Tribune Juive

Quand une ministre met sur le même plan Tsahal et le Hezbollah. Par Manuel Valls

Les propos de la ministre Vautrin sur BFM ce 28 avril sont incompréhensibles. En tentant de clarifier la position de la France, elle a mis sur le même plan Tsahal – armée régulière d’un pays démocratique et allié de la France – et le Hezbollah – organisation reconnue par la France elle-même comme terroriste. C’est une faute diplomatique qui nous disqualifie davantage encore aux yeux d’Israël, alors que Libanais et Israéliens négocient directement la paix à Washington. Sans nous. Nous qui prétendons soutenir le Liban.

On ne peut pas qualifier une organisation de terroriste et la traiter comme un partenaire politique légitime ou la mettre sur le même plan qu’une armée régulière et souveraine. Ce double langage, c’est précisément ce qui a rendu la France inaudible.

Le Hezbollah n’est pas un parti politique avec une branche armée. C’est une organisation terroriste pilotée par Téhéran, qui a pris en otage un État entier, qui a du sang français sur les mains depuis l’attentat du Drakkar en 1983, et a sans doute causé la mort de deux de nos militaires il y a encore quelques jours.

La France a une voix singulière — siège au Conseil de Sécurité, liens historiques avec le Liban, alliances dans le Golfe. Elle doit cesser de l’affaiblir par ses ambiguïtés et redevenir une puissance de clarté et d’action, condition de toute diplomatie efficace.

Il est encore temps de choisir son camp avec lucidité. Pas contre le Liban, pour lui. Un Liban souverain, débarrassé du Hezbollah, en paix avec Israël.

© Manuel Valls

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