
Jean-Luc Mélenchon, alors Président du Parti de gauche (PG), déclarait en novembre 2010 : « Je suis le bruit et la fureur ».
J’avais déjà écrit (pardon de me citer) un article pour Tribune Juive intitulé : « Mélenchon et ses «SA», une ascension calquée sur celle d’Hitler. » J’y expliquais que le chef du Parti LFI avait retenu les leçons d’un certain Führer en misant sur l’antisémitisme comme passion pouvant agréger des millions de personnes de tous bords. Je disais aussi que, tout comme Hitler en son temps, Mélenchon, hostile au principe même de la démocratie, avait compris que c’était par les urnes et l’infiltration des strates des différents pouvoirs qu’il pourrait arriver en tête d’élections, mais qu’en faux démocrate justement, et tout comme Hitler, il comptait sur ses «SA», «La Jeune Garde» en l’occurence (aujourd’hui dissoute, mais qui renaîtra certainement sous un autre nom), pour contrôler et « gouverner » la rue en misant sur la populace, la foule et le désordre pour imposer sa loi. Nous voyons déjà que cette ochlocratie dominée par les différents courants d’extrême gauche ne cesse d’intimider toute organisation et personnalité politique concurrentes (parti socialiste compris) qui essaye de faire entendre sa voix dans l’espace public.
Ça c’est pour la méthode, mais il existe chez Mélenchon et ses amis wokistes une pensée qui relève – tout comme du temps du pré-nazisme puis du nazisme – de l’irrationnel, de l’insensé, de la parole inconséquente. Le Wokisme (ce modèle d’inconséquence idéologique) auquel Mélenchon s’est adossé pour mettre en avant les « racisés » versus les « moches et blancs » (nous reviendrons sur ces propos). Disons-le tout de go : l’antisémitisme est un irrationalisme ! Prêter aux Juifs, un peuple de 14 millions de personnes (sur 8 milliards d’individus ), une domination du monde relève du pur fantasme ; penser que les Juifs seraient un peuple déicide relève aussi d’une idée insane (si un dieu peut mourir, c’est qu’il n’en est pas un, d’autant que le dieu des chrétiens a « ressuscité » selon la tradition des Évangiles, ce qui aurait dû donc clore l’acte d’accusation infondé et irrationnel qui eut comme conséquence l’extermination de millions de Juifs). Mélenchon, on le sait, reprit à son compte cette calomnie puisqu’en juillet 2020, il déclarait que Jésus fut mis sur la croix par « ses propres compatriotes ».
Nous sommes donc aux prises avec une pensée « irrationaliste, mythologisante, et antirationaliste »¹ qui eut son heure de gloire dans la pensée allemande (qui mena à l’antisémitisme nazisme).
Mélenchon est le seul chef de Parti à avoir repris à son compte la question de la «race», en assumant le «remplacement» d’une population autochtone par une autre, étrangère, suivant en cela la théorie SS développée par la Rasse-und Siedlungshauptamt der SS (Office central de la race et de la colonisation) qui avait pour but dès le milieu des années 1930 de remplacer les Slaves des pays de l’Est par des paysans-colons allemands (en éliminant tous les Juifs).
C’est bien l’idée du « grand remplacement » d’un peuple par d’autres peuples que Mélenchon revendique en appelant de ses vœux une France devenue «créolisée». Ce qui été dénoncé – à juste titre – par Renaud Camus comme un futur négatif est devenu une volonté politique des immigrationnistes, Mélenchon en tête (Mélenchon tente maintenant d’expliquer qu’il parlait du « remplacement des générations », mais qui peut le croire alors que la première occurrence de cette formule relève du phénomène de l’immigration de masse). Un peuple sera donc remplacé par d’autres peuples au nom d’une prétendue supériorité de la race, sauf que du temps des nazis cette race supérieure était composée d’« Aryens », et qu’aujourd’hui elle est constituée de « racisés » (personnes noires et arabes qui formerait la « nouvelle France » dont le « vitalisme » serait la clef de la « régénérescence » d’un vieux pays devenu « stérile »). Il existe pourtant dans les deux cas une constante : les Juifs sont les ennemis désignés des «Übermensch » de toutes les époques…
Toute idéologie est irrationnelle puisqu’elle fait par définition fi du réel ; ainsi, quand Mélenchon se déclare « maghrébin» (puisque né au Maroc) il s’invente une identité qui tente de coller avec son idéologie tiers-mondiste. Il est toujours intéressant de noter les antilogies mises en œuvre dans la pensée des dictateurs (ou dictateurs en herbe) : le régime nazi vantait la beauté et la vitalité du grand blond en parfaite santé physique alors qu’Hitler n’était pas grand, qu’il était brun avec le corps de «Monsieur Patate», que Goebbels, son ministre de la propagande, était carrément petit et brun avec un pied bot, et que le numéro deux du régime, Hermann Göring, était obèse…
Cela me fait penser aux propos racistes et méprisants de Jean-Luc Mélenchon sur les «blancs et moches » ! C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Étrangement, aucun média n’a vraiment relevé cette incohérence majeure entre le discours prononcé et celui qui l’énonce. J’ai pris cet exemple pour montrer que des millions de personnes peuvent perdre tout sens critique face à ceux qui font office de tribuns sectaires.
Ceux qui prétendent que le modèle de J.L Mélenchon est Hugo Chavez font erreur, car ils oublient que Mélenchon a créé sa radicalité (comme on le dit avec euphémisme) en s’emparant de l’arme génocidaire qu’est l’antisémitisme. Chavez était aussi un antisémite de la pire espèce, mais l’ex-dictateur vénézuélien n’en avait pas fait son axiologie comme LFI. De plus, utiliser l’antisémitisme en politique dans un pays comme la France qui a connu la Shoah est d’une abjection particulière. Des rescapés des camps sont abasourdis, alors qu’ils sont au crépuscule de leur vie, de voir renaître en Occident, avec une vigueur inédite depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’antisémitisme que Mélenchon exploite (je persiste à penser que Mélenchon joint l’utile à l’agréable quand il énonce ses propos antijuifs). Il est intéressant de noter que seul Jean-Marie Le Pen avait osé agir de même, et que le FN – du temps de Jean-Marie Le Pen – entretenait d’excellentes relations avec la République Islamique d’Iran (J.M Le Pen fut souvent l’invité de l’Ambassade d’Iran à Paris), tout comme aujourd’hui LFI dont les relations avec les proxys terroristes de Téhéran que sont le Hamas et le FPLP sont prouvées, et d’ailleurs non dissimulées.
Les responsables et membres de LFI accusent les autres de nazisme et de pétainisme, alors qu’ils sont eux-mêmes les épigones des nazis et des collabos. Cette inversion accusatoire se retrouvait déjà dans la bouche d’Hitler lorsqu’il déclarait dans son fameux discours annonciateur de la Shoah, prononcé le 30 janvier 1939 au Reichstag : « Je veux aujourd’hui de nouveau être un prophète : si le judaïsme financier international en et hors d’Europe devait réussir à pousser les peuples une fois encore dans une guerre mondiale, alors le résultat ne sera pas la bolchévisation de la Terre et par là la victoire du judaïsme, mais l’anéantissement de la race juive en Europe.»
Hitler, avec un cynisme sans nom, accusait donc – de manière totalement folle – les Juifs de « vouloir pousser les peuples dans une guerre mondiale. », alors que sa décision de déclencher une guerre d’anéantissement était déjà en préparation depuis son arrivée au pouvoir en 1933 ( et dans son cerveau malade depuis les années 1920).
C’est cela l’inversion accusatoire.
Mélenchon se veut Führer, et la France a l’air de plus en plus perméable aux idées nauséabondes qu’il véhicule sans qu’une opposition réelle ne se dessine pour le contrer.
© Frédéric Sroussi
¹ Arno Münster; Heidegger, la « science allemande » et le National-socialisme
