Tribune Juive

Une séquence suspendue : une trêve qui tient, mais un verrou politique qui n’a pas encore sauté. Par Jean-Charles OpenIntel

Donald J. Trump annonce que le cessez-le-feu entre Israël et le Liban est prolongé de trois semaines.

Cette décision fait suite à une réunion tenue aujourd’hui dans le Bureau ovale avec des responsables américains, israéliens et libanais. Selon Trump, les échanges se sont bien passés et les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l’aider à se protéger face au Hezbollah.

Il précise enfin qu’il prévoit de recevoir prochainement Benjamin Netanyahu et Joseph Aoun.

Ces trois semaines ne règlent rien sur le fond. Elles permettent d’éviter une dégradation immédiate, mais on n’est pas encore dans une sortie de crise. On est surtout dans une mise en attente.

Le Liban ne parle pas comme un État pleinement maître de sa décision. Il attend. À travers Nabih Berri, une chose apparaît clairement : pas d’accord avec Israël sans feu vert saoudien. Autrement dit, Beyrouth ne fera pas le premier pas dans ces conditions.

Et Riyad, justement, ne temporise pas seulement. Riyad conditionne. L’Arabie saoudite ne veut pas ouvrir un processus tant que le cadre régional ne lui est pas favorable. Son rôle est déterminant, sans être le seul, car les équilibres internes libanais et les réalités du terrain pèsent aussi.

Le point central reste le même. Le Hezbollah n’est pas un acteur isolé. Il est étroitement lié à Téhéran. Cette influence iranienne est centrale, même si elle ne suffit pas à expliquer toute la réalité libanaise.

Il peut y avoir des ajustements ponctuels sur le terrain, bien sûr. Mais sans changement sérieux du rapport de force régional, ces ajustements resteront limités.

La prolongation du cessez-le-feu sert donc aussi à gagner du temps. Elle stabilise la situation à court terme, mais elle ne tranche rien.

Si Washington parvient à faire bouger à la fois le rapport de force face à l’Iran et les équilibres côté saoudien, alors une issue devient envisageable. Mais cela ne dépendra pas uniquement des États-Unis. Le dossier restera lié aux rapports de force régionaux, aux calculs de Riyad, au poids de Téhéran et aux blocages internes libanais.

On reste donc dans une séquence suspendue : une trêve qui tient, mais un verrou politique qui n’a pas encore sauté.


Trump a publié un message très ferme sur l’Iran, en répondant à ceux qui affirment qu’il serait pressé de conclure.

Il explique qu’il n’est pas sous pression, que les États-Unis ont le temps, mais que l’Iran, lui, ne l’a pas. Selon lui, le rapport de force est désormais clairement défavorable à Téhéran : marine neutralisée, armée de l’air démolie, défenses antiaériennes et radars détruits, dirigeants éliminés, blocus solide.

Trump ajoute que certains médias, notamment le New York Times et CNN, cherchent à présenter les choses autrement, mais qu’ils ont perdu leur crédibilité.

Sa ligne est donc simple : pas d’accord sous pression, pas de précipitation, pas de concession dictée par l’urgence. Un accord ne sera signé que s’il est bon pour les États-Unis, leurs alliés et, selon lui, pour le reste du monde.

© Jean-Charles OpenIntel

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