissés débarqués, visage et cheveux couverts, empêchant toute reconnaissance, mais surtout, contre la règle la plus élémentaire de la pudeur : femmes et hommes naviguaient de concert, s’échangeant des bouteilles de spiritueux, des sachets de poudre blanche sans indication portée.
Vous connaissez Itamar Ben Gvir, son sang n’a fait qu’un tour, il est peut-être ministre de l’Intérieur, mais justement il doit veiller au tourisme fructueux pour son pays, et il leur a demandé poliment de débarquer devant le très bel hôtel choisi par les croisiéristes, de bien vouloir mettre les mains dans le dos après qu’ils les aient salués et débarrassés de leurs bagages, pour les prier ensuite de bien vouloir se tourner vers l’Est, là ou se trouve la Mecque, et de s’agenouiller pour prier, de façon à bénir la terre sur laquelle ils posaient le pied comme les 1400 voyageurs qui les avaient précédés.
Mais vous savez ce que sont les gens en vacances, particulièrement ceux qui participent à des croisières de luxe, ils veulent avant tout être traités selon leur statut de personnes importantes, pour ça, ils ne choisissent pas les croisières du Ponant réputées parfois pour le laisser aller de la nourriture, pas davantage que celles du Club méditerrané, un peu mélangée, non, ils ont leur croisiéristes attitrés offerts par leurs employeurs de façons a garder la cohésion entre employés d’une même branche, même quand ils s’amusent. C’est même à ça qu’ont les reconnait par leurs identiques façons de rire et de partager les bonnes choses.
Que s’est-il passé ensuite car j’ai pu voir qu’une certaine animation régnait à un moment parmi les vacanciers, mais qu’elle s’est vite calmée grâce aux croisiéristes qui leur ont expliqué que c’était à chaque fois la même chose, mais que tout s’arrangeait dans les minutes suivantes, le temps de prendre ses marques. Rien que chacun n’ait connu au moment des vacances. Un film d’auteur qui a eu beaucoup de succès, Camping, et très regardé par les cinéphiles. Chaque voyage de luxe, ou pas, connait parfois un peu de désordre au moment de récupérer ses affaires, choisir sa chambre, faire connaissance avec les GO.
Mais que s’est-t-il encore passé quand tout le monde a été casé ?
Je continue de regarder le documentaire, riant avec les vacanciers, et je vois, effarée, s’inscrire sur l’écran le visage crispé de notre ministre des A.E. Barrot, tourné vers l’intérieur, que l’on a dû comme avant chaque apparition médiatique, dégagé du Pal où on l’a posé, ensuite, le visage plus grimaçant du 1er ministre canadien, Mark Karney, puis celui de Michelle O’Neil, 1ere ministre d’Irlande du Nord, suivi de celui impavide, de Rob Jetten, 1er ministre des pays Bas, et enfin celui quand même un peu puisé du 1er ministre espagnol, Sanchez, car à ne jamais pouvoir s’assoir il doit avoir les jambes fatiguées.
Ils ont semblé se plaindre, un peu, de la façon dont leurs compatriotes avaient été dispatchés dans leurs chambres. Rien de grave, mais je me suis dit que c’était réconfortant que nos responsables européens se soucient des loisirs des leurs. Il n’ y’ a déjà pas tant d’endroits actuellement dans le monde pour se reposer et se ressourcer. Mais Gaza et son ambiance a toujours attiré du monde. Alors merci, et je suis sincère, au ministre Ben Gvir, parfois décrié, de s’être préoccupé du bien être de ces vacanciers qui apportent tant de joies à leurs hôtes.
Je n’aurais pas fait mieux ni autrement à sa place.
© Maud Tabachnik
