Tribune Juive

đŸ‡źđŸ‡±Â Â«Â On n’était pas prĂȘts » : comment IsraĂ«l a dĂ©couvert, en pleine guerre, sa dĂ©pendance et ses failles. Par David Germon

Podcasts

đŸ‡źđŸ‡±Â Â« On n’était pas prĂȘts » : comment IsraĂ«l a dĂ©couvert, en pleine guerre, sa dĂ©pendance et ses failles

EnquĂȘte


Introduction

Tout commence par une phrase.

« On n’était pas prĂȘts. »

Pas prĂȘts Ă  quoi ?
À une guerre qui dure.
À une guerre rĂ©elle.
À une guerre oĂč, trĂšs vite, ce qui manque
 ce ne sont pas les idĂ©es, mais les munitions.


Le choc que personne ne sait expliquer

Le 7 octobre reste, pour ceux qui l’ont vĂ©cu de l’intĂ©rieur, un point aveugle.

« Impossible d’expliquer l’ampleur de la surprise. Impossible d’expliquer l’ampleur de l’échec. IsraĂ«l n’a jamais Ă©chouĂ© comme ça. »

Dans ces mots, il n’y a pas de recul.
Il y a un constat brut.


La rĂ©alitĂ© de la guerre : les stocks s’effondrent

TrĂšs vite, le problĂšme devient concret.

« Tsahal s’était prĂ©parĂ©e Ă  un mois de guerre intensive, sur la base des stocks existants. »

Un mois.

Mais la guerre s’installe.
Et les munitions disparaissent.

« Il y avait des manques sĂ©vĂšres
 en artillerie, en obus de chars
 mĂȘme en munitions individuelles. »

Puis vient l’aveu :

« À un moment, on a clairement ressenti qu’on manquait de munitions. »


« On a tiré comme des fous »

Sur le terrain, les soldats ne parlent pas en langage stratégique.

« Au début de la guerre, on tirait comme des fous. »

Pourquoi ?

« Pour leur rentrer dedans
 mais aussi par manque de confiance. »

L’artillerie devient une protection.

« Les forces qui entraient Ă  Gaza recevaient un Ă©cran de feu qu’on n’avait pas vu depuis des dĂ©cennies. »

Mais chaque tir est définitif.

« Une munition que tu tires, tu ne peux pas la tirer une deuxiÚme fois. »


Un pays en production de guerre

À l’arriĂšre, tout s’accĂ©lĂšre.

« On a travaillé 24 heures sur 24. »

Avec moins de personnel :

« Une grande partie des employés était en réserve. »

Alors il faut improviser.

« Des employés religieux sont arrivés directement de la synagogue pour travailler. »

Le pays bascule.


La peur d’un front total

La guerre ne se limite pas Ă  Gaza.

« Tsahal doit se prĂ©parer en permanence Ă  une guerre au Liban
 et Ă  une escalade avec l’Iran. »

Et une inquiĂ©tude s’installe :

« Il y avait une crainte rĂ©elle de ne pas avoir assez de munitions pour arrĂȘter un barrage de missiles iraniens et du Hezbollah. »

Puis cette phrase suspendue :

« Si le Hezbollah avait agi avec le Hamas
 et l’Iran en mĂȘme temps
 la situation aurait Ă©tĂ© beaucoup plus difficile. »


L’origine : une illusion stratĂ©gique

Pendant des annĂ©es, une idĂ©e s’impose :

« On peut gagner une guerre avec une campagne aérienne. »

Alors on réduit :

« Pourquoi avons-nous besoin d’autant de chars ? Pourquoi autant de soldats ? »


L’abandon progressif du terrain

Les décisions suivent.

« On a fermé des unités. »

Et une réalité sociale pÚse :

« Personne ne veut des morts. Personne ne veut le sale boulot. »

Alors on privilégie la distance.


Le retour du réel

Mais la guerre impose ses rĂšgles.

« L’aviation peut exĂ©cuter des missions sans pertes. Mais elle ne peut pas accomplir les missions de maniĂšre fondamentale. »

Puis cette phrase :

« Rien ne remplace la boue
 et les bottes sur le terrain. »


Une armée gérée comme une entreprise

Le tournant est silencieux.

« Tsahal a commencé à se gérer comme une entreprise évaluée sur son efficacité économique. »

Moins de stocks.
Production Ă  la demande.

« Les entreprises ne gardent plus de stock. »

Mais une armée, si.

« Une armĂ©e a besoin de stocks, mĂȘme si cela coĂ»te. »


La dépendance américaine

Peu à peu, Israël change de logique.

« Nous avons renoncé à produire certaines munitions. »

Pourquoi ?

« À cause du programme d’aide amĂ©ricain de 3,8 milliards de dollars par an. »


2024 : le tournant Biden

Puis tout change.

« Dans la premiĂšre moitiĂ© de 2024, l’administration Biden impose un embargo sur certaines armes et retarde des milliers de bombes. »

Conséquence immédiate :

« IsraĂ«l n’a pas ses propres bombes. »

Et sur le terrain :

« Cet embargo a retardĂ© l’entrĂ©e Ă  Rafah pendant des mois. »

Puis :

« À un moment, il n’y avait plus assez de munitions
 et des combattants sont tombĂ©s. »


MĂȘme la production locale dĂ©pend de l’extĂ©rieur

Plus inquiétant encore :

« MĂȘme des munitions avec des composants produits aux États-Unis ont Ă©tĂ© bloquĂ©es. »


Le constat

Aujourd’hui, plus personne ne contourne le sujet :

« Le concept d’une petite armĂ©e intelligente ne fonctionne pas. »

Nouvelle doctrine :

« Il faut une armée grande et intelligente. »


Reprendre le contrĂŽle

Objectif :

« Israël doit retrouver sa capacité à produire ce qui est vital pour sa survie. »

Créer une base industrielle.
Produire localement.
Ne plus dépendre.


Conclusion

Le 7 octobre n’est pas une anomalie.

C’est un rĂ©vĂ©lateur.

D’une armĂ©e brillante,
mais trop optimisée.

Et dans une guerre longue,
une seule rĂšgle tient :

👉 avoir ce qu’il faut

avant que cela ne manque.


Source

đŸ“ș « ŚŚžŚ‘ŚšŚ’Ś•: Ś›Ś™ŚŠŚ“ ŚŠŚ”ŚŽŚœ ŚžŚȘŚ›Ś•Ś ŚŸ ŚœŚžŚœŚ—ŚžŚ” ڔڑڐڔ? »
(“Embargo : comment Tsahal se prĂ©pare Ă  la prochaine guerre”)
Film de Tamir Morag et Alon Kish
Diffusé sur Channel 14 (Israel) (C14)
ChaĂźne : C14 – 473k abonnĂ©s


© David Germon

Quitter la version mobile