
Le 14 mai 2026, pendant le Festival de Cannes, sera projeté SABABA – Les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui, réalisé par Shevaaya.
Ce film porte quelque chose de particulier. Une vibration intime. Comme si cette œuvre racontait davantage qu’un récit : une traversée humaine née dans l’ombre du 7 octobre.
À l’origine, il y a cette période étrange qui suivit le massacre du 7 octobre 2023. Des mois suspendus entre sidération, inquiétude, colère et fatigue morale. Puis le 13 octobre 2025, les derniers otages vivants furent libérés.
Et soudain surgit cette question que beaucoup redoutaient presque :
— Et maintenant ?
Question terrible d’ailleurs. Parce qu’elle oblige à recommencer à vivre alors qu’on s’était habitué à survivre.
C’est dans cet espace fragile qu’est née SABABA MEDIAS : une initiative citoyenne réunissant des femmes et des hommes venus d’horizons différents mais animés par une même volonté de transmission, de culture et de présence humaine après les fractures du 7 octobre.
Pas une structure froide pensée dans un bureau de communication. Mais une aventure collective, vivante, parfois chaotique, souvent inspirée. Une manière de continuer à faire circuler des voix, de la mémoire, de la musique, de l’humour et un peu de chaleur humaine dans une époque qui en manque cruellement.
Ils n’avaient ni moyens considérables ni stratégie parfaite. Seulement cette intuition obstinée : continuer.
Et quelques mois plus tard, Cannes.
Une salle obscure.
Une lumière qui s’allume.
Et cette aventure improbable devient un film.
SABABA – Les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui raconte précisément cela : cette capacité presque mystérieuse qu’ont certains êtres humains à produire encore de la beauté, de la transmission et même de la drôlerie au milieu des fractures.
Avec SABABA, il semble s’être créé davantage qu’un média ou un film : une maison vivante où se rencontrent artistes, chroniqueurs, musiciens, rêveurs et survivants du vacarme contemporain.
On ignore encore comment tout ce petit monde parvient à cohabiter sans provoquer au minimum trois débats existentiels, deux engueulades sur Israël et une crise autour de la quantité d’ail dans la shakshuka, mais c’est probablement cela qu’on appelle une aventure humaine.
Au cœur du film apparaît alors Paul Germon.
Oui, Paul Germon lui-même — ce qui donne à cet article une légère tonalité nord-coréenne puisque son auteur y parle longuement de lui-même avant de signer en bas avec émotion.
Il faut reconnaître que peu d’hommes réussissent à transformer leur propre participation à un documentaire collectif en quasi fresque autobiographique. Mais avec un peu d’application, de guitare et plusieurs décennies d’expérience méditerranéenne, tout devient possible.
Mais après tout, à son âge, on ne sait plus très bien si cela relève du narcissisme, de la mémoire familiale ou d’un abonnement excessif aux autobiographies de Chateaubriand.
Chroniqueur fidèle de SABABA, guitariste philosophe et patriarche élégamment incontrôlable, Paul traverse le récit avec cette ironie tendre des hommes qui ont suffisamment vécu pour savoir qu’il faut prendre les tragédies au sérieux… sans forcément devenir ennuyeux.
Son grand moment arrive lors du Shakshukabaret organisé à l’ECUJE.
Le décor semble déjà écrit par un romancier facétieux : une soirée mêlant artistes juifs contemporains, humour, musique, cabaret, débats existentiels et shakshuka servie avec une générosité orientale totalement incompatible avec les recommandations des nutritionnistes scandinaves.
Et au milieu de cette jeunesse libre et créative apparaissent Paul Germon et Moshé Zaoui.
Moshé Zaoui semble sortir d’un roman judéo-méditerranéen oublié : journaliste, chanteur, danseur, mémoire vivante et patriarche affectueux. Un homme chez qui la mélancolie n’empêche jamais la chaleur humaine.
Deux patriarches surgissant dans un cabaret queer parisien comme s’ils s’étaient trompés d’époque… avant de comprendre qu’ils y avaient finalement parfaitement leur place.
Paul est à la guitare.
Moshé lit un texte bouleversant sur l’indifférence.
Et soudain le temps ralentit.
Ce qui touche dans cette scène, ce n’est pas seulement l’émotion. C’est la coexistence harmonieuse de plusieurs mondes que tout semblait opposer.
Autour d’eux : la jeunesse, les nouveaux codes, l’énergie contemporaine.
Et au centre : deux hommes portant encore une mémoire ancienne, une fidélité, une gravité douce.
Comme si plusieurs générations décidaient enfin de parler la même langue.
Et puis il y a Fanny Germon.
Fanny Germon, la grâce faite femme.
Il existe des êtres dont la présence apaise avant même qu’ils aient parlé. Fanny appartient à cette catégorie rare.
Depuis des mois, elle accompagne avec discrétion et constance de nombreuses initiatives liées à l’après-7 octobre, auprès de WIZO, des Mères de l’Espoir et d’autres associations mobilisées autour des otages.
Sans agitation ni narcissisme militant. Avec cette élégance silencieuse des personnes qui agissent parce qu’elles considèrent simplement qu’il faut être là.
Dans le film, elle traverse les scènes comme un fil de lumière.
Elle accompagne Moshé, soutient SABABA MEDIAS, chante, veille, rassure parfois. Sa voix apporte de la douceur là où l’époque produit tant de brutalité. Et lorsqu’elle regarde son père pendant le Shakshukabaret, quelque chose de profondément tendre passe à l’écran : une admiration discrète, presque pudique.
Au fond, le film raconte peut-être simplement cela :
Après le 7 octobre, après les fractures, après la peur et l’épuisement collectif… certains continuent malgré tout à chanter, transmettre, cuisiner, aimer, rire , rallumer des lumières et aussi pratiquer l’autodérision avec délectation.
Et parfois quelques êtres obstinés suffisent à empêcher la nuit de devenir définitive.
Je voudrais enfin remercier toute l’équipe de SABABA MEDIAS et Shevaaya de m’avoir fait l’honneur de participer à cette aventure humaine et artistique improbable, émouvante et profondément vivante.
À mon âge, on pensait plutôt recevoir des invitations pour des conférences sur « la mémoire au troisième âge » ou des dégustations de tisanes sans théine.
Finalement, me voilà à Cannes dans un Shakshukabaret.
La vie reste pleine de surprises.
© Paul Germon (en toute modestie, bien entendu 😂)
L’avant-première mondiale du documentaire « SABABA, Les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui », se tiendra le 14 mai 2026 de 9h à 11h au *Théâtre Alexandre III
Chers amis,
Nous avons le plaisir de vous inviter à l’avant-première mondiale du documentaire « SABABA, Les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui » qui se tiendra le 14 mai 2026 de 9h à 11h au Théâtre Alexandre III durant la période du Festival de Cannes.
Ce film vous plonge dans l’après 7 octobre 2023, à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont choisi de continuer à filmer, écrire et témoigner, face à la violence et au silence. Un documentaire ancré dans le réel, porté par une mémoire vivante, entre douleur et espoir.
La projection sera précédée d’un temps d’échange animé par Philippe Samak avec des personnalités du monde culturel et cinématographique autour des enjeux du cinéma engagé et de la transmission.
🎟️ Entrée gratuite – sur inscription obligatoire (places limitées)
🎁 Offre exceptionnelle pour les participant
Notre partenariat IZZY STREAM ISRAEL.TV vous offre :
🎬 *1 mois d’abonnement offert à chaque spectateur (bon donné lors de la projection)*
🎉 *Un concours sur place pour tenter de remporter 1 an d’abonnement (10 gagnants)*
👉 Nous vous encourageons vivement à relayer cette invitation auprès de vos membres, partenaires et réseaux afin de permettre au plus grand nombre d’assister à cet événement.
Votre présence et votre soutien sont précieux pour faire vivre ce projet et amplifier la portée de ces témoignages.
Dans l’attente de vous accueillir,
Bien cordialement,
L’équipe Sababa Médias Productions
