Tribune Juive

Solomon Bibo, Rico Israelito — L’enfant de Prusse que les Acomas choisirent pour chef. Par Fundji Benedict

Avant de raconter cet homme, il faut raconter ce qu’il a traversé pour arriver à eux.

Il faut raconter ce que signifie, pour un peuple qui vit sur un plateau de pierre depuis des millénaires, l’arrivée ininterrompue d’étrangers qui ne comprennent pas — ou feignent de ne pas comprendre — que la terre n’appartient pas à celui qui la revendique, mais à celui qui l’habite, qui la chante, qui l’enterre dans ses morts et la reçoit dans ses rêves.

Les Acomas n’ont pas de mot pour « propriété privée » au sens européen. Ils ont quelque chose de plus ancien, de plus lourd : ils ont une appartenance. Ce n’est pas eux qui possèdent la terre — c’est la terre qui les possède.

Cette conviction n’est pas une abstraction mystique. Elle est la cicatrice d’un événement précis. En janvier 1599, trois générations après que Cortés eut soumis le Mexique, le conquistador Juan de Oñate marche sur Acoma pour y châtier la mort de son neveu. Le massacre qui suit — près de huit cents morts, des centaines d’enfants enlevés, et, pour chaque homme adulte de plus de vingt-cinq ans, la mutilation rituelle du pied droit tranché à la hache — entre dans la mémoire acoma comme le péché originel du contact européen.

Depuis ce jour, chaque vague blanche — espagnole, mexicaine, américaine — vient avec la même phrase dans la bouche et le même geste dans la main : signer ici. Signer pour céder. Signer pour perdre. Presque sans exception, les contacts entre les peuples autochtones d’Amérique du Nord et les colons européens sont douloureux, quand ils ne sont pas mortels. Peu d’Indiens font confiance aux Blancs. Encore moins les aiment. Le mot « traité » est devenu, dans la mémoire collective des Premières Nations, le synonyme exact de « trahison ».

Et puis il y a eu Solomon Bibo.

Il naît le 29 août 1853 à Brakel, en Westphalie prussienne, sixième d’une famille de onze enfants dont le père, Isak Bibo, est chantre et enseignant. Famille juive dans une Europe qui oscille entre tolérance calculée et persécution saisonnière. Solomon a treize ans lorsque, en 1866, deux de ses frères — Nathan et Simon — partent pour l’Amérique et s’établissent au Nouveau-Mexique, territoire passé de domination espagnole à mexicaine, puis devenu américain depuis 1848 seulement. Les aînés commencent par travailler pour la famille Spiegelberg, marchands juifs pionniers de Santa Fe, avant d’ouvrir leur propre comptoir à Ceboletta pour échanger avec les Navajos.

Sept ans. C’est le temps qu’un enfant attend, les yeux fixés sur le départ de ses frères. En 1869, Solomon a seize ans. Il renonce à sa citoyenneté prussienne, traverse l’Atlantique, passe quelques mois sur la côte Est à apprendre l’anglais — qu’il ne maîtrisera jamais tout à fait. Il parlera mieux l’espagnol, bien mieux encore le keres. Un exploit que peu d’hommes blancs peuvent alors revendiquer. En 1875, à vingt-deux ans, il devient citoyen américain.

L’Amérique qu’il découvre n’est pas l’Amérique qu’on lui avait promise. Ce pays immense, neuf, présenté comme la terre du recommencement, reproduit la même injustice sous d’autres costumes. Les Indiens y occupent exactement la place que les Juifs ont toujours connue en Europe : une population qui ne compte pas vraiment, que la loi protège en théorie et dépouille en pratique, que les puissants reconnaissent le dimanche et ignorent le lundi. Solomon a grandi dans cette ambiguïté-là. Il sait ce que c’est d’être du mauvais côté de la frontière invisible qui sépare ceux qui méritent la justice de ceux qui doivent se battre pour en obtenir les miettes. Il n’a pas besoin qu’on lui explique — il la reconnaît dans les gestes, dans les regards, dans la façon dont certains hommes parlent des Indiens comme d’un problème à régler plutôt que d’un peuple à respecter. Il arrive dans le désert avec cette mémoire dans le corps — et cette mémoire va tout changer.

Les Acomas vivent sur Haak’u (Sky City) — littéralement, dans leur langue keresan, le « lieu de préparation ». L’étranger y voit une cité du ciel, parce qu’un plateau de grès rouge culminant à cent dix mètres au-dessus du désert a de quoi faire lever les yeux. Eux, y voient autre chose : le lieu où l’on se tient prêt. Prêt à quoi — aux visions, aux pluies, aux défunts, aux jours de cérémonie, à ce qui vient sans être annoncé.

Habité en continu depuis au moins le XIIᵉ siècle, peut-être depuis le Xᵉ, le mesa est l’une des communautés humaines les plus anciennes d’Amérique du Nord. Le peuple acoma appartient à la famille linguistique keresan des Pueblos de l’Est, gardien d’une cosmogonie où la terre est sacrée, où les ancêtres habitent les rochers, où la pluie est négociée avec le ciel par la danse et non par la météorologie. Iatiku, la mère-créatrice, a tiré les premiers humains du monde souterrain ; les kachinas y vont et viennent encore, esprits des nuages qui portent les noms des montagnes.

Avant Solomon, il y a eu Simon. Au début des années 1880, les frères Bibo écrivent au Département de l’Intérieur pour défendre les prétentions territoriales acomas. Plusieurs lettres rédigées à la suite de l’arpentage fédéral de 1876-1877 obtiennent qu’une enquête soit diligentée en 1881. Elle ne leur donne pas raison — une grande partie des terres contestées part à Laguna Pueblo, au profit d’hommes qui avaient compris qu’épouser une Indienne pouvait rendre légalement « indien ». Les Acomas avaient vu passer ce genre d’homme. Les Bibo ne sont pas de ce genre-là.

En décembre 1882, Solomon dépose officiellement auprès du Commissaire aux Affaires indiennes sa demande de licence commerciale avec le pueblo d’Acoma. Il arrive avec sa charrette chargée de marchandises sèches. Il ne parle pas encore le keres. Ils ne parlent pas le yiddish. Il n’y a entre eux aucun des ponts que les colonisateurs construisent d’ordinaire — ni les canons, ni les contrats, ni la croix. Et pourtant les échanges se font. En moins d’une semaine, toute la marchandise est écoulée. Il repart avec une charrette pleine de maïs et de poteries.

Il faut savoir ce qu’une poterie acoma est pour mesurer ce qui vient de se passer. L’argile est tirée des flancs du mesa même ; la potière y mélange, par tradition, une pincée de terre prélevée aux anciens tessons, de sorte qu’à chaque génération un peu du pueblo ancestral entre dans les parois du nouveau vase. Les motifs — oiseaux d’eau, éclairs, volutes de nuage — ne décorent pas : ils convoquent. Donner une poterie, ce n’est pas vendre un objet, c’est céder un fragment de la montagne et des pluies qu’elle appelle. Ils n’ont pas vendu à Solomon. Ils lui ont donné.

Ce que le pueblo— un peuple qui lit les intentions dans les gestes avant de les lire dans les mots — a perçu immédiatement : cet homme-là ne veut pas leur terre. Il veut échanger.

Ses frères le renvoient. Cette fois, les hommes du pueblo hissent sa charrette au sommet du mesa à la force de leurs bras. Le chef Martin Valle lui accorde un comptoir permanent — juste à côté de l’église de la mission, dont le prêtre résidant ne cache pas son hostilité. Solomon apprend le keres, puis le navajo, le laguna, le zuni. Pour les gens du mesa, il devient Don Solomono. Pour les Mexicains et les Anglos jaloux de ses succès, il est le Rico Israelito — le petit Juif riche. Le surnom dit plus qu’il ne veut dire : il dit leur aveuglement. Ce qu’ils appellent enrichissement, les Acomas l’appellent confiance.

Avant la conquête espagnole, le territoire d’Acoma couvrait approximativement cinq millions d’acres et s’étendait jusque dans la région dite des « Four Corners ». En 1877, par traité, le gouvernement américain leur en concède 94 000 acres — à peu près deux pour cent de leurs terres ancestrales et de ce à quoi ils estimaient avoir droit selon les preuves historiques. Ce qui leur reste, ils sont déterminés à ne plus le perdre.

En 1884, la tribu prend une décision qui déroute les Américains mais révèle une intelligence politique remarquable : elle offre à Solomon Bibo un bail de trente ans sur l’intégralité de ses terres, en échange de 12 000 dollars, de la protection du bétail, de l’éloignement des squatteurs, et d’une redevance de dix cents par tonne pour le charbon extrait du sous-sol. Pour tout observateur blanc de l’époque, cela ressemble à une capitulation. Pour le pueblo, c’est exactement le contraire : c’est placer leur territoire sous la garde du seul homme blanc qui, à leur connaissance, ne leur a jamais menti. En droit américain, le bail rend Bibo responsable ; en droit acoma, il le rend redevable. Deux traditions juridiques se rejoignent dans un même geste : le gardien n’est pas le propriétaire.

Pedro Sanchez, l’agent des Affaires indiennes de Santa Fe, voit les choses autrement. Jaloux du succès du Rico Israelito, il tente de faire annuler le bail auprès du gouvernement fédéral. Simon Bibo monte à Washington pétitionner la Commission des Affaires indiennes : « les intentions de mon frère Solomon à l’égard des Indiens », écrit-il, « sont des meilleures et leur sont bénéfiques — les hommes, les femmes et les enfants l’aiment comme un père et il leur est attaché de la même manière. Le tribunal fédéral blanchit Solomon des accusations portées contre lui ».

La suite est plus complexe qu’on ne le dit parfois. Après la mort du chef Martin Valle, tous les hommes adultes du pueblo signent une pétition demandant que Solomon Bibo les représente. W. C. Williams, agent indien du pueblo, le nomme gouverneur. Solomon sera réélu à cette charge pendant près de treize ans. En 1888, le gouvernement fédéral, convaincu de la bonne foi de Bibo, l’agent des affaires indiennes du Nouveau-Mexique confirme officiellement cette nomination par une formule qui ressemble à un acte d’adoption : « Au peuple du pueblo d’Acoma, ayant confiance dans la capacité, l’intégrité et la fidélité de Solomon Bibo… je le nomme, par la présente, gouverneur dudit pueblo ».

Les Acomas ont demandé au gouvernement américain de reconnaître Bibo comme leur chef. Le gouvernement américain a obtempéré.

Le prêtre de la mission d’Acoma n’a pas attendu la nomination officielle pour agir. Ulcéré par la présence de ce Juif à ses côtés, ulcéré plus encore par les fiançailles de Solomon avec Juana Valle, petite-fille du chef Valle, il descend du mesa sur sa mule et chevauche soixante kilomètres jusqu’à l’évêché de Santa Fe pour porter plainte.

L’évêque l’écoute. Se lève. Le prend par le bras. Le conduit jusqu’aux grandes portes de la cathédrale Saint-François, et lui montre les quatre lettres hébraïques gravées dans la pierre du linteau — le Tétragramme, le nom silencieux de Dieu dans la tradition juive. La famille Spiegelberg — parents éloignés des Bibo — a figuré parmi les principaux financiers de sa construction. L’archevêque Lamy, homme de goût, a souhaité rendre hommage à cette générosité.

Le prêtre repart sans un mot.

Il y a dans cette scène quelque chose qui excède l’anecdote : deux religions monothéistes, une cathédrale bâtie avec de l’argent juif, et au sommet d’un plateau de pierre rouge, un peuple qui garde ses dieux à lui — Iatiku, la mère-créatrice, les kachinas, les esprits des nuages. Solomon vit au carrefour de tout cela sans trahir aucune de ces traditions.

En 1885, Solomon épouse Juana Valle. Il a demandé au chef Martin Valle — son grand-père — l’autorisation de la courtiser. Elle lui est accordée à une condition : que Juana soit d’abord envoyée à l’Est pour y être instruite. Détail magnifique, que l’on ne souligne pas assez — c’est Solomon lui-même qui pose cette exigence. Il ne veut pas d’une épouse qui le subisse ; il veut une femme qui sache lire ce qu’il lit. De retour du Massachusetts, Juana épouse Solomon deux fois : d’abord selon le rite acoma, puis devant Juan F. Montana, juge de paix.

Juana, catholique d’origine, embrasse la foi juive et élève leurs sept enfants dans cette tradition. Ces enfants grandissent entre deux cosmogonies — l’une ancrée dans les falaises rouges du Nouveau-Mexique, l’autre dans la mémoire d’un peuple d’exil. L’aîné célèbre sa bar-mitsva en 1912 à la synagogue Ohabei Shalom de San Francisco, sur Bush Street ; les plus jeunes suivent les cours à Temple Emanu-El.

« Governor »Solomon Bibo with Indians from Acoma

Comme gouverneur, Solomon est le premier chef des Acomas à imposer la scolarisation obligatoire, envoyant les enfants étudier à Santa Fe et à Albuquerque. Les traditionalistes résistent. Ils sont majoritaires. Ils ont tort — probablement. Mais la majorité d’un peuple souverain a le droit d’avoir tort, et Solomon le sait mieux que quiconque : gouverner contre son peuple, même pour son bien supposé, c’est reproduire le geste colonial qu’il a combattu toute sa vie. Il démissionne volontairement.

Il ne disparaît pas. Quand un chef successeur commence à punir violemment les jeunes Acomas désireux d’éducation, Bibo intervient auprès du gouvernement fédéral et le fait destituer. Il veille. Autrement, mais il veille encore.

En 1898, Solomon et Juana partent pour San Francisco — pour offrir à leurs enfants une éducation juive, et à eux-mêmes une vieillesse plus douce. Ils ouvrent Bibo, Newman & Eichenberg, une épicerie fine. Le séisme de 1906 détruit leur commerce et leurs biens immobiliers ; leur assureur fait faillite sans les indemniser. La Grande Dépression emporte leurs derniers investissements au Nouveau-Mexique. Vingt mille moutons, loués à la tonte, meurent dans une tempête de neige.

Tout s’effondre. Sauf eux.

Solomon Bibo meurt en 1934 à San Francisco. Juana en 1941. Ils reposent ensemble au Home of Peace Mausoleum du Temple Emanu-El à Colma, en Californie — lui, fils de chantre prussien devenu chef d’un peuple du désert ; elle, petite-fille de chef acoma devenue mère de famille juive.

La mémoire acoma, elle, ne les a pas oubliés. Le petit bourg de Bibo, près de Paguate sur la réserve de Laguna, porte encore le nom de leur frère Simon. Quand l’ancienne Route 66 est remplacée par l’Interstate 40, les descendants Bibo déplacent leur magasin plus près du nœud autoroutier, y ajoutent une station-service et un camping. Plus tard, la tribu Acoma rachète ces terres et y construit son casino — le Sky City Casino, visible depuis l’autoroute sur des kilomètres. À l’intérieur, une section rappelle l’histoire des Bibo. Discret hommage d’un peuple qui n’oublie pas ceux qui ont choisi leur camp sans y être obligés.

L’histoire a été racontée par l’historienne Sandra Lea Rollins dans Western States Jewish History en 1969, puis par l’anthropologue Gordon Bronitsky dans New Mexico Magazine. En 2013, le cinéaste Paul Ratner en tire un court métrage, Moses on the Mesa, qui remporte le prix du meilleur court métrage à l’Orlando Film Festival et à l’Albuquerque Film & Media Experience — et la bourse Panavision du Nouveau Cinéaste. Le film est projeté dans une trentaine de festivals, de Raindance à Londres jusqu’au Native American Film Festival of the Southeast. Sa recette n’atteint pas celle d’Avatar. Mais l’histoire vraie de l’alliance entre une tribu biblique et une tribu du désert, scellée dans une même fidélité à la terre et à la mémoire des morts, est, au fond, plus étrange que celle des Na’vi.

C’est cela, le cœur de cette histoire.

Un homme est arrivé dans le désert avec une charrette. Il ne possédait ni le langage de ce peuple, ni ses dieux, ni sa mémoire des morts. Il n’avait pour lui que ce que ce peuple sait lire avant toute parole : l’intention dans le corps. La façon de tenir les rênes. La façon de ne pas toucher ce qu’on n’a pas été invité à toucher.

Ils l’ont regardé. Ils l’ont reconnu.

Pas comme l’un des leurs — ils n’avaient pas besoin de ce mensonge-là. Mais comme quelqu’un qui avait appris, dans une autre langue et sous un autre ciel, que la dignité n’est pas une chose qu’on réclame aux puissants — c’est une chose qu’on se donne entre soi, dans les gestes ordinaires, dans la précision de la parole tenue. Quelqu’un qui portait dans sa chair la même vieille blessure : savoir ce que c’est de vivre à la merci d’un monde qui vous tolère sans vous voir.

Cent hommes ont signé pour lui. Cent hommes du pueblo, en 1884, qui ont posé leur nom sur un papier fédéral pour dire au gouvernement américain : cet homme est le nôtre. On ne sait pas ce qui se passe dans l’esprit ou le cœur d’un homme quand il apprend que cent personnes ont fait cela pour lui. On ne sait pas dans quelle langue on pleure, ce soir-là. On ne sait pas si l’on prie — et dans quelle direction on tourne le visage.

Entre un peuple dont la Torah enseigne que la terre n’appartient pas aux hommes mais à Dieu — ki gerim ve-toshavim atem imadi, « car vous n’êtes que des étrangers et des résidents auprès de moi » — et un peuple pour qui la terre est une mère dont on est l’enfant, jamais le maître : il n’y avait peut-être pas deux visions du monde. Il y en avait une seule, formulée dans deux langues que personne, avant ce jour-là sur ce mesa de grès rouge, n’avait songé à mettre face à face.

Ce que Solomon avait trouvé sur ce plateau que le soleil brûle et que le vent ronge depuis des millénaires, ce n’était pas un poste, ni un bail, ni une reconnaissance tardive de l’État américain.

C’était la réponse à une question qu’un enfant juif de treize ans, les yeux fixés sur le départ de ses frères aînés, ne savait pas encore formuler :

À qui appartient-on, quand on n’appartient à personne ?

Les Acomas lui avaient répondu. Cent fois. En silence.

© Fundji Benedict


Dr. Fundji Benedict, Fondatrice et Présidente de Liberty Values & Strategy Foundation, est spécialisée en sciences politiques, anthropologie, droit international et études africaines. Sa triple identité – afrikaner, franco-éthiopienne et juive – nourrit une perspective unique sur les dynamiques géopolitiques et les questions identitaires contemporaines.

Polyglotte, elle a occupé des postes de direction dans des entreprises internationales aux États-Unis et au Canada avant de créer sa fondation. Ses recherches portent sur les conflits identitaires, les droits des minorités, la décolonisation et l’État de droit, avec un focus particulier sur le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique.

Elle intervient régulièrement sur l’antisémitisme, le terrorisme et les réalités géopolitiques complexes qui façonnent notre époque. Son approche combine rigueur académique et engagement de terrain auprès des communautés concernées.


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