Tribune Juive

Ben Gvir et la flottille : victoire ou défaite ? Par Julien Brünn

C’est une histoire de coups de com, une guerre des images dans laquelle il faut éviter de tomber. Celui qui s’approche trop de ces combattants aussi répugnants les uns que les autres, prend le risque de s’y brûler : ce sera la victoire des uns ou des autres, ou plutôt des deux. Et la défaite de celui qui s’y brûle.

L’objectif de ces flottilles à répétition est connu : accabler Israël aux yeux du monde, par le retentissement que provoquera fatalement l’abordage des bateaux et l’arrestation des militants, qu’ils savent inévitable et qu’ils espèrent. Leur arrestation, quelle que soit sa forme, un peu brutale ou douce, peu leur importe (ils préfèrent la brutale, ils ont été servis) suffira à hurler au fascisme. Et alors le coup de com aura fonctionné : faire d’Israël, la victime initiale, le bourreau. Toujours et partout.

Et cette fois-ci, ils ont trouvé en la personne de Ben Gvir un allié de poids. Que visait sa mise en scène volontairement humiliante des militants pro-Hamas (sous le couvert d’être seulement pro-Palestine) ? Certainement pas à dissuader de nouvelles flottilles de prendre la mer, dans le futur, pour à nouveau partir à l’attaque (en images) d’Israël. Le monde entier sait, et les militants en premier savent, qu’Israël ne tirera pas. Du moins tant qu’un Ben Gvir n’aura pas tous les pouvoirs.

Par son coup de com au retentissement international mais à vocation intérieure, Ben Gvir aura montré qu’il est incontournable. Incontournable, il l’était déjà arithmétiquement pour le gouvernement Netanyahu, mais à la marge. Des élections législatives approchent et Ben Gvir essaie de se placer non plus à la marge, mais au centre du jeu.

Pour l’instant, c’est l’honneur de Netanyahu d’avoir exprimé sa réprobation. Mais désormais, nous entrons dans l’aire de la tactique électorale. Toujours extrêmement délicate en Israël. Le mieux, c’est peut-être d’attendre la suite. En silence. Car Israël est toujours en guerre. La vraie, et celle de la com.

© Julien Brünn

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