G P S
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Et comment Moïshe se rendit compte que le GPS qu’on lui avait refilé était en fait made in China
Ce matin, en ouvrant un œil — celui de gauche, je pense — j’ai eu une de ces visions qui me prennent parfois, du genre biblique à la Gustave Doré.
Notre cher Moïshe se balade avec sa troupe de loqueteux à travers les sables du Sinaï, précédé par son fameux GPS, encore l’ancien modèle, version 1.0.0 : une immense colonne de feu à l’avant de la caravane et une colonne de fumée à l’arrière.
La colonne à l’avant, je comprends encore. Il faut bien “suivre” quelque chose. C’est comme l’écran : il se trouve devant nous, sur le dashboard de la voiture.
Mais la colonne à l’arrière… elle servait à quoi exactement ? Aux marches arrière ?
Bon, reprenons les choses depuis le début.
Notre cher Moïshe se présente devant le Pharaon et le prie, pour la dixième fois, de lâcher les visas de sortie d’Egypt. Fissa.
Il lui aura quand même fallu sortir la grosse artillerie, avec tout un arsenal de trucs et ficelles qui se font assez rares de nos jours : méthodes biologiques avec lâchage de sauterelles, procédés bactériologiques façon inoculation générale de peste… enfin bon, on n’a décidément rien inventé.
« Bon, d’accord, partez dès ce soir », finit par lâcher le Pharaon.
Et voilà que les matrones juives, qui viennent à peine de préparer le bouillon et de tresser les hallot, s’entendent dire qu’il ne faut même pas attendre que la pâte lève. Résultat : des centaines de générations devront ensuite se farcir les matsot.
Jusque-là, rien de particulièrement anormal dans notre histoire.
Mais voilà que cela se corse. À peine le dernier chariot 4×4 Désert Spécial TDI a-t-il quitté le périphérique de Pitom — une des deux cités où ils créchaient — que Pharaon change d’avis : pour le départ, c’est NIET.
En deux temps trois mouvements, les Hébreux ont la troisième Panzerdivision à leurs basques qui, naturellement, n’a pas lu le dernier manuel de Spielberg concernant les effets spéciaux, et coule comme un fer à repasser dans les eaux de la Red Sea.
À peine a-t-on eu le temps de dire « ouf » que c’est déjà « bloub bloub ».
Mais je m’égare dans les chemins de traverse au point d’en oublier où je voulais en venir.
Quarante ans.
Quarante ans que cela leur a pris, grâce à leur GPS… Qui dit mieux ?
La procession d’Echternach — trois pas en avant, deux pas en arrière —, Fatima à genoux, Lhasa en rampant… à côté, c’était de la petite randonnée dominicale.
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© Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics (né en 1952) témoigne de ce qui est …
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— cattan (@sarahcattan_) April 16, 2026
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