Kamel Daoud annonce avoir été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie pour son roman « Houris »
Le roman, qui lui a valu le prix Goncourt 2024, évoque la guerre civile algérienne. « Dix ans de guerre, près de 200.000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain », regrette-t-il.
Une semaine après la visite historique du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril, placée sous le signe du pardon, de la paix et de la réconciliation, le pouvoir algérien retombe dans sa vieille méthode : punir, intimider, faire taire. Le 21 avril, Kamel Daoud a annoncé sa condamnation à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars d’amende. Écrivain franco-algérien, il est frappé pour avoir écrit librement.
Cette décision n’est pas un accident judiciaire. C’est une méthode de gouvernement par la peur. Le pouvoir veut la soumission du peuple et le silence des écrivains. En condamnant Kamel Daoud, c’est aussi un écrivain français qu’il prétend juger et punir. Nous lui disons ici notre soutien total.
Les hommes libres ont résisté aux plus grandes tyrannies du monde ; ils ont résisté à leurs polices, à leurs tribunaux, à leurs prisons. Ce n’est pas le pouvoir algérien qui les fera taire. Ce ne sont pas davantage ses complaisances parisiennes qui y parviendront.
Boualem Sansal
